Début du plus grand procès lié au putsch raté

TurquieEnviron 270 personnes, militaires pour la plupart, sont jugées à Izmir suite aux événements de juillet. Ils risquent chacun jusqu'à deux peines de prison à vie.

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Le procès de 270 personnes accusées d'avoir pris part à la tentative de putsch en juillet en Turquie, dont le prédicateur Fethullah Gülen, désigné comme son instigateur et jugé par contumace, s'est ouvert lundi à Izmir (ouest).

La première audience a démarré sous haute sécurité, a rapporté l'agence de presse progouvernementale Anadolu, précisant que des blindés légers de la gendarmerie ainsi que des drones et des chiens renifleurs avaient été déployés.

Les 270 accusés, dont 152 sont en détention préventive, sont jugés pour «tentative de renversement de l'ordre constitutionnel», «appartenance à une organisation terroriste» et «tentative de renverser le Parlement ou de l'empêcher de remplir ses devoirs». Ils risquent chacun jusqu'à deux peines de prison à vie.

Il s'agit pour la plupart de militaires, parmi lesquels figurent de nombreux ex-officiers de haut rang comme l'ancien général responsable de la région égéenne, Memduh Hakbilen, a indiqué Anadolu.

Le prédicateur exilé aux Etats-Unis Fethullah Gülen, désigné par les autorités comme l'instigateur de la tentative de putsch, ce que l'intéressé dément catégoriquement, est jugé par contumace.

Les autorités turques ont à plusieurs reprises demandé son extradition à Washington, qui a répondu que la décision appartenait à la justice. Les dirigeants turcs ont pressé le nouveau président américain Donald Trump de «hâter le processus judiciaire».

Les procédures judiciaires lancées après le putsch avorté sont d'une ampleur sans précédent en Turquie, où plus de 43'000 personnes ont été arrêtées dans des purges engagées après le 15 juillet et l'instauration de l'état d'urgence.

Plusieurs procès ont démarré ces dernières semaines et un tribunal a condamné au début du mois de janvier à de la prison à vie deux gendarmes reconnus coupables d'implication dans la tentative de putsch, premier jugement du genre.

Au-delà des putschistes présumés, les purges engagées après le 15 juillet visent les milieux prokurdes et les médias, ce qui a conduit des ONG à accuser le pouvoir de profiter de l'état d'urgence pour étouffer toute voix critique.

L'ampleur de ces mesures suscite aussi l'inquiétude de l'Occident, notamment de l'Union européenne, dont les relations avec la Turquie se sont dégradées ces derniers mois. (AFP/nxp)

Créé: 30.01.2017, 11h13

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