«Ce n’est pas un bon signe pour la démocratie Égyptienne»

AnalyseLe journaliste Égyptien Ahmed Shawky, correspondant à l'ONU, nous exprime son inquiétude suite au renversement du président Morsi.

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Le journaliste Égyptien Ahmed Shawky ne cède pas à l’euphorie ambiante. Correspondant à l’ONU pour les télévisions arabes et pour de grands quotidiens depuis plus de 23 ans, il regarde les événements avec beaucoup de prudence.

Comment interprétez-vous le renversement du président Morsi par l’armée?

Je n’y vois pas un bon signe. Ce n’est pas une bonne chose pour la démocratie égyptienne. Il y avait d’autres solutions que ce qui s’est passé. Je ne sais pas pourquoi les discussions entre Morsi et l‘armée entamée la semaine passée n’ont pas débouché sur un autre scénario. Il y avait sans doute moyen de trouver une solution qui incluait le président Morsi, les Frères musulmans et les autres partis. Pour un pays démocratique, ce qui s’est passé n’est pas un bon signe.

Qu’est-ce qui a précipité la chute du président?

Mohamed Morsi et les Frères musulmans ont commis beaucoup d’erreurs politiques au cours de l’année écoulée. C’est ce qui a conduit les gens à descendre dans la rue. Ils étaient très en colère. Le pays traverse une grave crise économique. Il y a une pénurie d’électricité, d’essence et le prix des marchandises a beaucoup augmenté.

Comment voyez-vous l’avenir?

Les frères musulmans représentent 25 à 30% de la société Égyptienne. On ne peut pas les ignorer. Pour le moment on ne sait encore pas quel va être leur place. Morsi est assigné à résidence et le nouveau pouvoir a lancé des mandats d’arrêt à l’encontre de 300  personnes. La question est maintenant de savoir si les Frères musulmans vont rester un parti politique ou s’ils vont retourner à la clandestinité. Cette dernière perspective est pour moi la plus inquiétante. (TDG)

(Créé: 04.07.2013, 16h59)

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Pour le journaliste Égyptien Ahmed Shawky, le renversement de Mohamed Morsi n'est pas une bonne chose pour la démocratie égyptienne. (Image: DR)

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