La Une | Vendredi 28 novembre 2014 | Dernière mise à jour 20:57
Crise au Portugal

Manifestation contre l'austérité à Lisbonne

Mis à jour le 02.03.2013 2 Commentaires

Des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues de la capitale portugaise pour protester contre les mesures d'austérité du gouvernement.

A Lisbonne, le cortège des protestataires était fort de plusieurs milliers de personnes.

A Lisbonne, le cortège des protestataires était fort de plusieurs milliers de personnes.
Image: AFP

Articles en relation

Mots-clés

Signaler une erreur

Vous avez vu une erreur? Merci de nous en informer.

Partager & Commenter

Plusieurs dizaines de milliers de personnes déferlaient samedi à travers le Portugal contre les mesures d’’austérité du gouvernement à l’appel d’un mouvement citoyen apolitique, en passe de réaliser une mobilisation de grande envergure.

"La troïka et le gouvernement dehors", "le Portugal aux urnes", "élections maintenant", "démocratie participative", pouvait-on lire sur les banderoles et les affiches portées par les manifestants.

A Lisbonne, le cortège des protestataires, fort de plusieurs milliers de personnes s’est ébranlé vers 16H00 GMT au son de la chanson "Grândola Vila Morena", reprise en coeur par les manifestants, la voix tendue d’émotion. Cette chanson est devenue le symbole de la contestation au Portugal après avoir été l’hymne de la Révolution des Oeillets de 1974 qui a permis l’instauration de la démocratie.

Depuis plusieurs semaines, des contestataires la chantent au passage de membres du gouvernement et elle est même venue interrompre un discours au Parlement du Premier ministre de centre droit, Pedro Passos Coelho. Elle devait retentir simultanément dans la trentaine de villes du pays ou le mouvement apolitique "Que la Troïka aille se faire voir", comparable aux Indignés espagnols, a appelé à des rassemblements.

Contre la troïka

Ce mouvement a pour principale cible l’inspirateur des mesures d’austérité du gouvernement, c’est-à-dire la "troïka" (UE-FMI-BCE) représentant les créanciers du Portugal, actuellement à Lisbonne pour nouvel examen des comptes du pays, sous assistance financière.

Très actif sur les réseaux communautaires, le mouvement avait rassemblé le 15 septembre 2012 des centaines de milliers de personnes à travers le pays, une mobilisation exceptionnelle depuis la Révolution des Oeillets.

Se refusant à tout pronostic sur l’ampleur que la manifestation pourrait prendre samedi, un des responsables du mouvement, Nuno Ramos de Almeida estimait "peu important ce genre de comptabilité".

"Ce qui est important c’est que les gens veulent s’opposer à cette politique", a-t-il déclaré à l’AFP en ajoutant : "Le gouvernement ne peut gouverner contre le peuple et je crois qu’il va tomber".

"Une grande manifestation est un signal fort de mécontentement, et j’espère que le gouvernement en tiendra compte", estimait de son côté Luis Costa du parti d’extrême-gauche Bloc de gauche, venu manifester à titre personnel.

Soutiens à l'étranger

Des rassemblements de soutien au mouvement portugais devaient avoir lieu à l’étranger, Londres, Boston, Paris, Madrid, Barcelone, notamment. La manifestation de samedi est intervenue alors que la grogne sociale est à nouveau en hausse contre les mesures d’austérité mises en œuvre par le gouvernement de centre-droit, en contrepartie du plan de sauvetage de 78 milliards d’euros accordé au Portugal par l’Union européenne et le Fonds monétaire international en mai 2011.

A Lisbonne, le défilé était d’autant plus important que de nombreux militants du principal syndicat portugais, la CGTP, y ont participé. Le cortège principal a également été rejoint par plusieurs "marées", c’est-à-dire autant de manifestations organisées par des enseignants, des professionnels de la santé, ou des retraités, parmi les plus touchés par les coupes budgétaires.

Même des militaires se sont joints au défilé qui devait se terminer vers 18H00 gmt sur la majestueuse et monumentale Place du Commerce qui donne sur le Tage.

Hausse des impôts

Après avoir procédé l’année dernière à des baisses des salaires et des retraites, le gouvernement a décrété cette année une hausse généralisée des impôts et prévoit des économies supplémentaires de 4 milliards d’euros par le biais d’une "réforme de l’Etat". Vivement critiquée par l’opposition, cette réforme doit être présentée à "la troïka" des bailleurs de fonds.

A l’issue de leur examen les créanciers pourraient consentir à un nouvel allégement des objectifs budgétaires du gouvernement, de plus en plus difficiles à respecter, alors que l’économie devrait cette année reculer de 2%, soit deux fois plus qu’envisagé précédemment, et que le chômage a atteint le taux record de 16,9%. (afp/Newsnet)

Créé: 02.03.2013, 19h38

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

Caractères restants:

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

2 Commentaires

Jean-Marcel Robert

02.03.2013, 20:48 Heures
Signaler un abus 3 Recommandation 4

Quand on ment aux gens, cest tellement plus facile d'avoir du monde à la manifestation. Répondre


Frédéric Bastiat

03.03.2013, 05:01 Heures
Signaler un abus 0 Recommandation 3

Le problème des pays du sud de l'europe c'est que les salaires sont trop élevés par rapport à la productivité. La productivité est basse parce qu'il n'y a pas de capital. Et il n'y a pas de capital parce que leurs systèmes ne permettent pas la protection ni la rémunération sufisante du capital. On peut le prendre par n'importe quel bout, on arrive toujours à la même conclusion: trop d'état. Répondre



Le compte Twitter de la rubrique Monde