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15 mars

Un an de répression sanglante en Syrie

Par Sandrine Perroud avec AFP. Mis à jour le 15.03.2012

Qui sont les acteurs de la révolte? Quels sont les intérêts des alliés de Bachar al-Assad? Rappel des points-clés du conflit syrien à l’occasion de son premier anniversaire.

A Majdal Shams (situé sur le plateau du Golan), bastion traditionnellement favorable au président Bashar al-Assad, un nombre croissant de supporters remettent en question leur allégeance au gouvernement.

A Majdal Shams (situé sur le plateau du Golan), bastion traditionnellement favorable au président Bashar al-Assad, un nombre croissant de supporters remettent en question leur allégeance au gouvernement.
Image: Reuters

La Syrie est entrée aujourd’hui dans sa deuxième année de révolte sanglante.

Les premiers éclats ont démarré le 15 mars à Damas. A la suite de nombreux autres pays, les protestataires demandaient alors des réformes démocratiques ainsi que le départ du président.

Un an plus tard, rien n’a changé. Bachar al-Assad est l'un des derniers dirigeants contestés du Printemps arabe encore en place. Pourquoi la Syrie fait-elle exception?

Tentative de réponses et rappel du bilan syrien point par point.

Qui sont les «rebelles»?

Les insurgés syriens sont issus de la majorité arabe sunnite, qui compose 59% population syrienne. Un détail qui a son importance: la dynastie al-Assad, inaugurée par le père de Bachar en 1970, s’est justement érigée contre cette majorité confessionnelle.

De simples contestataires, les insurgés se sont radicalisés au fil des mois. Le Figaro décrivait ainsi en septembre dernier l’ensemble bigarré qui forme ces troupes: «Les ultras de la rue composent un mélange de sympathisants pro-américains qui attendent une intervention extérieure sur le modèle libyen, d’autres qui refusent toute négociation avec un pouvoir qui leur a trop menti, et d’autres encore soutenus par des déserteurs de l’armée, qui espèrent tenir des quartiers ou des bourgades face à (…) Assad.»

Les rebelles ont mis de plus en plus dans l’embarras les pays qui soutiennent pourtant la révolte syrienne au fil des mois, car des troupes islamistes les auraient infiltrés. De nombreux rapports ont en outre montré leurs liens avec Al-Qaida.

La plupart des minorités du pays, confessionnelles ou autres (chrétiens, Kurdes, druzes…), restent quant à elles à l’écart de la contestation.

A l’origine du mouvement de révolte se situe également une contestation sociale. En cause, le chômage de masse, une démographie en hausse et des services sociaux en dégradation.

Les alliés du pouvoir

Bachar al-Assad représente un contrôle de la mouvance de l’islam chiite sur la majorité sunnite syrienne. Auprès de lui, il peut compter l’Iran et l’Irak (depuis la chute de Saddam Hussein) mais aussi le Hezbollah libanais, qui forment une alliance chiite autour de la Syrie.

Dès l’éclatement du conflit, la Russie et la Chine ont opposé leur veto aux projets de résolution du Conseil de sécurité de l’ONU. Ces refus ont plusieurs explications. La Russie possède par exemple une base navale stratégique à Tartous, en Syrie. Une porte d'entrée vers la Méditerranée. Mais surtout, selon plusieurs experts, Moscou et Pékin craindraient la montée des pouvoirs islamistes dans leurs propres régions avec le départ de Bachar Al-Assad.

Les alliés sino-russes se montrent toutefois de plus en plus fermes avec leur «ami» syrien. Mardi, la diplomatie russe a fait savoir que «les gros retards pris par le président Bachar el-Assad pour appliquer les réformes» étaient problématiques.

Le premier ministre chinois Wen Jiabao estimait pour sa part que «les aspirations à la démocratie des populations arabes doivent être respectées et obtenir une vraie réponse.»

Les chiffres

Le bilan du conflit après seulement une année de violences donne le tournis. On dénombre ainsi entre 8000 et 8500 morts. Quelques 30’000 Syriens se sont réfugiés quant à eux dans les pays alentours.

Ils sont 200'000 à s’être déplacés à l’intérieur du pays. De l’autre côté, l’armée syrienne est composée de 300'000 soldats. On parle à ce jour de 50'000 arrestations d’activistes. (Newsnet)

Créé: 15.03.2012, 17h46

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