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Guerre chimique

Pourquoi le sarin est-il une arme interdite?

Par Sandrine Perroud. Mis à jour le 06.05.2013 3 Commentaires

Les insurgés syriens sont suspectés de faire usage de sarin dans leur guerre contre le régime du président Bachar Al-Assad. D’où vient cette substance, quels sont ses effets, a-t-elle déjà été utilisée? Le point.

1/10 Londres affirme avoir des preuves «physiologiques» de l'utilisation du gaz sarin en Syrie «très probablement» par le régime de Bachar al-Assad. (mercredi 5 juin).
Bild: AFP

   

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Le sarin est au cœur de l'actualité depuis dimanche soir. Selon Carla del Ponte, membre de la Commission d'enquête sur la Syrie – dépendant du Conseil des droits de l'homme de l'ONU – les rebelles syriens feraient usage de cette arme chimique dans leurs attaques contre les troupes de Bachar Al-Assad.

Le recours à cette arme de destruction massive pourrait changer la donne du conflit. Car, après avoir soulevé le soupçon, la prochaine étape de la Commission d'enquête sur la Syrie sera donc de découvrir comment les rebelles ont pu s'en procurer. Le point sur son origine et ses usages passés.

Découverte

Inodore et invisible, le sarin a été découvert en Allemagne, en 1938. C'est en travaillant sur de nouveaux pesticides que des chimistes allemands d'IG Farben l'ont mis par hasard au point. Il tient ainsi son nom de ses inventeurs: Schrader, Ambros, Rüdiger et Van der Linde.

La substance a été classée dans la famille des organophosphorés. Ses composants attaquent le système nerveux de l'homme. Les Britanniques ont créé une version dix fois plus destructrice du sarin en 1952, le gaz VX.

Toxicité

Le sarin est un neurotoxique. Il provoque un arrêt cardio-respiratoire par inhalation ou par simple contact avec la peau, qui le fait passer directement dans le sang. La dose létale est d'un demi-milligramme pour un adulte. Une dose infime, qui vaut à cette substance d'être considérée comme 500 fois plus toxique que le cyanure.

Les victimes se plaignent d'abord de maux de tête violents et présentent des pupilles contractées. Surviennent ensuite, juste avant l'asphyxie, des convulsions, des nausées et diarrhées, un arrêt respiratoire et un coma.

Diffusion

Le sarin peut être placé sous forme d'échantillon dans un obus, une bombe ou sur la tête d’un missile. Il peut aussi servir à empoisonner l'eau ou la nourriture.

Antidote

Les injections d’atropine, de pralidoxime ou de diazepam sont les seuls antidotes connus à ce jour. Ces composants peuvent être combinés. Les personnes qui survivent à une exposition au produit chimique peuvent toutefois souffrir de graves séquelles neurologiques.

Interdiction

Le sarin de combat est considéré comme une arme de destruction massive par les Nations Unies depuis 1991.

Sa production et sa conservation sont interdites depuis 1993. Mais six pays, dont la Syrie, n'ont jamais ratifié la convention bannissant son usage. Les autres ont enterré leurs stocks, ont converti le produit dans un usage pacifique ou l'ont isolé dans du béton.

Utilisé par l'Allemagne nazie et la France

L'usage le plus connu du sarin remonte au 20 mars 1995. Des membres de la secte japonaise Aoum Shinrikyo en avaient diffusé dans le métro de Tokyo, entraînant la mort de douze personnes et causant des milliers de blessés. Le groupe avait dissimulé la substance dans des boîtes en métal et avant de les percer à coups de parapluies. Une précédente attaque d’un immeuble par la secte Aoum s’était produite en 1994.

Avant cet acte terroriste, des combat au sarin avaient été menés par les Nazis ou encore par la France dans la guerre d'Algérie.

Son stockage en masse a servi d'arme de dissuasion pour l'ex-URSS et les Etats-Unis durant la Guerre froide. Cet agent chimique a également été utilisé dans les années 1980 durant la guerre Iran-Irak.

Stock syrien

La régime de Bachar Al-Assad possède l'un des plus grands stocks de sarin au monde. De manière générale, la réserve syrienne en armes chimiques est à ce jour considérée comme l’une des plus importantes du Moyen-Orient. Le pays posséderait également du gaz VX et du gaz moutarde.

C'est la première fois que le camp rebelle est soupçonné d'utilisation d'une arme chimique. En plus de deux ans de conflit, les observateurs ont régulièrement exprimé leurs craintes que le pouvoir en place en fasse usage. Le 25 avril dernier, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont même officiellement affirmé que le régime y avait «probablement» eu recours. (Newsnet)

Créé: 06.05.2013, 14h05

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3 Commentaires

Bernard Giossi

06.05.2013, 16:37 Heures
Signaler un abus 11 Recommandation 1

A quand un "Mur International de l'Inhumanité" pour afficher tous ces braves scientifiques et techniciens qui ont inventé, perfectionné et produit de telles monstruosités? Répondre


mike watson

06.05.2013, 15:24 Heures
Signaler un abus 7 Recommandation 4

l'arroseur arrosé comme on dit... encore heureux que le régime Syrien n'est pas l'arme nucléaire...toutes ces saloperies finissent toujours par nous revenir dans la figure... ! Répondre



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