Attentat: un policier tué, l'EI revendique

Champs-ElyséesA trois jours de la présidentielle, un assaillant a visé des policiers dans le coeur de Paris jeudi soir.

Le secteur des Champs-Elysées est à éviter.
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Un policier a été tué et deux autres blessés jeudi lors d'un attentat revendiqué par le groupe Etat islamique sur l'avenue des Champs-Elysées à Paris, à trois jours de l'élection présidentielle française. L'auteur des coups de feu a été abattu.

«A 21h précisément, sur les Champs-Élysées, une attaque est intervenue visant des policiers et le car qui les abritait. Un policier a été tué, deux autres ont été blessés. Une passante a également été touchée. L'assaillant a été neutralisé lui-même par d'autres policiers», a déclaré jeudi soir le président François Hollande, en affirmant que la piste était «d'ordre terroriste».

Le groupe djihadiste Etat islamique (EI) a revendiqué l'attaque, qui s'est déroulée sur les très touristiques Champs-Elysées, au coeur de la capitale française, dans un communiqué publié par son organe de propagande Amaq. «L'auteur de l'attaque des Champs-Elysées dans le centre de Paris est Abu Yussef le Belge, et c'est un des combattants de l'Etat islamique», a écrit l'EI.

Déjà condamné à 20 ans

La justice antiterroriste s'est aussitôt saisie de l'enquête. L'assaillant présumé était visé par une enquête antiterroriste pour avoir manifesté son intention de tuer des policiers, selon des sources proches de l'enquête.

Il avait été condamné en février 2005 à quinze ans de réclusion pour trois tentatives d'homicide volontaire, dont deux visant des policiers. Son procès trouvait son origine dans une course-poursuite en 2001. Alors qu'il circulait au volant d'une voiture volée, armé d'un revolver, il avait percuté un véhicule conduit par deux frères dont l'un d'eux était élève policier.

Le chauffard avait pris la fuite à pied avant d'être rattrapé par le conducteur de la voiture percutée et son frère muni d'un brassard «police». Le chauffard avait tiré deux balles, les blessant grièvement tous deux au thorax. Il avait été arrêté peu après et placé en garde à vue sous un faux nom. Deux jours plus tard, il avait grièvement blessé un policier qui le sortait de sa cellule et dont il avait saisi l'arme, faisant feu à plusieurs reprises.

Son domicile présumé, dans le département de la Seine-et-Marne en banlieue parisienne, a été perquisitionné. «L'identité de l'attaquant est vérifiée, des perquisitions sont en cours pour savoir s'il a bénéficié ou pas de complicités», a précisé sur place le procureur de Paris, François Molins.

Une touriste blessée

«L'agresseur est arrivé en voiture, est sorti. Il a ouvert le feu sur le car de police à l'arme automatique, a tué l'un des policiers et a essayé de s'en prendre aux autres en courant», a rapporté une source policière. Il a alors été abattu. Une touriste a été «légèrement blessée» par un éclat au cours des échanges de tirs.

Choukri Chouanine, gérant d'un restaurant dans une rue adjacente, a raconté à l'AFP avoir entendu une «fusillade brève» mais avec «beaucoup de tirs». «On a dû cacher nos clients dans nos sous-sols», a-t-il dit. Le quartier commerçant, en plein coeur de Paris, a été bouclé et d'importantes forces de police ont été déployées. Un hélicoptère survolait la zone dans la soirée.

Une vidéo qui semble avoir été prise au moment de l'attaque tourne sur internet:

Réactions internationales

Le président américain Donald Trump a rapidement réagi à l'annonce de l'attentat de Paris. «C'est une chose vraiment, vraiment terrible qui se passe dans le monde aujourd'hui», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre italien Paolo Gentiloni à la Maison Blanche. Cela «ne s'arrête tout simplement jamais», a-t-il ajouté. «Nous devons être forts et vigilants, et je répète cela depuis longtemps».

L'Allemagne se tient «de façon ferme et déterminée aux côtés de la France», a indiqué le ministère allemand des Affaires étrangères.

Cette fusillade intervient à trois jours du premier tour d'une élection présidentielle très indécise et sous très haute surveillance, alors que la France a subi en 2015 et 2016 une vague inédite d'attentats qui ont fait 238 morts, et ont visé à plusieurs reprises forces de l'ordre et militaires.

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Un autre attentat déjoué

En début de semaine, un nouvel attentat a été déjoué selon les autorités avec l'arrestation mardi de deux hommes soupçonnés de préparer «une action violente» et «imminente».

C.B. et M.M. ont été interpellés à la sortie d'un appartement de Marseille (sud-est), où les enquêteurs ont retrouvé un arsenal important, composé d'armes et de trois kilos d'explosif artisanal, du TATP. Les photos des deux suspects avaient été distribuées avant le week-end dernier aux services de sécurité des candidats à la présidentielle.

L'attaque de jeudi soir est intervenue pendant le dernier grand oral télévisé des onze prétendants, tous décidés à convaincre les nombreux indécis et abstentionnistes, avant la clôture officielle, vendredi à minuit, d'une campagne riche en rebondissements et à l'issue très incertaine.

En pleine campagne électorale

Quatre candidats sont en position de se qualifier pour le second tour, le 7 mai: la chef de file de l'extrême droite Marine Le Pen, le centriste Emmanuel Macron, le conservateur François Fillon et le héraut de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon. Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont à l'heure actuelle donnés en tête des intentions de vote, suivis de près par M. Fillon et M. Mélenchon,.

Marine Le Pen et le conservateur François Fillon ont annoncé jeudi soir l'annulation de leurs derniers déplacements prévus vendredi, à la lumière des événements de jeudi. Emmanuel Macron a réagi en direct jeudi soir en témoignant sa «solidarité à l'égard de nos forces de police». Ses rivaux ont également manifesté leur émotion sur les réseaux sociaux.

Marine Le Pen a musclé ces derniers jours son discours sur les thématiques traditionnelles de son parti, l'immigration et la sécurité. Elle a répété jeudi soir qu'elle serait «d'une fermeté absolument totale» face au risque terroriste, en dénonçant le «laxisme» des autorités françaises. «La lutte contre le terrorisme doit être la priorité absolue du prochain président», a quant à lui conclu François Fillon.

(AFP/nxp)

Créé: 21.04.2017, 02h10

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