La Maison-Blanche fait face à une nouvelle vague de révélations sur la Russie

Etats-UnisIl y avait à Moscou une feuille de route pour influencer les élections aux Etats-Unis en 2016. Tollé!

Image: AFP

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Le scandale de l’ingérence russe dans l’élection présidentielle américaine n’a pas fini d’éclabousser la Maison-Blanche. L’agence Reuters a révélé mercredi l’existence d’une feuille de route à Moscou, en juin 2016, pour influencer le scrutin aux Etats-Unis. Le même jour, le New York Times a affirmé que le voyage en Russie, en juillet dernier, de Carter Page, conseiller de la campagne électorale de Donald Trump, avait incité le FBI à ouvrir une enquête sur les liens potentiels entre la campagne du milliardaire new-yorkais et le Kremlin.

Face à cette nouvelle vague de révélations, le président Donald Trump et la Maison-Blanche ont opté pour le silence. Dans le camp démocrate, Elizabeth Warren, la sénatrice du Massachusetts, a réitéré mercredi sa volonté de voir l’enquête sur les liens entre l’entourage de Donald Trump et la Russie être confiée à un procureur indépendant.

Les démocrates jubilent

«Nous savons que les services de renseignements des Etats-Unis ont dit que la Russie avait piraté les systèmes informatiques américains pour influencer le résultat de l’élection présidentielle de 2016», a-t-elle martelé sur la chaîne NBC. «Et nous savons que des conseillers de Trump (ndlr: dont Michael Flynn, l’ancien conseiller à la Sécurité nationale) ont été renvoyés à cause de leurs liens avec la Russie. Pour moi, c’est assez pour affirmer que (…) nous avons besoin d’une commission indépendante.»

Le camp démocrate voit dans l’affaire russe un atout dans sa stratégie pour reprendre le contrôle du Congrès lors des élections législatives de novembre 2018. Un sondage réalisé par Anzalone Liszt Grove Research, une firme démocrate, montre que 71% des électeurs indécis dans les districts contrôlés par les républicains, et ciblés par les démocrates l’année prochaine, sont favorables à l’enquête sur les liens potentiels entre la Russie et le clan Trump.

Recrutement d'espions

Dans ce contexte, la découverte par les services secrets américains d’une feuille de route élaborée par l’Institut russe pour les études stratégiques, un groupe proche du président russe Vladimir Poutine, offre de nouveaux arguments à l’opposition à Donald Trump. Un premier document datant de juin 2016 recommandait au Kremlin de lancer une campagne de propagande sur les médias sociaux pour inciter les Américains à élire un président plus souple vis-à-vis de Moscou que ne l’était Barack Obama. Un second document, datant d’octobre 2016, mettait en garde contre une possible victoire de Hillary Clinton et recommandait à Moscou de mettre un terme à sa propagande pro-Trump pour se concentrer sur des accusations de fraude électorale.

A Washington, le FBI, qui avait découvert en 2013 les efforts russes pour tenter de recruter comme espion Carter Page, a commencé à s’intéresser de près à un voyage à Moscou de celui-ci en juillet 2016. L’homme d’affaires américain de 45 ans s’y était rendu pour prononcer un discours critiquant la politique de l’administration Obama face à la Russie. Même s’il n’était pas un proche collaborateur de Donald Trump, ce voyage avait servi de déclencheur à l’enquête du FBI sur les liens entre l’entourage de Donald Trump et le Kremlin.

Cellule spécialisée au FBI

Selon le Financial Times, le FBI serait d’ailleurs en train de planifier la création d’une cellule spécialisée dans l’enquête sur l’ingérence russe. Depuis que Jeff Sessions, le ministre de la justice, s’est récusé de cette enquête pour n’avoir pas révélé aux sénateurs ses contacts avec l’ambassadeur de Russie aux Etats-Unis l’année dernière, l’investigation devrait être menée par Rod Rosenstein, l’homme qui devrait devenir le numéro deux du Département de la justice. Mais celui-ci n’a pas encore été confirmé à son poste par le Sénat.

Cela dit, The Intercept annonce le départ prochain de Mary McCord du Département de la justice (DOJ). Cette dernière dirige la division traitant des questions de sécurité nationale. Or, c’est cette division qui avait obtenu en secret le mandat pour mettre Carter Page sur écoute.

(TDG)

Créé: 20.04.2017, 20h59

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