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Intempéries

Les inondations ont fait plus de 150 morts en Russie

Mis à jour le 08.07.2012

Le bilan des inondations s'est encore alourdi en Russie: il dépasse désormais les 150 morts. Le président Vladimir Poutine a promis des aides et des sanctions.

1/31 Dans la ville de Krymsk.
Image: AFP

   

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Les secours continuaient de retrouver des corps dimanche autour de Krymsk, un bourg du sud-ouest de la Russie où une crue violente a fait plus de 150 morts, et face au mécontentement des habitants le président Vladimir Poutine a ordonné une enquête et des aides immédiates.

Le corps d'une petite fille de huit ans a été retrouvé, selon le comité d'enquête local, cité. Cela porte à 152 le nombre total de morts, dont 140 dans cette seule petite ville et ses environs de l'arrière-pays de la riviera russe de la mer Noire, la zone la plus touchée par les pluies torrentielles et la crue violente survenues dans la nuit de vendredi à samedi.

Neuf corps avaient été trouvés depuis le début des inondations vendredi dans la station balnéaire de Gelendjik, et le bilan a été porté à trois morts dimanche dans le port voisin de Novorossiisk, le plus important de la côte russe de la mer Noire.

Les médias et les sauveteurs sur place craignaient cependant que la liste ne s'allonge au fur et à mesure du reflux de l'eau et de l'avancée des secours.

«On ouvre les maisons : des cadavres», a expliqué dans la nuit le chef du district de Krymsk, Vassili Kroutko, lors d'une réunion de crise avec le président Vladimir Poutine. Celui-ci a décrété un jour de deuil national le 9 mai.

La zone présentait dimanche un paysage de désolation, avec par endroits des amas de voitures et d'arbres, des pans entiers de bitume retournés, des maisons éventrées et d'autres portant les traces de ce que les habitants ont décrit comme un «mur d'eau» ayant mesuré jusqu'à sept mètres de haut.

«On déblaie comme on peut, il n'y a aucune aide, notre maison s'est effondrée et il ne reste que les murs», a dit une habitante de Krymsk, Irina Morgounova.

Selon les autorités locales, plus de 12'000 habitants et 4000 habitations ont été touchés par le désastre dans ce district qui compte près de 60'000 habitants.

Nombre d'entre eux soupçonnent un lâcher d'eau d'une retenue artificielle située en amont de la ville.

«On n'a jamais vu ça. La vague de 7 mètres a tout emporté. Ce n'est pas la pluie. Ils ont ouvert les vannes, mais personne ne le dira jamais», a dit Irina Morgounova.

Le président Vladimir Poutine, dont la résidence d'été se trouve à 200 km au sud près de la station balnéaire de Sotchi, s'est rendu sur place samedi soir, alors que la colère grondait parmi les habitants.

«C'est comme un tsunami !» a dit le président russe en observant la région inondée depuis le hublot de son hélicoptère avec le gouverneur de la région de Krasnodar, Alexandre Tkatchev, avant de se poser à Krymsk.

Lors de la réunion de crise, il a notamment interrogé dans le détail le chef du district de Krymsk sur l'heure à laquelle il avait reçu une alerte sur le risque de crue, et sur la façon dont il l'avait retransmise à la population.

Nombre d'habitants de la zone ont affirmé n'avoir été avertis d'aucune manière avant le déferlement de la crue qui les a surpris dans leur sommeil entre 2 heures et 4 heures du matin samedi.

«A quelle heure ?» a demandé à plusieurs reprises Vladimir Poutine, l'air grave, après que le chef du district lui a répondu avoir reçu l'alerte à 22 heures vendredi.

«J'ai demandé au chef du comité d'enquête russe de venir ici, il va vérifier les actes de tous les responsables : comment est venue l'alerte, quand elle est venue, quand elle aurait pu venir, quand elle aurait dû venir, et comment chacun a agi», a alors déclaré Vladimir Poutine.

Une enquête a été ouverte pour homicides par imprudence.

Vladimir Poutine s'est aussi fait répéter plusieurs fois par un responsable que la retenue artificielle de Neberjdaevskoe, située en amont de Krymsk et destinée à alimenter en eau potable Novorossiisk, n'avait effectué aucun lâcher «technologique» ayant pu causer la catastrophe.

Cette accusation a été reprise la veille par le parti d'opposition Iabloko, qui, s'appuyant sur des militants écologistes locaux, a affirmé avoir eu confirmation d'un lâcher d'eau et a accusé les autorités de n'avoir rien fait pour sécuriser cette retenue après un précédent en 2002.

Le responsable interrogé par Vladimir Poutine a affirmé que la retenue n'avait fait que déborder par un trop-plein prévu, mais que les volumes d'eau libérés ne pouvaient avoir causé la catastrophe.

Vladimir Poutine a par ailleurs d'ores et déjà promis des aides financières pour les maisons détruites et des indemnisations, notamment 2 millions de roubles (60'000 francs) pour chaque famille de victime. (ats/Newsnet)

Créé: 07.07.2012, 23h10

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