Portrait
Hosni Moubarak, un homme fort emporté par le «printemps arabe»
Mis à jour le 20.06.2012 4 Commentaires
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A 84 ans, l'ancien "raïs" se trouverait même en état de mort clinique, selon certaines sources rapidement démenties par les généraux, ces pairs qui l'ont poussé vers la sortie le 11 février 2011 afin de tenter de contrôler la "révolution du Nil" déclenchée par une jeunesse mobilisée par centaines de milliers sur la place Tahrir du Caire.
Depuis sa disgrâce, l'ancien homme fort était paraît-il devenu fragile, sans qu'aucune expertise médicale indépendante ne vienne préciser ses problèmes de santé. Lors des différentes audiences de son procès, il est entré dans le box des accusés allongé sur une civière, ce qui n'a pas ému la population ni les juges, qui l'ont condamné le 2 juin à la prison à perpétuité pour la mort de manifestants durant le soulèvement de janvier et février 2011.
Un peu plus de deux semaines plus tard, Hosni Moubarak a été transféré mardi soir de sa prison à un hôpital militaire cairote après une dégradation de son état de santé. Au même moment, les Frères musulmans qu'il a toujours réprimés manifestaient à nouveau sur la place Tahrir pour exiger de l'armée qu'elle les laisse assumer le pouvoir qu'ils disent avoir obtenu dans les urnes.
Fils de fonctionnaire
Hosni Moubarak naît le 4 mai 1928 au village de Kfar el Moseilha, dans le delta du Nil. Fils d'un petit fonctionnaire, il rejoint l'académie militaire en 1947, optant ultérieurement pour l'armée de l'air, dont il deviendra général.
Il perfectionnera sa formation en Union soviétique, où il apprendra à piloter des bombardiers, avant de devenir en 1967 directeur de l'académie de l'armée de l'air, puis, en 1969, chef d'état-major de l'aviation égyptienne.
Sous la houlette du président Anouar Sadate, Moubarak prépare la guerre du Kippour de 1973, qui permet à l'Egypte de reprendre pied dans le Sinaï, lavant ainsi l'humiliation que l'armée israélienne lui a infligée en occupant la péninsule à la faveur de la Guerre des six-jours de 1967. En 1975, il est nommé vice-président.
Il frôle la mort avec Sadate
Hosni Moubarak échappe de peu à la mort un première fois le 6 octobre 1981, lors de l'assassinat de Sadate par un militaire islamiste, et survit ensuite à plusieurs tentatives d'assasinat, dont une spectaculaire contre son convoi en 1995 à Addis-Abeba.
Maintenant l'alliance statégique avec les Etats-Unis nouée sous Sadate, Moubarak se joint à la coalition qu'ils mettent sur pied en 1990 pour chasser l'Irak qui venait d'envahir le Koweït. En retour, Washington soulage le fardeau de la dette égyptienne, avant de lui accorder une aide militaire et civile cruciale.
Mais en 2003, il s'opposera ouvertement à l'invasion de l'Irak par l'administration de George W. Bush, qui, prédit-il, débouchera sur le chaos. Il cédera certes aux pressions du président américain en organisant deux ans plus tard les premières élections pluralistes de l'histoire du pays.
Vieilles méthodes du régime
Mais une fois retombé le projet éphémère de George W. Bush pour un "Grand Moyen-Orient" démocratique, Moubarak renoue avec les vieilles méthodes du régime et les législatives de novembre 2010 sont encore moins honnêtes que tous les précédentes.
Le triomphe du parti au pouvoir, qui remporte 90% des sièges tandis que les Frères musulmans perdent les 88 députés élus cinq ans plus tôt, est la goutte d'eau qui fait déborder le vase aux yeux de l'opposition, toutes tendances confondues.
Lorsque, en janvier 2011, les Tunisiens parviennent à renverser Zine ben Ali, donnant ainsi le coup d'envoi du "printemps arabe", la jeunesse égyptienne se soulève à son tour, jusqu'à provoquer sa chute.
Pas de chaos après Sadate
Ses partisans lui savent gré d'avoir évité le chaos après l'assassinat de son prédécesseur Anouar Sadate en 1981, d'avoir tenu le pays depuis à l'écart des conflits régionaux et d'avoir renoué avec le reste du monde arabe des relations rompues lors du traité de paix de 1979 avec Israël, sans pour autant renier celui-ci.
Tandis qu'il semble désormais lutter contre la mort, les Egyptiens ne savent toujours pas qui de l'armée, au pouvoir depuis 1952, ou des islamistes lui succèdera à la tête du pays. (Marc Delteil et Bertrand Boucey pour le service français) (afp/reuters/Newsnet)
Créé: 20.06.2012, 07h58
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4 Commentaires
Il serait temps de revoir notre vocabulaire! Contrairement à la définition commune et fort ancienne, tout homme qui utilise la corruption, la prévarication et la violence pour accaparer et conserver le pouvoir public (ou pour tout autres buts) n'est en aucun cas un homme fort, mais un quelqu'un qui a abdiqué son humanité et renié ses devoirs élémentaires envers ses semblables. Répondre
Ils nous ont déjà fait le coup de l'attaque cérébrale avec Ben Ali... (pour qu'on lui foute la paix ?). Désolé mais ça ne prend pas ! Répondre
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