La Une | Samedi 25 mai 2013 | Dernière mise à jour 06:52
Internet

«Si Assange est extradé, WikiLeaks se renforcera»

Par Laureline Duvillard. Mis à jour le 30.05.2012

La Cour suprême se prononce aujourd'hui sur l'extradition de Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks. La décision influera sur l'avenir de la plateforme, qui a su dompter conflits et obstacles.

Julian Assange sera fixé aujourd'hui sur son sort.

Julian Assange sera fixé aujourd'hui sur son sort.
Image: Keystone

Les grandes dates de la bataille judiciaire d'Assange

2010

18 nov: La Suède lance un mandat d'arrêt à l'encontre de Julian Assange, dans le cadre d'une enquête pour viol et agression sexuelle présumés sur deux Suédoises.

1er déc: Interpol rend publique la «notice rouge» (avis international de recherche d'une personne) à l'encontre de Julian Assange.

7 déc: Julian Assange se présente à la police à Londres, est arrêté et placé en détention.

8 déc: Des pirates informatiques lancent des cyber-attaques contre le site internet du parquet suédois ainsi que PayPal, Visa et Mastercard qui ont suspendu leurs services à WikiLeaks.

9 déc: Plusieurs hauts responsables, dont la Haute Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU Navi Pillay, apportent leur soutien à Julian Assange.

16 déc: La Haute Cour de justice de Londres accorde la liberté conditionnelle à Julian Assange, qui est hébergé sous un strict contrôle judiciaire dans un manoir dans le nord-est de l'Angleterre appartenant à l'un de ses amis.

2011

12 jan: La défense de Julian Assange estime qu'il existe un «risque réel» qu'une fois extradé en Suède, le fondateur de WikiLeaks soit transféré aux Etats-Unis, interné sur la base de Guantanamo voire «condamné à mort».

24 fév: La justice britannique valide la demande d'extradition. Le tribunal londonien balaie les arguments de la défense selon lesquels l'Australien serait victime d'une machination et d'un "abus de droit" de la part de la justice suédoise.

3 mars: Julian Assange fait appel de son extradition.

10 mars: Une policière suédoise qui a procédé à des interrogatoires dans l'enquête pour viol présumé est une amie d'une des deux plaignantes, affirme le quotidien suédois Expressen.

12 et 13 juil: La Haute Cour de Londres étudie l'examen de l'appel de Julian Assange.

22 sept: Publication du livre «Julian Assange: l'autobiographie non autorisée», malgré l'opposition de l'Australien.

24 oct: WikiLeaks suspend la divulgation de documents secrets, faute de fonds, en raison du «blocus» imposé notamment par Visa et Mastercard.

2 nov: La Haute Cour de Londres confirme en appel l'extradition de Julian Assange vers la Suède.

15 nov: Julian Assange dépose auprès de la Haute Cour une demande de recours devant la Cour suprême contre son extradition.

1er déc: WikiLeaks reprend ses publications avec des documents montrant l'espionnage par des gouvernements de leurs propres citoyens.

5 déc: La Haute Cour décide que Julian Assange peut poursuivre devant la Cour suprême son combat contre son extradition vers la Suède.

2012

29 mai 2012: La Cour suprême se prononce sur l'extradition de Julian Assange

Source: afp

Articles en relation

Partager & Commenter

Mots-clés

Le 25 juillet 2010, le monde entier a découvert WikiLeaks et son fantasque fondateur Julian Assange. Cet été là, en partenariat avec trois journaux d'envergure, The Guardian, The New York Times et Der Spiegel, la plateforme révèle plus de 91'000 rapports confidentiels de l'armée américaine sur la guerre en Afghanistan.

Avec les «Afghanistan War Logs» (journaux de bord de la guerre en Afghanistan), le site réalise son premier grand coup médiatique. Il a révélé les sombres coulisses, jalousement gardées, d'un conflit sanglant. Une opération enrichie quelques mois plus tard par la diffusion des «Iraq War Logs» (avec quelque 391'800 rapports) et la mise à jour des travers de cette guerre explosive.

En eaux troubles

Dès sa naissance, WikiLeaks a frappé fort. En novembre 2010, cinq journaux internationaux (Le Monde, The New York Times, The Guardian, Der Spiegel et El Pais), commencent à publier une partie de quelque 250'000 câbles diplomatiques américains, récoltés par le site. Créant la polémique et enrichissant le débat autour du droit à la transparence, WikiLeaks étend alors son aura.

Mais le site doit déjà concilier avec les agissements sulfureux de son fondateur. Le 18 novembre la Suède lance un mandat d'arrêt contre lui, pour viol et agression sexuelle présumée sur deux Suédoises. La saga judiciaire commence.

