Le groupe de Visegrad tenté par la dissidence

Union européenneBudapest et Varsovie se révoltent contre les leçons de Bruxelles. L’axe de l’Est testera sa résistance lors du Sommet européen, jeudi.

Mme le premier ministre polonais, Beata Szydlo, à gauche, avec son homologue hongrois, Viktor Orbán.

Mme le premier ministre polonais, Beata Szydlo, à gauche, avec son homologue hongrois, Viktor Orbán. Image: Michael Cizek/ AFP

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Cela fait vingt-cinq ans jour pour jour, lundi 15 février, que la Pologne, la Hongrie et ce qui était encore la Tchécoslovaquie ont formé le Triangle de Visegrad en vue de leur (ré)arrimage à l’Ouest. Missions réussies avec les intégrations à l’OTAN en 1999 et à l’Union européenne en 2004. Mais aujourd’hui, le tandem Varsovie-Budapest veut que cet anniversaire corresponde au début d’une nouvelle phase, marquant une forme d’émancipation vis-à-vis de l’Ouest.

«C’est le moment de créer de nouveaux buts stratégiques, de renforcer l’unité du groupe et de créer une forte identité dans nos sociétés», explique Roman Kowalski, ambassadeur de Pologne en Hongrie. Selon lui, cela ne peut se faire que sur une base économique solide: «Personne ne blâme les entreprises allemandes ou françaises qui se sont implantées dans les années 90, car nous avions besoin d’elles pour changer notre économie. Mais aujourd’hui, les pays de la région ont l’ambition de bâtir quelque chose de plus national. Nous devons avoir nos propres businessmen, nos banques, nos entreprises, exporter notre capital et notre influence, devenir des compétiteurs et des partenaires plus puissants.»

Le nouveau front «antilibéral» constitué avec la Hongrie de Viktor Orbán, depuis que le parti conservateur Droit et Justice (PiS) est revenu au pouvoir, inquiète grandement à l’Ouest, d’autant qu’il prend des accents nationalistes. «Construire par nous-même est malheureusement perçu par certains à Bruxelles comme être contre l’Union européenne.

Nous sommes peut-être différents, mais nous ne sommes pas de mauvais Européens et nous devons être traités sur un pied d’égalité», insiste Roman Kowalski, relayant ainsi l’impression très partagée par les 65 millions de Polonais, Hongrois, Tchèques et Slovaques d’être encore considérés comme des Européens de seconde classe.

A Budapest la semaine dernière, le premier ministre hongrois a assuré à son homologue polonaise, Beata Szydlo, que «la Pologne peut compter sur la solidarité de la Hongrie face à toute forme de deux poids, deux mesures et d’injustice», en référence aux critiques européennes essuyées par le PiS, accusé de porter atteinte à la démocratie. Le Conseil européen qui s’ouvre jeudi fera office de premier test de résistance pour les «Quatre de Visegrad», auquel ils se préparent ce lundi en tentant d’accorder leurs positions. Il y sera question du «Brexit» et de la relocalisation des réfugiés, à laquelle ils s’opposent.

Ces deux enjeux sont de nature à remettre en cause l’espace Schengen, qui est vital pour ces pays qui comptent des centaines de milliers d’émigrés en Grande-Bretagne et ailleurs en Europe. Ils auront à faire face aux pressions de l’Allemagne notamment, de loin le principal investisseur et partenaire commercial régional. (TDG)

(Créé: 14.02.2016, 22h34)

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