La Une | Jeudi 17 avril 2014 | Dernière mise à jour 14:17
Energie

Ruée vers le gaz et le pétrole de schiste aux Etats-Unis

Mis à jour le 03.01.2012 3 Commentaires

Le français Total, le chinois Sinopec ou le fonds américain KKR multiplient les opérations pour acquérir le pétrole et le gaz de schiste des Etats-Unis.

Une plate-forme de forage de gaz de schiste dans le Dakota du Nord.

Une plate-forme de forage de gaz de schiste dans le Dakota du Nord.
Image: AFP

Le pétrole et gaz de schiste aux Etats-Unis suscite un appétit vorace de la part de géants internationaux comme le français Total, le chinois Sinopec ou le fonds américain KKR, dans un contexte de raréfaction des gisements d'hydrocarbures traditionnels.

Depuis quelques mois les transactions s'accélèrent, avec deux opérations majeures sur la seule journée de mardi.Devon Energy a ainsi annoncé que Sinopec, le plus grand raffineur chinois, allait acquérir un tiers de cinq de ses nouveaux projets, un investissement de 2,5 milliards de dollars dont 1,6 milliard de dollars en remboursements de coûts d'exploration et forage.

Parallèlement, Total s'est associé au groupe d'hydrocarbures gazier Chesapeake Energy et à son partenaire EnerVest en prenant une participation de 25% dans leurs gisements de gaz de schiste dans l'Ohio (nord des Etats-Unis) pour 2,3 milliards de dollars.

Total avait indiqué en novembre son intention de renforcer ses activités dans ce domaine aux Etats-Unis, alors que l'exploitation des gisements de schiste est interdite en France, en raison des risques pour l'environnement.

Fin novembre, le fonds d'investissement KKR avait racheté l'américain Samson pour 7,2 milliards de dollars, confortant son portefeuille d'actifs dans ce secteur, qui est l'un de ses axes stratégiques d'investissement.

«Les Etats-Unis disposent d'une avance technologique dans l'exploitation du pétrole et du gaz non conventionnels», souligne Mark Hanson, analyste chez Morningstar, pour expliquer cet engouement.

La Chine en particulier dispose de réserves colossales de gaz de schiste, qui pourraient aider à satisfaire ses besoins énergétiques en rapide expansion, mais le pays manque d'expertise pour les mettre en valeur, et l'acquisition de Sinopec peut ainsi lui permettre d'acquérir ce savoir-faire.

Mais Total, qui avait déjà racheté en 2010 une part de Chesapeake, spécialiste des hydrocarbures non conventionnels, pour 2,25 milliards de dollars, a lui aussi laissé entendre qu'il souhaitait acquérir une meilleure expertise technologique.

«Nous avons beaucoup appris de Chesapeake», avait ainsi déclaré en novembre John Bannerman, directeur des activités aux Etats-Unis de Total.«Ce sont des entreprises relativement petites» qui ont été à l'avant-garde de l'investissement dans ces nouvelles ressources, pas les géants mondiaux«, remarque M. Hanson.

Le numéro un mondial du pétrole ExxonMobil avait déclenché fin 2009 ce mouvement de consolidation du secteur des pétroles et gaz de schiste aux Etats-Unis en déboursant la somme record de 41 milliards de dollars pour son compatriote XTO Energy, pionnier du pétrole et gaz »non conventionnels«.

Par ailleurs, si les prix du gaz naturel restent déprimés, ceux du pétrole restent soutenus, à plus de 100 dollars le baril. Tout gisement contenant du pétrole de schiste offre ainsi de lucratives perspectives d'exploitation, dans un cadre politique plus stable que dans de nombreuses autres zones de la planète, au Moyen-Orient ou en Afrique.

L'opération de mardi «s’inscrit dans notre stratégie de développement dans des gisements non conventionnels offrant un fort potentiel et avec en l’occurrence une valorisation majoritairement liée au prix du brut«, a ainsi justifié Yves-Louis Darricarrère, l'un des responsables de Total.

La roche de schiste contient aussi beaucoup de gaz naturels tels que le propane et le butane »qui sont facilement compressibles et peuvent donc être liquéfiés. Ils se vendent au prix fort« par rapport à un gaz naturel comme le méthane, explique M. Hanson.

L'exploitation des pétroles et gaz de schiste, plus compliquée et coûteuse que celle des hydrocarbures traditionnels, reste en outre moins chère et risquée que celle des gisements offshore, conclut M. Hanson (afp/Newsnet)

Créé: 03.01.2012, 19h49

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

Caractères restants:

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

3 Commentaires

raymond baud

03.01.2012, 19:56 Heures
Signaler un abus

Et les dégâts à l’environnement sont considérables. Répondre


Ma Dalton

03.01.2012, 23:34 Heures
Signaler un abus

A quoi cela sert-il d'avoir du pétrole ou du gaz si l'eau du robinet devient impropre à la consommation? je plains les Américains, quant aux Français, les compagnies pétrolières cherchent déjà à détourner la loi: voir le colloque du 17 janvier à Paris "le bouquet énergétique dans tous ses états"! Répondre



Le compte Twitter de la rubrique Monde

L'actualité croquée par Herrmann

Service clients

  • Abonnements et renseignements
    Nous contacter
    lu-ve 8h-12h/13h30-17h
    Tél. 0842 850 150, Fax 022 322 33 74
    Depuis l'étranger: +41 22 322 33 10
    Adresse postale: Service clients
    CP 5306 - 1211 Genève 11