Grèce
Procès du journaliste dénonçant les comptes en Suisse
Mis à jour le 01.11.2012 2 Commentaires
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Plusieurs gouvernements successifs sont accusés d'avoir ignorée cette liste alors que l'évasion fiscale reste un des maux non soignés du pays.
Costas Vaxevanis, 46 ans, journaliste de télévision et d'investigation pour le magazine «Hot Doc», est poursuivi pour «violation de données personnelles» pour avoir publié samedi une liste comprenant 2059 noms d'individus, tirée de données provenant de la banque HSBC (HSBA 9.092 1.55%) en Suisse, selon lui. Il risque au maximum trois ans de prison.
Le président de la Fédération internationale des journalistes, Jim Boumelha, qui a témoigné en sa faveur, s'est dit «surpris» de l'arrestation. Il a qualifié le procès de «farce absurde».
Le président du syndicat des journalistes d'Athènes, Dimitris Trimis, a également témoigné devant la cour: «J'aurais fait la même chose, si j'étais à la place de Costas», a-t-il dit. «Un compte bancaire n'est pas une donnée personnelle. On vit dans une époque de transparence», a-t-il ajouté.
«Camouflet à la démocratie»
La députée de Gauche radicale Syriza et fille d'un des avocats de la défense, Zoé Constantopoulou, a estimé que les poursuites contre Costas Vaxevanis sont «un camouflet à la démocratie».
Tout en reconnaissant que le simple fait de détenir un compte en Suisse n'est pas illégal, Costas Vaxevanis invoque le droit de la presse à publier des documents cachés ou minimisés par les autorités pour dénoncer des scandales, dans un contexte où le nouveau gouvernement de coalition est confronté à la colère croissante de la rue face à une austérité accusée d'épargner les riches et les puissants. Le journaliste a été brièvement arrêté et relâché dimanche par la police.
Liste Lagarde
Une polémique a éclaté ces derniers mois en Grèce sur une liste, transmise en 2010 au gouvernement grec par l'ancienne ministre française des Finances Christine Lagarde, aujourd'hui patronne du FMI, incluant des noms des détenteurs grecs de comptes sur la banque suisse HSBC et dont les autorités grecques n'ont rien fait depuis deux ans.
«Au lieu de lutter contre les crimes des fraudeurs du fisc, la justice s'occupe de moi alors que j'ai fait mon devoir, mon devoir de transparence», avait déclaré Costas Vaxevanis dimanche. Il accuse l'Etat grec d'hypocrisie et affirme que le système judiciaire est soumis à un système politique corrompu.
La liste publiée par Costas Vaxevanis, qu'il affirme être ce que la presse a surnommé la «liste de Lagarde» comprend des entrepreneurs, avocats, armateurs, médecins, commerçants, joailliers, anciens hommes politiques ou leurs proches, mais aussi des «femmes au foyer», des étudiants et de nombreuses «sociétés domiciliées».
Précédent français
En France, une affaire similaire a eu lieu en 2009 lorsque la justice française avait reçu des fichiers équivalents issus de documents subtilisés par un employé de HSBC, sur la base desquels des fraudeurs français ont subi un redressement fiscal, mais dans la plus grande discrétion.
A la suite d'une mini-crise entre Paris et Berne concernant cette liste, les fichiers initialement volés par un employé ont finalement été restitués à la Suisse. Mais auparavant la France les avait transmis, courant 2010, à d'autres pays, dont la Grèce.
Costas Vaxevanis a affirmé l'avoir obtenue via une lettre anonyme dont l'expéditeur avait indiqué l'avoir reçue d'un homme politique.
Diligence troublante
La diligence affichée par la police dimanche lors de son arrestation, dans un pays où la lenteur de la justice est proverbiale, a troublé de nombreux commentateurs.
«Le gouvernement grec ne peut pas divorcer des principes européens qu'il s'est engagé à soutenir, et les journalistes doivent avoir le droit de faire leur métier sans peur de représailles», a déclaré Nina Ognianova, coordinatrice du Comité de Protection des Journalistes (CPJ) pour l'Europe et l'Asie centrale dans un communiqué.
(ats/Newsnet)
Créé: 01.11.2012, 18h04
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2 Commentaires
Bravo à ce monsieur courageux. Il est temps que le peuple grec sache que son gouvernement d'union entre libéraux et sociaux-démocrates ne fait rien contre l'évasion fiscale car elle concerne leurs amis. Mais ils sont très zélés pour imposer les réformes de la troïka, ces réformes libérales qui font exploser la pauvreté, la criminalité, les suicides, les maladies et qui ne font qu'agraver la dette. Répondre
Pas moins de 36 politiciens suspectés d’enrichissement illégal par la brigade financière grec figurent dans cette liste. Le gouvernement actuel fait tout son possible pour « classer » ce scandale. La liste de ces 2059 noms circule, y figure les épouses de riches citoyens grecs dont la profession est:… «ménagères» !!! Par cela, il est évident que ce journaliste risque gros. Merci Mme Lagaffe! Répondre
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