Colère islamique
Accalmie dans le monde musulman, sauf au Pakistan
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Dans les autres pays musulmans, les protestations anti- américaines ou anti-françaises, à la suite de la publication de nouvelles caricatures de Mahomet en France, sont en effet restées relativement isolées après la grande prière du vendredi.
Au Pakistan en revanche, les rassemblements organisés avec l'appui du gouvernement en ce vendredi décrété «Journée d'amour du prophète Mahomet» ont attiré des dizaines de milliers de manifestants à Islamabad, Karachi, Peshawar, Lahore, Multan ou bien encore Muzaffarabad.
Washington diffuse des spots
Le bilan était en début de soirée de 13 morts - neuf à Karachi, la mégalopole du sud, et quatre à Peshawar, la plus grande ville du nord-ouest - et d'environ 200 blessés en comptant ceux recensés dans la capitale Islamabad, où les manifestants étaient tenus à distance des ambassades occidentales. A Karachi, une vingtaine de véhicules ont été incendiés, de même que trois banques et plusieurs cinémas.
Le premier ministre pakistanais Raja Ashraf avait pourtant appelé en début de journée la population à manifester pacifiquement, tout en condamnant fermement le film américain, une «attaque inacceptable» contre «le prophète».
L'ambassade des Etats-Unis a fait diffuser des spots à la télévision pakistanaise, rappelant que l'administration fédérale américaine n'avait rien à voir avec la production du film islamophobe «L'Innocence des musulmans», tourné en Californie.
Afghanistan, Irak, Egypte et Yémen
En Afghanistan voisin, où la police était entrée en contact avec les chefs religieux et tribaux pour qu'ils calment les esprits, les manifestations organisées à Kaboul et à Mazar-i-Sharif n'ont attiré que quelques centaines de personnes.
En Irak, la colère contre «L'innocence des musulmans» a débouché sur une démonstration d'unité rarissime à Bassorah, où des milliers de chiites et de sunnites ont défilé ensemble. Des milliers de personnes ont aussi manifesté au Liban en incendiant un drapeau américain alors qu'un imam prônait le meurtre des acteurs du film.
Au Caire, ils n'étaient que quelques dizaines à s'être réunis à proximité de l'ambassade de France, solidement protégée par la police égyptienne. En Tunisie, encore sous le choc des quatre morts et de la trentaine de blessés lors des affrontements du vendredi précédent devant l'ambassade américaine, le gouvernement dirigé par les islamistes modérés d'Ennahda a pareillement interdit tout rassemblement contre les caricatures de Charlie Hebdo.
Au Yémen, des centaines de personnes ont manifesté au cri de «Mort à l'Amérique, mort à Israël» à Sanaa. A Dacca, capitale du Bangladesh, ils étaient environ 10'000 à reprendre des slogans et à incendier des drapeaux américains et français ainsi qu'une effigie du président Barack Obama.
Appel de l'imam de La Mecque
De son côté, l'imam de La Mecque, premier lieu saint de l'islam, a demandé à ce que soit criminalisée l'incitation à la haine religieuse, après la diffusion d'un film et des caricatures du prophète Mahomet.
D'après les Nations unies, les violences provoquées depuis le 11 septembre ont fait une trentaine de morts à travers le monde.
«Ce film comme ces caricatures sont malveillants et relèvent de la provocation délibérée. Le film en particulier représente une image honteusement déformée des musulmans», a déclaré à Genève Rupert Colville, porte-parole du Haut Commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, Navi Pillay.
En France même, où l'hebdomadaire satirique «Charlie Hebdo» a publié cette semaine une série de caricatures de Mahomet, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a réaffirmé que toute manifestation, tout rassemblement à ce sujet, étaient interdits.
La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a elle averti tous les Etats de la planète qu'ils avaient le «devoir» de protéger les représentations diplomatiques des autres pays, conformément à la Convention de Vienne. (ats/afp/Newsnet)
Créé: 21.09.2012, 16h50
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