Une épreuve, qui, au fil du temps décrédibilisera Julian Assange. «Avec cette affaire son image en a pris un coup. S'il est extradé vers la Suède et qu'il y reste, il lui sera très difficile de refaire surface. Par contre, si de la Suède, il est livré aux USA, cela le transformera en martyr. Dans tous les cas, WkiLeaks ne sera pas affaibli, au contraire. Car Assange ne semble plus être le seul maître à bord. Il y a beaucoup d'autres personnes derrière», estime Stéphane Koch, spécialiste en sécurité de l'information et en nouvelles technologies.

Et vogue la galère

WikiLeaks doit faire face à l'image écornée de son fondateur mais aussi lutter face aux dissensions internes. En septembre 2010, le présumé numéro deux, Daniel Domscheid-Berg, en conflit avec Julian Assange, quitte la plateforme pour lancer, sur le même principe, un site concurrent, OpenLeaks.

Il emmène avec lui des milliers de données et «l'Architecte», le développeur de WikiLeaks, un personnage clé. «Il semblerait qu'il soit parti avec le code qui permettait à WikiLeaks de recevoir les documents sécurisés. D'où le silence du site par la suite», explique Stéphane Koch.

Le scandale du blocus

L'expert tient pourtant à nuancer son propos, en mettant également en avant les difficultés financières rencontrées par WikiLeaks. Car, accusé par les États-Unis qui parlentde «crime grave», pour la diffusion des câbles diplomatiques, le site est sur la sellette. En décembre, les plus grands établissements financiers américains, Visa, Bank of America, MasterCard, PayPal et Western Union bloquent les fonds du site.

La plateforme se retrouve financièrement étranglée. «Ce blocus est d'ailleurs très inquiétant, ces entités qui ont toutes leur siège aux Etats-Unis ont suivi le pouvoir et ont agi sans aucune considération légale. Beaucoup de politiques ont eu peur de réagir. Mais ce comportement est inadmissible», souligne Stéphane Koch.

Au fil de dons et de soutien, WikiLeaks a pourtant su traverser la tempête. En témoignent les dernières révélations fracassantes du site. En décembre 2011, il a publié des centaines de «fichiers espions» («Spy Files»), dénonçant les agissements d'entreprises de renseignements du monde entier, qui se mettent au service de régimes répressifs.

Et en février 2012, il a commencé la mise en ligne de plus de cinq millions d'e-mails de la société américaine privée de renseignements Stratfor. Ces courriels, dérobés par le collectif Anonymous dévoilent les entrailles corrompues de la société.

Nouvelles collaborations

Pour la publication de ces documents, WikiLeaks, s'est à nouveau associé à des médias, dont le site owni.fr. En froid, avec ses partenaires d'origine, qui ont mal digéré la maladroite publication, en septembre 2011, des quelque 250'000 câbles, non expurgés des noms, le site s'est tourné vers d'autres cieux.

Mais il perdure. «WikiLeaks est à l'origine d'un mouvement où chacun possède l'option de rendre publique une information où chacun peut être contributeur tout en faisant attention à ne pas se mettre en danger. Ce site a généré une nouvelle manière de traiter les informations, avec de nouvelles collaborations entre les médias et les hackers», relève Stéphane Koch. Le site incarne la volonté de transparence, le désir de lever le voile sur l'incompétence et la corruption, et il a déjà fait plusieurs petits.

Dans plusieurs pays, il a été le modèle pour la mise en place de plateformes de réception sécurisées. Une multiplication positive selon Stéphane Koch. Oui, à condition, toujours, de protéger les sources et de ne pas perdre le contrôle. Car, aujourd’hui, le soldat Bradley Manning qui a fourni la plus grande partie des documents sur les guerres en Irak et en Afghanistan, risque la prison à vie. (Newsnet)

Créé: 30.05.2012, 08h03

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

Caractères restants:

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.
Aucun commentaire pour le moment

Sondage

Irez-vous aux caves ouvertes ce week-end?




Rencontre serieuse

publicité
  • [Alt-Text]

Sondage

Suppl. partenaire

Le monde des saveurs

Visitez notre monde des saveurs et découvrez les saveurs de ce monde !

Paiement pas SMS

Payez par SMS !

Horoscope

Accédez à l'horoscope

Programme TV

Accédez au programme TV

Cinéma

Sorties et bandes-annonces

ASSURANCES AUTO

Est-ce que votre assurance auto répond à vos attentes ? En seulement cinq petites étapes, trouvez l’offre qui vous convient.

ABONNEMENTS MOBILE

Grâce à notre outil comparatif indépendant, nous vous aidons à trouver l’abonnement optimal pour votre téléphone portable.