Présidentielle française
Bayrou, le «coup d'assommoir» pour Sarkozy
Mis à jour le 04.05.2012 15 Commentaires
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La décision du président du Modem François Bayrou de voter pour François Hollande au second tour de la présidentielle constitue un «séisme» dans le paysage politique français et «un coup d'assomoir» pour Nicolas Sarkozy à deux jours du scrutin, estiment les éditorialistes vendredi.
Libération rend un hommage appuyé à l'ex-candidat centriste en reproduisant en Une un extrait de sa charge contre «la ligne» de Nicolas Sarkozy «en contradiction avec les valeurs qui sont les nôtres».
«Ces mots de François Bayrou, l'un des hommes politiques les plus populaires de France, ayant jadis gouverné à droite, resteront comme ceux d'un homme d'honneur. Et d'un homme d'Etat», salue le directeur du quotidien de gauche Nicolas Demorand.
«Valeurs démocrates chrétiennes»
Même tonalité chez Daniel Ruiz dans La Montagne selon lequel, «avec un panache certain, François Bayrou a fait le choix de ses valeurs démocrates chrétiennes».
Dans Paris Normandie, Michel Lepinay est tenté, «indépendamment de tout parti pris, de prendre tout simplement ce choix pour une manifestation d'intégrité morale et politique».
Les éditorialistes avouent leur surprise. Il «franchit le pas qu'il n'avait pas osé faire en 2007», rappelle La Charente libre, sous la plume de Jacques Guyon.
«En votant Hollande, le centriste François Bayrou sort de l'isolement dans lequel il s'était enfermé en 2007, quand il avait refusé de choisir entre l'actuel président et Ségolène Royal», explique Patrick Fluckiger dans L'Alsace.
«Séisme politique»
Pour Didier Louis, dans Le Courrier picard, «le virage à gauche du chef du Modem constitue un coup de théâtre à la veille d'un second tour qui pourrait s'annoncer désormais moins indécis, et un coup d'assommoir pour Nicolas Sarkozy».
«Finalement, François Bayrou a opté pour le coup de pied de l'âne décoché à Sarkozy à trois jours du scrutin», commente Jacques Camus dans La République du Centre.
Les conséquences politiques iront bien au-delà du scrutin élyséen. «François Bayrou, apôtre du 'ni, ni' mais avec un centre de gravité à droite, a choisi Hollande. C'est un séisme politique», affirme Alain Dusart dans L'Est Républicain.
«Jamais dans l'histoire de la Ve République, un centriste, de l'importance de Bayrou n'avait annoncé qu'il se prononcerait pour un représentant de la gauche», note Patrick Pépin dans Nord Eclair.
«Eclatement des frontières politiques»
«Son choix marque une vraie rupture dans l'histoire du centrisme et de la démocratie chrétienne, cette famille politique dont François Mitterrand disait qu'elle n'était 'ni de gauche ni de gauche'», analyse Hervé Favre dans La Voix du Nord.
Dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace, Dominique Jung parle aussi d'un «pied-de-nez à Sarkozy et une tentative (désespérée) de redonner une force spécifique au centrisme».
«Ce que prévoit le président du MoDem, en fait, c'est un éclatement des frontières politiques sous l'effet astringent de la crise qui, selon lui, va entraîner des bouleversements sans précédent», suppose Philippe Waucampt du Républicain lorrain.
«Désormais, et quelle que soit l'issue du scrutin, le paysage politique risque bien de sensiblement évoluer dans les semaines qui viennent. Implosion(s) en vue», prédit Christophe Bonnefoy dans Le Journal de la Haute-Marne. (ats/Newsnet)
Créé: 04.05.2012, 06h57
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La rédaction
15 Commentaires
Bayrou se positionne simplement dans le futur gouvernement de Hollande. Pas moins politique, que les autres.. Répondre
On dirait que cela surprend, un homme politique intègre et qui vote selon ses convictions ! Il n'y aura pas de ministère, ni F. Bayrou ni F. Hollande ne le souhaitent et d'ailleurs le PS est déjà en surnombre... mais c'est tellement impossible à imaginer, une prise de position sans contre-partie électoraliste, juste sur les valeurs et parce que cela semble le "moins mauvais" choix pour le pays ! Répondre
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