Egypte
L’état de santé de Hosni Moubarak se dégrade
Mis à jour le 02.06.2012 1 Commentaire
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Bagarre après le verdict
Moubarak vivrait confortablement installé dans un hôpital
Hosni Moubarak, qui avait fait sensation en se présentant au début de son procès allongé sur une civière, aurait en réalité attendu le verdict, prévu ce samedi, confortablement installé dans un hôpital apparemment en bonne santé, rapportent des médias égyptiens et une source.
D’après le journal égyptien «Al Watan», il mène une vie d’ancien dirigeant choyé. L’ex-«raïs» fait de l’exercice physique et de la nage, assisté par des médecins et sa famille, dans l’enceinte du Centre médical international du Caire (IMC), un vaste complexe médical situé à la périphérie de la capitale égyptienne.
Cet homme âgé de 84 ans occupe une vaste suite dotée de chambres attenantes pour visiteurs de passage, avec une piscine et un gymnase équipé de matériels dernier cri, précise le journal dans son article publié mardi.
Il y a reçu plusieurs visiteurs de marque étrangers venant du Golfe, dont les dirigeants du Koweït, du sultanat d’Oman et des Emirats arabes unis.
Selon des comptes rendus publiés dans d’autres journaux égyptiens ces derniers mois et qui sont confirmés, Moubarak est en bien meilleure santé que les jours où il a comparu devant ses juges allongé sur un brancard. «Moubarak est en excellente santé. L’ancien chef de l’Etat a toutes les chances d’être toujours parmi nous, même après le verdict», a expliqué cette source à l’hôpital qui a été en contact avec l’illustre pensionnaire.
Toujours selon cette source, Moubarak est libre de se promener dans le parc de l’établissement ou de nager dans la piscine. Il dispose d’une équipe de médecins comprenant notamment un kinésithérapeute. Le patient reçoit également des visiteurs du monde arabe ainsi que des membres du Conseil suprême des forces armées (CSFA, qui assure le pouvoir à titre provisoire).
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"Hosni Moubarak a souffert d’un problème de santé surprise à son arrivée en hélicoptère à la prison de Tora", dans le sud du Caire, ont indiqué la télévision et l’agence officielle Mena, sans donner de précisions. Un masque à oxygène lui a été appliqué, selon des sources de sécurité.
Suite au verdict, Hosni Moubarak a été transféré du tribunal vers l’aile médicalisée de la prison de Tora, pour y purger sa condamnation. Il était jusqu’à présent en détention préventive dans un hôpital militaire. Sa santé -cancer, dépression, problèmes cardiaques...- fait l’objet depuis sa chute en février 2011 d’informations fragmentaires et souvent contradictoires.
Moubarak en pleurs
Tout au long de son procès, comme le jour du verdict, il est apparu devant les juges allongé sur une civière, enfermé dans un box grillagé.
Le président égyptien déchu a refusé en pleurant de quitter l’hélicoptère en arrivant à la prison du Tora, avait indiqué auparavant un responsable des services de sécurité. "Il pleurait et ne voulait pas quitter l’hélicoptère. Des membres de la sécurité ont dû le convaincre de sortir", a assuré ce responsable.
Moubarak fera appel
Comme pendant toutes les audiences de son procès, M. Moubarak a comparu couché sur une civière en raison de son état de santé, qui a fait l’objet de nombreuses spéculations. Ses opposants l’accusent en effet de jouer la comédie pour s’attirer la compassion de la population. Le regard cette fois caché par des lunettes de soleil, il est resté impassible tout au long de l’audience, souvent les bras croisés.
Premier des dirigeants emportés par le "Printemps arabe" à comparaître en personne devant un juge, M. Moubarak était jugé depuis le 3 août 2011. La peine capitale avait été requise contre l’ancien chef d’Etat, qui plaidait non coupable.
Son ancien ministre de l’Intérieur Habib el-Adli, jugé lui aussi pour la mort de plus de près de 850 personnes lors de la révolte populaire de janvier/février 2011, a également été condamné à la prison à vie. Six anciens hauts responsables des services de sécurité ont en revanche été acquittés.
