Document capital
Obama réussit à isoler l’Iran sur le nucléaire
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Le dernier rapport du gendarme du nucléaire tombe à pic! Livré lundi par le directeur de l’Agence internationale à l’énergie atomique (AIEA), Mohamed El Baradei, le contenu de ce document confidentiel de sept pages a tout de suite été ébruité par les chancelleries occidentales. Car le ton de réprimande est inhabituel.
L’agence onusienne de Vienne sermonne l’Iran sur le blocage des négociations entamées à Genève en octobre. Elle déplore aussi que la République islamique ne lui fournisse toujours pas l’ensemble des informations qu’elle est en mesure d’exiger légalement. Et elle redoute que d’autres sites nucléaires aient été dissimulés à ses inspecteurs. Elle accuse enfin l’Iran de lui avoir sciemment menti sur la date de construction du site clandestin d’enrichissement d’uranium de Qom. Les fondations du bunker auraient été coulées en 2002. Or, Téhéran affirmait que le début des travaux avait eu lieu cinq ans plus tard.?
La duplicité de Téhéran
Pour Barack Obama, en visite officielle en Chine, ce document est une aubaine. Il veut obtenir de Pékin un soutien entier sur ce dossier. Les informations contenues lui permettent de mettre le régime de Pékin devant ses responsabilités. Les Américains voulaient montrer qu’ils avaient tout fait pour ramener l’Iran dans le giron de la communauté internationale. Ils ont dans le même temps laissé les Français se montrer plus agressifs envers les négociateurs iraniens. Désormais, preuve est faite de la duplicité de Téhéran.
Solidarité nouvelle
Dans un communiqué commun, les Etats-Unis et la Chine ont hier fait part de leur «préoccupation face aux derniers développements concernant le nucléaire iranien». La Russie les a rejoints, appelant l’Iran à «répondre positivement à la proposition de l’AIEA». Une belle unité, qui renforce le président américain. Car, plus que tout, Obama souhaite afficher une solidarité nouvelle entre membres du Conseil de sécurité, traditionnellement opposés sur la manière de réagir aux ambitions régionales de l’Iran. Les services de renseignements américains doutent des capacités d’un l’Iran belliqueux à se doter de la bombe avant 2013. Chacun s’accorde à penser que la politique américaine de la main tendue a déstabilisé les cercles du pouvoir à Téhéran. Les luttes internes seraient ainsi en partie responsables du blocage.
En laissant les Iraniens répéter inlassablement en négociation qu’ils ne cesseront jamais d’enrichir leur uranium, Washington met Moscou et Pékin en porte-à-faux. Et ouvre la voie à l’idée de nouvelles sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU, voire à une nouvelle résolution. (TDG)
Créé: 06.12.2011, 10h06
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