La Une | Jeudi 23 février 2012 | Dernière mise à jour 12:25
Prothèses mammaires

Les victimes soulagées par l'inculpation du patron de PIP

Après l'interpellation et la mise en garde à vue dans le sud de la France du fondateur de PIP Jean-Claude Mas, inculpé pour «blessures involontaires», les victimes ont exprimé leur satisfaction.

Jean-Claude Mas admet avoir produit un gel de silicone non homologué pour la fabrication des implants mais nie tout danger pour la santé.

Jean-Claude Mas admet avoir produit un gel de silicone non homologué pour la fabrication des implants mais nie tout danger pour la santé.

Les victimes des prothèses mammaires défectueuses de la société françaises PIP sont soulagées par la mise en examen (inculpation) pour «blessures involontaires» de Jean-Claude Mas, le fondateur de PIP, a déclaré vendredi leur avocat.

«C'est la reconnaissance de leur statut de victime, c'est un grand soulagement», a déclaré Philippe Courtois, avocat de l'Association des femmes porteuses de prothèses PIP qui représente plus de 1000 patientes françaises, estimant qu'avec cet acte «l'instruction (avait) véritablement commencé».Interpellé jeudi et placé en garde à vue dans le sud de la France, Jean-Claude Mas, 72 ans, a été inculpé pour «blessures involontaires».

Avocat étonné

L'avocat s'est dit étonné du délai d'un an accordé à Jean-Claude Mas pour verser la caution de 100'000 euros de son contrôle judiciaire.«J'attends d'avoir des précisions sur les modalités du contrôle judiciaire pour être sûr qu'il ne pourra pas quitter le territoire français», a ajouté Me Courtois.

«Le point clé de ce dossier ce sera les expertises, et je souhaite avec mes clientes que ces expertises nous disent qu'il n'y pas de lien de causalité» entre les cas de cancer en France et le gel frelaté, a conclu Me Courtois.

Jean-Claude Mas admet avoir produit un gel de silicone non homologué pour la fabrication des implants mais nie tout danger pour la santé. Les implants de PIP étaient remplis d'un gel de silicone irritant pour les tissus et présentaient un «taux de rupture» élevé, de l'ordre de 5% selon des chiffres fournis par les autorités françaises. Toutefois, aucun lien n'a été établi avec la vingtaine de cas de cancer relevé parmi des femmes qui avaient des implants PIP.

Les prothèses étaient fabriquées en France, mais 84% d'entre elles partaient à l'exportation, notamment en Amérique latine, en Espagne et en Grande-Bretagne. De 400'000 à 500'000 femmes seraient porteuses d'implants PIP dans le monde.En France, où 2500 plaintes ont été déposées, le gouvernement a recommandé aux 30'000 femmes porteuses de prothèses Poly Implant Prothèse (PIP) de se les faire retirer. (afp/Newsnet)

Créé: 27.01.2012, 12h16

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