Fils acquittés
Les deux fils de M. Moubarak, Alaa et Gamal, qui comparaissaient également, n’ont pas été condamnés, les faits de corruption qui leur étaient reprochés étant prescrits, selon le président de la cour, le juge Ahmed Rifaat. Alaa et Gamal Moubarak, vêtus de la tenue blanche des prévenus, avaient l’air grave et les yeux cernés. Les deux hommes ont eu les larmes aux yeux après la lecture des verdicts.
Un autre procès les concernant doit toutefois s’ouvrir prochainement, pour une affaire de corruption boursière. Yasser Bahr, l’un des avocats de M. Moubarak, a indiqué qu’il ferait appel. "Ce verdict est plein de failles juridiques. Nous allons gagner (en appel) à un million pour cent", a-t-il dit.
L’avocat et militant reconnu des droits de l’Homme Hossam Bahgat a de son côté estimé que "le verdict soulève plus de questions qu’il n’apporte de réponses". "Les Egyptiens se sentent vengés de voir Moubarak et son ministre de l’Intérieur condamnés à la prison à vie, mais (...) la cour semble ne pas avoir trouvé de preuves que les meurtres aient été commis par des policiers. Il semble que la cour ait condamné Moubarak et Adli pour avoir échoué à empêcher les meurtres", a-t-il ajouté.
Heurts au tribunal
De brefs heurts ont éclaté après la lecture des verdicts devant le bâtiment mais aussi à l’intérieur de la salle d’audience. "Nul et non avenu! Nul et non avenu!", "Le peuple veut la purge de la justice!", ont crié des avocats, furieux après l’acquittement des six responsables de la sécurité et l’annonce de la prescription des charges contre Alaa et Gamal Moubarak.
Le juge Rifaat a dit avoir pris sa décision en ayant "la conscience tranquille". Il a eu a des mots très durs pour la situation de l’Egypte pendant les trente années de règne de M. Moubarak, en faisant notamment référence à la pauvreté de la population et à ceux qui vivaient dans "la pourriture des bidonvilles".
Il a également rendu hommage aux manifestants qui s’étaient soulevés contre le régime au début de l’année dernière. "Ils se dirigeaient vers la place Tahrir pacifiques, demandant seulement justice, liberté, démocratie", a-t-il lancé.
Sous très haute sécurité
L’audience s’est tenue sous très haute sécurité. Des centaines de policiers anti-émeutes et des blindés de l’armée entouraient le bâtiment pour prévenir les heurts qui se sont produits à plusieurs reprises par le passé devant le bâtiment entre pro et anti-Moubarak.
Devant le tribunal, une vingtaine de membres des familles de victimes, venus d’Alexandrie, brandissaient des portraits de leurs "martyrs". "Exécution pour le fils de chien!", "Trente ans de torture et de meurtre de la jeunesse, il faut que le déchu soit exécuté", scandaient-ils.
Ce verdict intervient en pleine élection pour la désignation du successeur du président déchu, lors d’un scrutin pluraliste qui tranche avec les votes acquis d’avance largement boudés par les électeurs qui lui avaient permis de rester au pouvoir.
Une élection qui verra s’affronter au second tour, les 16 et 17 juin, Mohammed Morsi, candidat des Frères musulmans -un mouvement autrefois illégal même s’il était toléré dans les faits- et le dernier Premier ministre de M. Moubarak, Ahmad Chafiq.
Ancien chef de l’armée de l’air égyptienne puis vice-président d’Anouar al-Sadate, M. Moubarak est arrivé à la tête du pays le plus peuplé du monde arabe -82 millions d’habitants- après l’assassinat de ce dernier en 1981. (afp/ap/Newsnet)
Créé: 02.06.2012, 07h52
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La rédaction
1 Commentaire
S'il était honnête et ne jouerait pas la comédie il ne mettrait certainement pas de lunettes noir pour ce cacher et ce morfondre sur sa maladie imaginaire. Il faudrait que personne et surtout les juges ne se laissent prendre par ce jeux pour éviter qu'il soit emprisonné. Je suis sûr que lorsqu'il est hors du tribunal il se déplace comme tout le monde... /.-( Répondre
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