L'assaillant a dit vouloir «mourir par Allah»

Attaque à OrlyUn homme connu des services de renseignements français a semé la panique samedi matin à l'aéroport parisien. Il a finalement été abattu.

Vidéo: AFP

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Le Français de 39 ans abattu samedi par les forces de sécurité à l'aéroport parisien d'Orly-Sud, après avoir attaqué une patrouille militaire, a dit être prêt à tuer et «là pour mourir par Allah», a déclaré le procureur de la République de Paris, François Molins.

Ziyed Ben B., déjà condamné pour plusieurs vols avec violence, s'est attaqué à cette patrouille en lançant: «Posez vos armes, je suis là pour mourir par Allah. De toutes façons il va y avoir des morts», a rapporté le procureur au cours d'une conférence de presse. Outre son père et son frère, un cousin de l'assaillant a été placé en garde à vue.

Avant d'attaquer une militaire à l'aéroport d'Orly-Sud (sud de Paris) pour s'emparer de son fusil d'assaut Famas, il a «jeté au sol un sac à dos contenant un bidon d'hydrocarbures», a précisé le procureur, indiquant qu'il avait également en sa possession un briquet et un paquet de cigarettes, ainsi que 750 euros et un Coran. «Les deux minutes (de confrontation) avec les militaires démontrent de façon assez évidente la très forte volonté de l'agresseur. (...) Il y a une volonté très forte d'aller au bout de ce processus», a-t-il affirmé.

Repéré comme radicalisé

Une enquête a été ouverte, notamment pour tentative d'homicide et tentative d'assassinat sur personnes dépositaires de l'autorité publique, en relation avec une entreprise terroriste, ainsi que pour association de malfaiteurs terroriste criminelle.

L'auteur de l'attaque avait par ailleurs été repéré comme radicalisé lors d'un séjour en prison, en 2011-2012, et avait fait l'objet d'une perquisition administrative après les attentats de novembre 2015 à Paris et Saint-Denis.

Les enquêteurs ont rapidement retracé le parcours de l'agresseur, «connu des services de police et de renseignement», selon le ministre français de l'Intérieur Bruno Le Roux.

Les faits ont débuté peu avant 7h, à Garges-lès-Gonesse, une commune de la banlieue nord de Paris d'où il était originaire: lors d'un contrôle routier, l'homme a tiré au pistolet à grenailles sur des policiers, en blessant légèrement un à la tête.

Il roule ensuite pendant une trentaine de kilomètres jusqu'à un bar de Vitry-sur-Seine où il a ses habitudes, met en joue des clients et ouvre le feu avec son arme sans faire de blessés. Puis il repart, abandonne quelques kilomètres plus loin sa voiture, en vole une autre, et se rend à l'aéroport d'Orly, situé à une dizaine de kilomètres.

Le procureur de Paris François Molins a à cet égard évoqué «une sorte de fuite en avant avec un processus de plus en plus destructeur qui va visiblement crescendo (...) avec des intentions qui sont criminelles de façon très objective».

Vers 8h30, au premier étage du hall 1 du terminal Sud, il a menacé une militaire en patrouille avec son pistolet à grenailles pour s'emparer du fusil d'assaut Famas qu'elle portait en bandoulière.

Un témoin raconte la scène

Le gouvernement a expliqué qu'il n'avait pas réussi à prendre l'arme mais, selon des sources proches de l'enquête, il est bien parvenu à s'en saisir après un corps-à-corps, avant d'être abattu. «Il se débat avec la militaire pour lui prendre son Famas. La lutte dure un temps assez long, peut-être 30 secondes ou une minute. Il arrive à faire passer le Famas au-dessus de la tête de la militaire et il met la sangle dans son dos», a détaillé une de ces sources.

«J'ai entendu des éclats de voix, et j'ai vu des militaires qui tenaient en joue une personne», explique un autre témoin. Selon lui, «c'était un homme qui tenait en otage une militaire, il la tenait par le cou, et il menaçait les deux autres militaires avec le fusil de la femme» qu'il tentait d'arracher. «C'était sérieux» (...) alors on s'est éloigné (...), j'ai entendu des coups de feu.»

L'incident d'Orly n'a au final pas fait de blessés parmi les voyageurs présents à l'aéroport, le deuxième de France en nombre de passagers annuels.

Premiers témoignages

Hollande plaide le renfort militaire

Le président François Hollande a «salué» le «courage et l'efficacité» des policiers et militaires intervenus pour mettre fin aux «agressions commises par un individu particulièrement dangereux».

A un mois de l'élection présidentielle et alors que le débat sur le maintien de l'état d'urgence - en vigueur jusqu'au 15 juillet - a été relancé après l'attaque jeudi par un élève de son lycée à Grasse, le chef de l'Etat a ajouté que «ceux qui s'interrogeaient encore sur le rôle de l'opération Sentinelle doivent comprendre que ce renfort des militaires aux forces de sécurité est essentiel».

«L'enquête conduite par la section antiterroriste du parquet de Paris permettra de déterminer le profil et les motivations de cet individu et de reconstituer son parcours», a affirmé le premier ministre Bernard Cazeneuve.

«Détecté comme radicalisé»

Selon des sources proches de l'enquête, l'assaillant était fiché »J« au Fichier des personnes recherchées (FPR), en raison de son placement sous contrôle judiciaire pour des faits de vol à main armée, mais il n'était pas recherché.

«Détecté comme radicalisé», il avait également fait l'objet en 2015 d'une perquisition administrative, qui «n'avait rien donné», a précisé une source policière. Son père et son frère se sont présentés spontanément à la police et ont été placés en garde à vue.

Selon une source proche de l'enquête, ils ont déclaré aux enquêteurs avoir été contactés par l'assaillant qui leur a dit: «J'ai fait des bêtises, j'ai tiré sur des gens et on m'a tiré dessus».

Une perquisition a été effectuée chez Ziyed Ben Belgacem au cours de laquelle quelques grammes de cocaïne et une machette ont été retrouvés. Une autopsie doit être réalisée dimanche qui permettra notamment de déterminer si l'assaillant était sous l'emprise de l'alcool ou de stupéfiants au moment des faits.

Près de 3000 personnes ont été immédiatement évacuées du terminal Sud ou confinées dans le terminal Ouest voisin, selon le ministère de l'Intérieur, le temps qu'une opération de déminage exclue la présence d'explosifs. Le trafic aérien a repris progressivement en début d'après-midi dans les deux terminaux.

Créé: 18.03.2017, 09h18

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Attaque à Orly

Attaque à Orly Les forces de sécurité ont abattu un homme à l'aéroport d'Orly. Il avait empoigné une soldate et tenter de s'emparer de son arme en criant "Je suis là pour mourir pour Allah".

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