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Rendez-vous mondiaux de Genève

«La démocratie n’arrive pas du jour au lendemain»

Interview: Alain Jourdan. Mis à jour le 11.11.2013

Selon l’ancien président finlandais Martti Ahtisaari, les valeurs universelles sont en train de gagner du terrain.

Martti Ahtisaari, ancien président de la Finlande et Prix Nobel de la paix en 2008: «Les choses pourraient s’améliorer. Tout dépendra de la façon dont nous saurons saisir les opportunités qui se présentent.»

Martti Ahtisaari, ancien président de la Finlande et Prix Nobel de la paix en 2008: «Les choses pourraient s’améliorer. Tout dépendra de la façon dont nous saurons saisir les opportunités qui se présentent.»
Image: AFP

Débat public

Le 13 novembre, Martti Ahtisaari, ancien président de la Finlande, et José Ramos Horta, ancien président du Timor-Leste, sont les invités de la huitième édition des Rendez-vous mondiaux de Genève organisés par l’Unitar
et l’ONU. Inscrivez-vous sur le site Internet de l’ONU (www.unog.ch) avant le 8 novembre et adressez-leur vos questions en cliquant ici.

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L’ancien président de la Finlande, Prix Nobel de la paix en 2008, est à Genève mercredi. Martti Ahtissaari, 76 ans, est l’invité d’honneur de la 8e édition des Rendez-vous mondiaux de Genève. Il livrera, aux côtés de l’ancien président du Timor-Leste, José Ramos-Horta, lui aussi Prix Nobel de la paix, sa réflexion sur la paix et la démocratie. Avant sa venue, il a livré à la Tribune de Genève sa vision des événements qui secouent le monde.

La paix et la démocratie sont-elles des valeurs qui progressent ou qui régressent?

Je ne pense pas que la situation empire. Au contraire, les choses pourraient s’améliorer. Tout dépendra de la façon dont nous saurons saisir les opportunités qui se présentent. Il y a de nouveaux développements au niveau international. Les discussions de paix israélo-palestiniennes ont repris, le nouveau président iranien ouvre la porte à de nouvelles négociations qui pourraient amener une forme de paix dans la région. Ce sont de bons signes.

Quel regard portez-vous sur les printemps arabes?

Ce qui est intéressant, c’est la nature des revendications portées par les gens qui sont descendus dans la rue. Ils réclamaient la démocratie, la sécurité, le respect des droits humains… Bref, ils réclamaient l’accès à des droits universels. Evidemment, iI faudra du temps pour atteindre tous ces objectifs. Mais ce qui compte, c’est que ces idées gagnent du terrain.

Et que pensez-vous de ce qui s’est passé en Egypte?

Quand un changement a lieu dans un pays qui est dirigé d’une manière autoritaire, il ne faut pas être surpris que la démocratie ne surgisse pas du jour au lendemain. Ce qui s’est passé à l’issue des élections était prévisible. Les Frères musulmans étaient les seuls à être suffisamment organisés pour prendre le pouvoir. Les autres composantes de la société civile n’ont pas eu le temps de s’organiser. Après avoir été élus, ils ont adopté une Constitution faites pour eux-mêmes. Je crois qu’il faut inventer des mécanismes qui empêchent les mouvements extrémistes, lorsqu’ils sont élus, de tourner les lois à leur seul avantage.

Comment peut-on sortir de la crise syrienne?

En février dernier, le groupe de sages des Elders m’a demandé d’aller à New York pour rencontrer les ambassadeurs des cinq pays membres du Conseil de sécurité. J’y suis allé avec Kofi Annan pour essayer de voir si on pouvait faire quelque chose pour soutenir l’initiative de paix. Malheureusement, nous n’avons rien pu faire. Depuis, les choses ont changé. Lavrov et Kerry ont pu se parler les yeux dans les yeux. J’espère que c’est le début d’une coopération qui permettra d’enclencher un processus politique.

Y a-t-il une recette universelle pour résoudre les conflits?

Dans le cas de la Syrie, une élection parlementaire serait préférable. Cela créerait une nouvelle réalité politique avec un nouveau gouvernement. Et ce serait beaucoup moins controversé que l’élection d’un président. L’opposition ne va pas accepter qu’Assad se représente. Mais, surtout, elle n’acceptera pas que ce soit son administration qui organise le scrutin. Il faudrait confier cela à l’ONU.

Que pensez-vous de cette peur de l’islam qui gagne toute l’Europe?

Intellectuellement, l’islamophobie n’est pas justifiable. Là où se posent vraiment des problèmes avec l’islam, c’est dans les pays musulmans. Personne n’a été tué au Danemark après l’affaire des caricatures. Au Pakistan, en revanche, il y a eu des morts. Toutes les religions contiennent des éléments qui peuvent donner lieu à des interprétations dangereuses. Il ne faut pas accuser tous les musulmans d’êtres des islamistes. (TDG)

Créé: 11.11.2013, 11h09

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