Arabie saoudite
Le prince héritier enterré à La Mecque
La prière de la mort a été dite dans l'enceinte de la Grande mosquée de La Mecque devant la dépouille du défunt recouverte d'un simple manteau en tissu ocre. La cérémonie a eu lieu sous le regard attristé du roi Abdallah, entouré de membres de la famille royale et en présence de nombreux chefs d'Etat et de gouvernement islamiques.
Le défunt a ensuite été porté en terre dans un cimetière attenant à la Grande mosquée, le premier lieu saint de l'islam situé dans l'ouest de l'Arabie saoudite. La dépouille du prince est arrivée dimanche en milieu de journée à l'aéroport international de Jeddah et a été transportée par la route à La Mecque.
L'actuel ministre saoudien de la Défense, le prince Salmane ben Abdelaziz, 76 ans, qui apparaît comme le successeur le plus probable du prince Nayef, était à la tête des dignitaires qui ont accueilli la dépouille.
Selon une source médicale, le prince Nayef, demi-frère du roi Abdallah, est décédé de «problèmes cardiaques» alors qu'il se trouvait à Cologny (GE), dans la résidence ayant appartenu à son frère le prince Sultan, un octogénaire décédé en octobre 2011, auquel il avait succédé comme prince héritier.
Le décès du deuxième prince héritier en huit mois illustre le vieillissement de la dynastie des Al-Saoud, qui dirige la principale puissance pétrolière mondiale. L'Arabie saoudite, située au coeur d'une région en pleine mutation politique, va devoir maintenant désigner à nouveau un successeur au roi Abdallah, lui-même âgé de 88 ans. Ce dernier est apparu à la télévision samedi posture voûtée et marchant à l'aide d'une canne.
Salmane favori
La nomination du nouveau prince devrait passer ou du moins être entérinée par le «Conseil d'allégeance» établi en 2006 pour institutionnaliser le processus de transition. Constitué de 35 princes, il est présidé par le doyen des Al-Saoud, le prince Mechaal ben Abdelaziz, demi-frère du roi.
Lors du décès du prince Sultan, le roi Abdallah s'était borné à informer «le Conseil d'allégeance» de sa décision de nommer le prince Nayef. Jusqu'ici, cinq des fils du roi Abdelaziz se sont déjà succédé à la tête du pays depuis sa mort en 1953 en vertu de la règle de succession horizontale.
Rivalités
Le passage à une nouvelle génération pourrait cependant exacerber les rivalités, car il faudrait décider quelle lignée serait privilégiée parmi les fils du roi Abdelaziz, selon les analystes. Quoiqu'il en soit, le processus de succession dans cette monarchie ultra-conservatrice reste opaque.
Le prince Nayef était considéré comme un homme à poigne qui a dirigé pendant 37 ans le ministère de l'Intérieur, supervisant la lutte contre Al-Qaïda et sévissant contre toute forme d'opposition à la dynastie. Il avait entretenu de bonnes relations avec les milieux religieux tenants de l'orthodoxie et il était le partisan d'une ligne dure à l'égard de l'Iran et de la minorité chiite du royaume.
Hommage de la Suisse
La Suisse a fait part samedi de sa «grande tristesse», a précisé un communiqué du Département fédéral des finances (DFF). La présidente de la Confédération Eveline Widmer-Schlumpf a présenté ses sincères condoléances au nom de la Suisse et du Conseil fédéral aux autorités saoudiennes ainsi qu'au peuple saoudien. (ats/Newsnet)
Créé: 17.06.2012, 20h13
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