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Scandale des écoutes

Cameron dément tout accord avec le groupe Murdoch

Mis à jour le 14.06.2012

Le Premier ministre britannique a démenti jeudi devant une commission d’enquête sur l’éthique de la presse avoir passé le moindre "accord" avec le groupe de Rupert Murdoch dans le scandale des écoutes.

David Cameron à son arrivée devant la commission ce jeudi.

David Cameron à son arrivée devant la commission ce jeudi.
Image: Reuters

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Le Premier ministre britannique David Cameron, contraint de s’expliquer jeudi devant une commission d’enquête sur ses liens avec le groupe Murdoch, a démenti tout accord entre son parti et cet empire de presse, malgré la divulgation à l’audience d’un texto embarrassant.

Arroseur arrosé, le chef du gouvernement s’est retrouvé dès 10H00 du matin sur le gril de la commission Leveson sur l’éthique des médias, qu’il a lui-même mise en place l’été dernier quand le scandale des écoutes téléphoniques s’est révélé dans toute son ampleur. Un exercice difficile pour le Premier ministre appelé à se justifier pendant six heures, en direct à la télévision et sous serment, sur ses relations avec le puissant patron de presse Rupert Murdoch et son groupe.

David Cameron a qualifié d’"absurde" l’"idée d’accords explicites" entre son parti et Murdoch, que les conservateurs sont soupçonnés d’avoir ménagé en échange d’un couverture médiatique favorable et notamment d’un ralliement de ses journaux pendant la campagne électorale de 2010.

Pas d'accord secret

"Je n’accorde aucun crédit non plus à la théorie d’un accord secret", a ajouté le Premier ministre. Il a toutefois admis que les liens entre la presse britannique et le pouvoir étaient "trop étroits" et qu’il faudrait à l’avenir "un peu plus de distance".

Une déclaration qui résonnait comme un aveu pour le chef du gouvernement. D’autant qu’il s’est retrouvé confronté à une nouvelle preuve de sa proximité avec une protégée de Murdoch, Rebekah Brooks, ex-directrice de News International, la division qui chapeaute ses journaux britanniques.

En 2009, celle-ci avait envoyé un texto de soutien à Cameron alors chef de l’opposition, juste avant le discours qu’il devait prononcer devant la conférence de son parti conservateur. "Je suis totalement avec toi", lui avait-elle écrit, "non seulement parce que nous sommes amis, mais aussi parce que professionnellement, nous sommes dans le même bateau". La jeune femme lui proposait aussi un "dîner à la campagne" pour discuter d’une affaire concernant le Times, un des journaux de Murdoch.

SMS embarrassants

Début mai, Rebekah Brooks, qui a été arrêtée à deux reprises dans l’affaire des écoutes, avait déjà révélé que le chef du gouvernement signait "lots of love" les messages de soutien qu’il lui adressait quand le scandale des écoutes faisait rage.

David Cameron s’est par ailleurs efforcé de justifier le recrutement d’un ancien rédacteur en chef du News of the World, le tabloïd au centre de ce scandale, comme responsable de sa communication. Rattrapé par le scandale, Andy Coulson avait ensuite été contraint à la démission.

Propriété de Rupert Murdoch, le News of the World, fermé précipitamment l’été dernier, est soupçonné d’avoir fait écouter 800 personnes pour obtenir des scoops. Mais l’épisode sans doute le plus embarrassant politiquement pour le Premier ministre reste le dossier du rachat -avorté- de BSkyB par Murdoch qui a tenté d’acquérir la totalité du bouquet satellitaire.

M. Cameron a notamment été accusé par des témoins d’avoir confié le dossier à un ministre, Jeremy Hunt, dont il savait qu’il était favorable à l’offre du magnat. Le prédécesseur de M. Hunt avait été dessaisi fin 2010 du dossier, après avoir affirmé qu’il avait "déclaré la guerre" au patron de presse.

L’audition de M. Cameron met un terme à une semaine au cours de laquelle la commission a entendu également deux de ses prédécesseurs, Gordon Brown et John Major. Ce dernier a clairement contredit les déclarations faites par Rupert Murdoch, qui avait assuré devant cette même commission n’avoir jamais rien demandé à un Premier ministre.

M. Major a raconté qu’en 1997, quelques mois avant des législatives, le magnat lui avait demandé de changer de politique européenne s’il voulait son soutien. (afp/Newsnet)

Créé: 14.06.2012, 12h11

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