Elections en Grèce
Les Grecs entre espoir, colère et anxiété
Grenades on explosées
La police a annoncé dans l'après-midi avoir découvert une deuxième grenade devant le bâtiment, où elle menait des recherches après la localisation d'un premier engin par un agent de sécurité de la télévision. Selon la même source, les grenades étaient dégoupillées.
«La démocratie grecque est forte, elle ne se laisse pas impressionner», a réagi le porte-parole du gouvernement intérimaire sortant, Dimitris Tziodras, jugeant que l'incident visait à «troubler la tenue des élections».
Usant des mêmes expressions, le porte-parole de la droite grecque, Yannis Mihelakis et le parti de gauche radicale du Syriza ont condamné une action «dirigée contre la démocratie et la liberté d'expression».
L'euro et l'Euro de football
Après la qualification inespérée de la Grèce à l’Euro de football samedi soir face à la Russie, la presse sportive grecque se déchaînait dimanche contre la chancelière allemande Angela Merkel, jugée responsable des malheurs de la Grèce en récession. «Amenez-nous Merkel» titrait Goal. «Vous n’allez jamais sortir la Grèce de l’Euro», ajoutait le journal en jouant sur les deux Euro. Tandis que Metro Sport soulignait la «joie et la fierté sans fin dans le pays».
Ironie de l’histoire, la Grèce pourrait être amenée à défier l’Allemagne en quart de finale en fin de semaine à Gdansk (Pologne) puisqu’elle affrontera le vainqueur du groupe B, où évolue l’Allemagne qui n’a besoin que d’un point pour se qualifier.
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La Grèce votait dimanche pour départager le camp pro-rigueur d’une gauche dressée contre l’austérité dans un scrutin déterminant pour son avenir dans l’euro, dont la tenue a été assombrie par le jet d’un grenade qui n’a pas explosé contre le siège d’un groupe de presse.
Le gouvernement intérimaire sortant et la droite conservatrice ont condamné l’incident en dénonçant une atteinte à la démocratie. Le porte-parole officiel, Dimitris Tziodras, a jugé que l’attaque visait à "troubler la tenue des élections".
La police vérifiait en début d’après-midi l’état de la grenade. La station visée, Skaï, dont les locaux athéniens ont été évacués, fait partie du groupe de presse marqué à droite de la famille d’armateurs Alafouzos.
Dans le calme
Les opérations de vote s’étaient jusque-là déroulées dans le calme, chacun des deux favoris promettant de tourner la page de la crise qui déprime le pays depuis deux ans. "La Grèce a vaincu la peur", a lancé Alexis Tsipras, enfant terrible à 37 ans d’une gauche radicale qui fait trembler les chancelleries européennes en prônant l’abandon de la cure de redressement prescrite au pays.
En retour, partenaires et prêteurs du pays ont menacé de lui couper les vivres et le pousser hors de l’euro. "Nous ouvrons la voie à une Grèce de justice sociale, membre à égalité d’une Europe qui change", a ajouté M. Tsipras, entouré d’une cohue de journalistes après avoir voté dans quartier populaire d’Athènes.
"Une nouvelle ère commence pour la Grèce" a déclaré son rival de droite, Antonis Samaras, 61 ans, dans son fief de Messinie, dans le Péloponnèse. Face au Syriza de M. Tsipras, le chef de file conservateur se présente comme le garant du maintien de la Grèce dans l’euro, même s’il demande un adoucissement de la cure de rigueur.
Les deux camps sont au coude-à-coude selon les sondages, mais jeudi, la Bourse d’Athènes avait parié sur une victoire de droite en bondissant de 10%. Un sondage effectué à la sortie des bureaux de vote doit donner une première indications sur l’issue de leur duel, à 19H00 (16H00 GMT).
Coalition
Mais sauf surprise, ni la Nouvelle Démocratie de M. Samaras ni le Syriza ne devraient décrocher la majorité absolue au Parlement. Les socialistes du Pasok et/ou la gauche modérée du Dimar devraient du coup être sollicités pour la formation d’une coalition, dans un délai constitutionnel d’une dizaine de jours.
Le chef de l’Etat, l’octogénaire Carolos Papoulias, a souhaité sans tarder "un gouvernement stable qui agisse immédiatement pour résoudre les problèmes tourmentant le peuple".
La classe politique avait échoué à nouer les nécessaires alliances à l’issue du précédent scrutin du 6 mai.
Considéré comme "le troisième homme", le chef du parti socialiste Pasok, Evangélos Vénizélos a souligné que le pays avait besoin "d’un gouvernement d’union nationale" en votant à Salonique, la grande ville du nord de la Grèce.
Les responsables des pays riches et émergents du G-20 se tiennent prêts à réagir à Los Cabos au Mexique où ils se réunissent lundi, tandis que les marchés financiers asiatiques sont sur le qui-vive.
Colère, espoir et anxiété
Les électeurs grecs paraissent, eux, tiraillés entre colère, espoir et anxiété: "Bien sûr il y a un risque de voir la Grèce quitter l’euro mais tout cela a à voir avec une situation d’ensemble en Europe. Je pense que la solution sera globale" se rassure Tonia Katerini, une architecte de 54 ans, qui a voté Syriza dans le centre chic de Kolonaki.
Dans le quartier plus modeste de Pangrati, Kostas Yiannakopoulos, chômeur depuis quatre ans, place lui ses espoirs dans M. Samaras: M. Tsipras "nous sortirait de la zone euro", s’inquiète ce quinquagénaire qui va "bientôt devoir chercher (ses) repas à l’église" faute de revenus.
N’y tenant plus à quelques heures du scrutin, la chancelière allemande Angela Merkel avait jugé samedi "important" que les Grecs dégagent une majorité respectant ces engagements de rigueur. En clair, un appel à voter à droite. (ats/Newsnet)
Créé: 17.06.2012, 07h35
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