La Une | Vendredi 22 août 2014 | Dernière mise à jour 15:31
Crise politique

Le Premier ministre du Mali démissionne

Mis à jour le 11.12.2012

Le Premier ministre malien Cheik Modibo Diarra a annoncé mardi sa démission et celle de son gouvernement peu après avoir été arrêté.

Modibo Diarra s’est prononcé à plusieurs reprises en faveur de l’intervention rapide d’une force militaire internationale dans le nord du Mali.

Modibo Diarra s’est prononcé à plusieurs reprises en faveur de l’intervention rapide d’une force militaire internationale dans le nord du Mali.
Image: Keystone

Articles en relation

Signaler une erreur

Vous avez vu une erreur? Merci de nous en informer.

Partager & Commenter

Modibo Diarra a été arrêté à Bamako sur ordre du capitaine Amadou Haya Sanogo, ancien chef des putschistes qui avaient renversé le président Amadou Toumani Touré en mars.

Cette démission plonge encore un peu plus dans la crise et l’incertitude le Mali dont la moité nord du territoire est entièrement occupé depuis juin par des islamistes armés liés Al Qaida: une intervention militaire étrangère, demandée par M. Diarra et contestée par M. Sanogo, est à l’étude pour les en chasser.

"Moi Cheik Modibo Diarra, je démissionne avec mon gouvernement", a déclaré M. Diarra lors d’une brève allocution à l’Office de radio-télévision du Mali (ORTM) sans donner d’explication à sa décision.

L’air grave et les traits tirés, M. Diarra, vêtu d’un costume et d’une cravate sombres, a simplement remercié ses collaborateurs et souhaité que "la nouvelle équipe" qui lui succédera réussisse sa mission.

Son allocution est intervenue quelques heures après son arrestation à son domicile de Bamako par des militaires sur ordre du capitaine Amadou Haya Sanogo, ancien chef des putschistes qui avaient renversé le président Amadou Toumani Touré le 22 mars, précipitant la chute du Nord aux mains des islamistes.

Cheik Modibo Diarra avait prévu de partir lundi soir pour Paris afin d’y passer un contrôle médical, selon son entourage. Il s’apprêtait à se rendre à l’aéroport quand il a appris que ses bagages avaient été débarqués de l’avion qui devait l’emmener en France et il est resté à son domicile où il a été arrêté.

Quelques heures avant qu’il n’apparaisse à la télévision, un membre de son entourage avait annoncé que M. Diarra avait été arrêté à son domicile de Bamako "par une vingtaine de militaires venus de Kati", ville garnison proche de Bamako et base des ex-militaires putschistes. "Ils lui ont dit que c’est le capitaine Sanogo qui leur a demandé de l’arrêter", selon lui.

M. Diarra s’est prononcé à plusieurs reprises en faveur de l’intervention rapide d’une force militaire internationale dans le nord du Mali, intervention à laquelle est farouchement opposé le capitaine Sanogo.

Ce capitaine jusqu’alors inconnu avait renversé le 22 mars le régime du président Amadou Toumani Touré (ATT), précipitant la chute du Mali aux mains des islamistes armés.

Ex-putschistes toujours influents

Il avait été contraint de rendre le pouvoir à des civils deux semaines plus tard, mais lui et ses hommes sont restés très influents à Bamako où ils ont été accusés d’avoir commis de nombreuses exactions contre des partisans de l’ancien président renversé. Le capitaine Sanogo avait fin avril réussi à enrayer une tentative de contre coup d’Etat des militaires restés fidèles au président ATT à l’issue de violents combats meurtriers à Bamako.

Ce militaire a été nommé par le président malien par intérim, Dioncouda Traoré, à la tête d’une structure chargée de réformer l’armée malienne, sous-équipée et démoralisée.

La démission de M. Diarra est survenue après le report de "concertations nationales" convoquées par son gouvernement de transition qui devaient se tenir pendant trois jours à partir de mardi.

La concertation avait pour but de tenter d’établir une "feuille de route" pour les mois à venir entre tous les acteurs - politiques, militaires, sociaux, organisations de la société civile - qui restent divisés face à la crise et la manière de tenter de la résoudre. Le nord du Mali est contrôlé depuis fin juin par trois groupes islamistes armés: Ansar Dine, mouvement essentiellement composé de Touareg maliens, et les jihadistes surtout étrangers d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao).

Ils y appliquent la charia (loi islamique) avec une extrême rigueur qui se traduit par des lapidations, amputations, coups de fouets aux "déviants" (voleurs présumés, couples adultères, fumeurs, buveurs d’alcool).

Bamako et la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont soumis à l’ONU des plans pour l’envoi d’une force internationale de 3.300 hommes dans le nord du Mali et demandent au Conseil de sécurité de l’ONU d’autoriser son déploiement rapidement.

La volonté des Africains, soutenus par la France, d’obtenir au plus vite le feu vert de l’ONU à une intervention se heurte au scepticisme de Washington, qui doute de la capacité de Bamako et de ses voisins à mener à bien l’opération. (afp/Newsnet)

Créé: 11.12.2012, 06h30

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

Caractères restants:

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.
Aucun commentaire pour le moment

Le compte Twitter de la rubrique Monde