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Massacre en Haute-Savoie

Zainab, sept ans, témoin-clef de la tuerie de Chevaline

Mis à jour le 08.09.2012

Les auditions des jeunes victimes comme Zainab, petite Britannique de sept ans qui se retrouve le témoin-clef de la tuerie de Chevaline, sont menées par des enquêteurs spécialisés. Reportage.

En raison de son état de santé, la petite Zainab sera interrogée dans sa chambre d'hôpital.

En raison de son état de santé, la petite Zainab sera interrogée dans sa chambre d'hôpital.
Image: AFP

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Le quadruple meurtre en Haute-Savoie en images

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L'enquête sur la tuerie de Chevaline (Haute-Savoie), survenue le 5 septembre 2012, s’annonce longue.

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«Les enquêteurs souhaitent l'entendre le plus vite possible et avec le plus de délicatesse possible», a déclaré samedi le procureur de la République d'Annecy Eric Maillaud lors d'une conférence de presse.

Zainab, dont le pronostic vital était engagé le soir du drame, a reçu des coups extrêmement violents à la tête et une balle dans l'épaule, tandis que ses parents étaient tués de deux balles dans la tête dans leur voiture. Samedi elle était toujours plongée en coma artificiel à l'hôpital de Grenoble (centre-est) pour permettre à son corps de récupérer.

Mais après sa sortie du coma, quand les médecins la jugeront prête, des enquêteurs devraient l'auditionner, le parquet la considérant comme un «témoin-clef».

Elle est en effet la seule à avoir vu le ou les assaillants tuer son père, sa mère, une dame plus âgée de nationalité suédoise et un cycliste qui ont tous reçu deux balles dans la tête, à pouvoir donner leur nombre et leur description.

Audition filmée

Les auditions de sa soeur Zeena, quatre ans, restée cachée pendant la fusillade parmi les bagages aux pieds de sa mère, n'a permis que de confirmer qu'elle était en voiture avec son «papa», sa «maman» et «sa soeur».

Elle «a entendu mais n'a rien vu» du drame et a donc été incapable de fournir des éléments utiles à l'enquête.

L'audition de la petite Zainab doit être filmée, comme le prévoit la loi française pour les mineurs. Elle sera menée par des gendarmes spécialisés dans les auditions de mineurs.

Cette formation est dispensée au Centre national d'étude et de formation de la police (CNEF) à Gif-sur-Yvette, en banlieue parisienne, où on y apprend à mettre les enfants à l'aise et à les aider à dérouler leur récit, grâce notamment à des questions ouvertes.

«L'idée, c'est d'amener un enfant à dire des choses sans qu'on lui pose trop de questions. Bien souvent, un enfant a envie de faire plaisir et a tendance a dire oui parce qu'il pense que ça fera plaisir de dire oui . Et c'est dramatique pour l'enquête», a expliqué le procureur d'Annecy .

S'ajoute, dans le cas de la petite Britannique, la difficulté impliquée par la présence nécessaire d'un traducteur. D'autant que restent envisageables de possibles séquelles du grave traumatisme crânien subi par la fillette, qui ne sera peut-être pas en mesure de s'exprimer à son réveil.

Rassurer l'enfant

Au-delà des strictes compétences professionnelles des enquêteurs, la question de son identité est importante, décrypte Jean-Pierre Rosenczveig, président du tribunal pour enfants de Bobigny, interrogé samedi sur la chaîne I-Télé.

Souvent, «on va faire appel à quelqu'un qui rassure», un senior de la brigade, explique-t-il.

Une« stratégie» peut consister à «accueillir un enfant de huit, neuf, dix ans dans un contexte chaleureux» : «on offre une collation, son regard va être attiré par telle ou telle personne, il va commencer à discuter avec cette personne-là, les autres policiers vont se retirer et c'est ce policier qui va l'interroger», dit-il.

Il existe en France des unités médico-judiciaires, le plus souvent installées dans des hôpitaux, où sont menées dans des conditions optimales les auditions d'enfants victimes de violences.

Les enfants y sont entendus dans des salles spécialement aménagées, avec des jouets pour les aider à s'exprimer, comme des poupées sur lesquelles ils peuvent montrer les parties de leurs corps touchées dans les cas de violences sexuelles.

Mais, dans le cas de Zainab, en raison de son état de santé, l'audition sera menée selon toute vraisemblance dans sa chambre d'hôpital.

Les auditions des enfants sont filmées, afin de leur éviter de répéter leur récit au long de la procédure. (afp/Newsnet)

Créé: 08.09.2012, 19h26

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