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Toulouse

Un élève condamné pour avoir poignardé sa prof

Mis à jour le 02.10.2012 2 Commentaires

En 2009, un garçon, alors âgé de 13 ans, avait tenté de tuer sa professeure de mathématiques pour une simple retenue. Il avait eu peur que son père apprenne la sanction. Il a écopé de 5 ans de prison.

Photo d'illustration.

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Image: Keystone

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Le tribunal des enfants de Toulouse a condamné mardi, après douze heures d'audience à huis clos, un collégien de la banlieue de Toulouse qui, à cause d'une retenue, avait poignardé sa professeure, à cinq ans de prison dont deux ans ferme et trois ans de sursis avec mise à l'épreuve.

Selon Me Laurent Boguet, un des avocats de l'adolescent, «le tribunal a suivi les réquisitions du parquet, mais a ouvert la possibilité d'un aménagement de la peine évitant l'incarcération de ce jeune qui a passé un an dans un centre fermé avant de rejoindre depuis deux ans et demi un foyer doté d'une équipe renforcée d'éducateurs».«Il pourrait y poursuivre les progrès réalisés, dans la logique de l'obligation de soins renforcée prévue par les trois ans de mise à l'épreuve décidés par le tribunal», a-t-il ajouté.

Le procès pour tentative d'homicide du jeune homme âgé de 16 ans, mais qui en avait 13 à l'époque des faits, a débuté lundi après-midi, mais le réquisitoire n'est tombé qu'après minuit mardi et, à l'issue des plaidoiries de la défense et d'une heure de délibéré, le jugement a été rendu après 3 heures du matin.

Le tribunal a prononcé une peine de prison ferme «pour marquer le coup d'un acte particulièrement grave», mais a «ouvert la porte» en fixant dès le 6 novembre l'audience d'aménagement de la peine, a estimé Me Boguet, qui a reconnu «la nécessité d'une sanction juste». «Nous nous interrogeons sur l'opportunité de faire appel», a-t-il indiqué.

Peur du père

Le drame avait fortement choqué la communauté éducative et au-delà. Le 15 mai 2009, au collège François-Mitterrand de Fenouillet, au nord de Toulouse, l'élève de 5ème avait planté un couteau dans la poitrine de sa professeure de mathématiques, qui avait été grièvement blessée.

L'adolescent venait de se voir infliger une «consignation» c'est-à-dire l'obligation de réaliser sous surveillance un travail non fait. Il avait eu peur que son père ne l'apprenne. «Le seul moyen qu'il a trouvé à cette époque là pour éviter ça, ça a été d'essayer de la tuer», a dit Me Emmanuel Tricoire, l'autre avocat du jeune garçon.

La victime, âgée de 38 ans aujourd'hui, ne comprend toujours pas ce qui a pu se passer. «L'instruction n'a pas permis de donner de réponse» sur les raisons de son geste, a dit Me Denis Benayoun, conseil de l'enseignante. Cette femme, meurtrie dans sa chair, enseigne à nouveau mais garde des séquelles à la fois physiques et psychologiques.

«Dérive personnelle»

Me Benayoun a demandé «une sanction adaptée, exemplaire, car cette violence n'est plus tolérable, c'est toute l'école, c'est toute la société qui est victime».«Le garçon a une famille apparemment positive, il n'avait pas de trouble particulier: le passage à l'acte est étonnant, mais c'est un sujet à la personnalité très fragile, qui n'a pas de mots pour le dire et qui va traduire ses angoisses par le corps», a rapporté l'expert-psychiatre Daniel Ajzenberg, après avoir exposé son analyse au tribunal.

«A cet âge là on est en dehors du réel, on ne se rend pas compte de la gravité de ses actes» ajoute-t-il. Le drame avait fait grand bruit, l'ancien ministre de l'Education Xavier Darcos parlant même alors d'installer des portiques de détection de métaux devant certains établissements.

La défense a souligné à l'audience qu'il ne s'agissait pas du procès de «l'enfance délinquante» mais de «la dérive personnelle d'un jeune garçon» qui n'avait jamais été repéré comme un enfant à problèmes. La partie civile a refusé aussi tout «amalgame» avec les multiples agressions de professeurs depuis la rentrée scolaire. (afp/Newsnet)

Créé: 02.10.2012, 07h56

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2 Commentaires

Marguerite Favre

02.10.2012, 08:41 Heures
Signaler un abus 16 Recommandation 2

Et oui, c'est autre chose que nos peines ridicules de nos mineurs...de 17-18 ans, à qui on donne 2 semaines de privation de dessert à la Clairire, avec sorties à gogo ! Chez nous, mêmes des adultes récidivistes écoppent d'une peine plus légère ! Répondre


Bernard Giossi

02.10.2012, 10:21 Heures
Signaler un abus 1 Recommandation 2

Et le père qui terrorise son fils à ce point ? Et le père qui devrait être présent aux difficulté de son enfant, aimant et protecteur ? Cette terrible faillite de la paternité n'est apparemment pas un crime. Pourtant la cause première est là, et même si elle n'excuse aucunement le crime, elle l'explique. Répondre



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