Tuerie de Toulouse
Mohamed Merah, petit délinquant passé au djihadisme sanguinaire
Par Olivier Bot. Mis à jour le 21.03.2012
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Qui est Mohamed Merah, le tueur à sang-froid de Toulouse et Montauban, capable d’abattre à bout portant une petite fille de 8 ans? Comment ce jeune de 24?ans a-t-il été conduit à s’engager dans un djihadisme sanguinaire pour passer à l’acte avec une telle détermination?
Carrossier de formation sans emploi, ce jeune de la banlieue toulousaine, élevé par sa mère avec ses deux frères, a versé dans la petite délinquance en 2005, selon son avocat Christian Etelin. Dix-huit délits pour la plupart mineurs, l’ont conduit en prison à deux reprises en 2007 et 2009. Sa plus lourde condamnation, révoquant des sursis précédents, fut de dix-huit mois pour un vol à l’arraché. Ce Français d’origine algérienne qui se revendique membre d’Al Qaida pourrait avoir été formé ou recruté en détention par des salafistes radicaux comme l’ont été nombre d’apprentis djihadistes de banlieue.
Comme Moussaoui, le 20e pirate de l’air, un Français d’origine marocaine qui n’est finalement jamais monté dans un des avions du 11 septembre 2001, Mohamed Merah s’est rendu en novembre 2010 au Pakistan. C’est au cours d’un banal contrôle routier à Kandahar qu’il a été arrêté puis relâché, ayant un visa en règle. Le gouvernement régional de Kandahar démentait mercredi qu’il ait été emprisonné et qu’il se soit échappé, comme ce fut annoncé dans un premier temps.
Mohamed Merah est retourné au Pakistan avec un visa de touriste en date du 8 août 2011. Ce pays dont les madrasas, les écoles coraniques, sont les portes d’entrée vers des camps d’entraînement militaire, est un passage connu des recrues d’Al Qaida. Sa maîtrise des armes rend cette hypothèse crédible, mais sans confirmation aujourd'hui.
Abdelkader, le frère aîné âgé de 27 ans, interpellé mercredi, aurait lui aussi épousé l’idéologie salafiste radicale. Plusieurs centaines de grammes d’explosifs ont été trouvés dans sa voiture. Et c’est en partie grâce à son ordinateur que le suspect des sept assassinats aurait pu être repéré. Les deux frères étaient fichés par la Direction centrale du renseignement intérieur qui a fait de l’islamisme, la principale cible de ses enquêtes, considérant que les «loups solitaires du djihadisme» sont la principale menace terroriste en France. (TDG)
Créé: 21.03.2012, 16h47







































































