Le régime marxiste avait aussi des comptes HSBC

VenezuelaSwissLeaks révèle que le pays de Chavez déposait de grosses sommes sur des comptes secrets en Suisse.

Rodolfo Marco Torres, président de la Banque du Trésor à l’époque des faits et actuel ministre des Finances vénézuélien.

Rodolfo Marco Torres, président de la Banque du Trésor à l’époque des faits et actuel ministre des Finances vénézuélien. Image: Reuters

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Le Venezuela est le 3e pays, derrière la Suisse et la Grande-Bretagne, en ce qui concerne l’importance des montants déposés sur les comptes secrets HSBC, à savoir 14,8 milliards de dollars. Un comble pour l’un des derniers régimes marxistes de la planète! L’information n’aurait rien de très étonnant – le pétrole fabrique des fortunes – si 85% de ces fonds n’appartenaient pas à des institutions étatiques et socialistes.

Selon Joseph Poliszuk et Emilia Díaz-Struck, deux journalistes d’investigation qui ont travaillé sur l’affaire SwissLeaks, HSBC avait 1138 clients vénézuéliens avant 2008, date à laquelle Hervé Falciani a récupéré la fameuse liste qui porte désormais son nom. Parmi ceux-ci figurent le Ministère vénézuélien des finances et la Banque du Trésor, «née en révolution» comme l’indiquent toutes ses affiches, lesquels ont ouvert plusieurs comptes à la fin de 2005 pour un montant total de 12,6 milliards de dollars.

«On ne sait rien de cet argent. Il n’apparaît nulle part dans les comptes de la nation, pourquoi l’avoir ainsi caché en Suisse? Et qu’est-il devenu depuis 2008?» se demande le député Carlos Berrizbeitia, qui fait remarquer que la somme représente la moitié des réserves internationales actuelles du Venezuela. L’opposant, déçu par le manque de transparence de l’Etat, est persuadé que le gouvernement ne lui donnera pas de réponse. Les principaux intéressés sont restés complètement muets, en premier lieu Rodolfo Marco Torres, alors président de la Banque du Trésor et actuel ministre des Finances.

Figure de la révolution

L’autre personne qui a ouvert des comptes en tant qu’avocat du Trésor public en 2005 avant de prendre la tête de l’institution en 2007 n’est pas plus prolixe. Alejandro Andrade est pourtant l’une des figures historiques de la révolution bolivarienne. Compagnon d’Hugo Chavez pendant son coup d’Etat manqué en 1992, puis garde du corps personnel du leader lors de son accession au pouvoir en 1999, il a occupé plusieurs postes à haute responsabilité, notamment celui de président du Bandes (Banque de développement social).

Détournement

Un câble du Département d’Etat américain filtré par WikiLeaks le décrit comme le membre d’un «réseau de corruption» interne au gouvernement vénézuélien, mais Alejandro Andrade semble aussi avoir réussi à négocier l’obtention de son visa états-unien. Riche propriétaire de haras, il vit désormais à Wellington, en Floride, aux côtés de célébrités comme Bill Gates ou Madonna. «Andrade pourrait s’être servi dans le compte à 700 millions du Trésor public et pourrait même continuer de le gérer, mais on ne sait rien», commente Alejandro Rebolledo, avocat spécialisé en blanchissement d’argent. Mercredi, le président Nicolas Maduro et la Banque du Trésor n’avaient toujours pas réagi. (TDG)

Créé: 11.02.2015, 20h41

Cameron embarrassé

L’affaire des évadés fiscaux de HSBC embarrasse le gouvernement britannique. L’enquête SwissLeaks menée par plusieurs médias internationaux a fait l’effet d’une bombe au Royaume-Uni, où la banque incriminée a son siège social. Au cœur de la tourmente, Stephen Green, pasteur anglican et président du groupe HSBC au moment des faits dévoilés par l’enquête. Lord Green est entré au gouvernement de David Cameron, en tant que ministre du Commerce et de l’Investissement, en janvier 2011, soit huit mois après les premières révélations sur la banque britannique. En mai 2010, Christine Lagarde, alors ministre française des Finances, avait transmis les fichiers dérobés à HSBC aux autorités compétentes de tous les pays européens, y compris le Royaume-Uni. L’établissement est accusé d’avoir fermé les yeux sur l’évasion fiscale des clients de sa filiale suisse ou même de les avoir aidés à frauder le fisc dans leur pays d’origine. De son côté, Stephen Green, qui a quitté le gouvernement en 2013, a choisi le silence.
S.P-R

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