«Stop à l’anglais, parlons kymrique!» Bataille des langues au Pays de Galles

RenouveauDes milliers de langues sont en voie de disparition. Le gallois résiste mieux. Par la force!

Le permier ministre gallois, le travailliste Carwyn Jones,   parle lui-même le kymrique et il a besoin, au Parlement, de l’appui des élus du parti nationaliste Plaid Cymru.

Le permier ministre gallois, le travailliste Carwyn Jones, parle lui-même le kymrique et il a besoin, au Parlement, de l’appui des élus du parti nationaliste Plaid Cymru. Image: Reuters/Dylan Martinez

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«On nous traite de fanatiques antigallois. Et même de fascistes!», confie Alice Morgan, inquiète, au quotidien britannique The Guardian. «Je suis peut-être un peu paranoïaque, mais j’ai vraiment peur en ce moment», souffle une autre habitante de Llangennech, village de 5000 habitants près de Swansea, dans le sud du Pays de Galles. Tel est le sort, semble-t-il, des parents opposés à ce que la petite école locale adopte le gallois pour langue d’enseignement, reléguant l’anglais au statut de langue secondaire. Bref, comme une langue étrangère.

A la rentrée de septembre, l’établissement primaire de Llangennech deviendra en effet le 480e du Pays de Galles à enseigner principalement en kymrique, le parler celtique de la région. Ainsi en a décidé en janvier la majorité des élus du comté du Carmarthenshire. Actuellement, près d’un tiers des écoles galloises n’utilise pas l’anglais comme langue d’enseignement. Les parents récalcitrants n’ont plus qu’à envoyer leurs enfants dans un village voisin… ou à déménager!

La mesure, radicale, est à la hauteur des ambitions du premier ministre du Pays de Galles, qui entend doubler le nombre de locuteurs pour atteindre le million d’ici 2050. Il faut dire que le travailliste Carwyn Jones (photo Reuters) parle lui-même le kymrique et qu’il a besoin, au Parlement, de l’appui des élus du parti nationaliste Plaid Cymru.

Bastions menacés

Or, malgré tous les efforts entrepris au cours des dernières décennies pour sauver la langue galloise, sa survie n’est toujours pas garantie. Le recensement de 2011 montre qu’en dix ans, la proportion de locuteurs a reculé de 21% à 19% de la population. Pire: des bastions traditionnels sont passés sous la barre des 50%.

De quoi alarmer les activistes du Cymdeithas yr Iaith, la société pour la langue galloise. Selon ce groupe de pression, il faudra que dans les vingt ans à venir plus de trois quarts des enfants âgés de 7 ans soient inscrits à une école en gallois, sans quoi l’objectif du million de locuteurs ne sera pas atteint, note le site Wales­Online. Dans certaines régions, cela impliquerait de doubler, voire de tripler la proportion. Sans même parler du nombre considérable d’enseignants supplémentaires qu’il faudrait pouvoir former et engager…

Laboratoire de survie

Cela dit, même si la partie n’est pas gagnée, beaucoup considèrent le Pays de Galles comme un modèle en matière de redynamisation d’une langue en sursis.

Par comparaison, les fiers Ecossais comme les Irlandais semblent impuissants face à l’agonie du gaélique. C’est dire que les expériences menées dans le «laboratoire gallois» sont suivies de près, non seulement dans les pays de tradition celtique, mais plus largement dans les milieux académiques étudiant la disparition progressive de millier de langues.

Sans parler des quelques centaines d’enthousiastes en Cornouailles, dans l’extrême sud-ouest de la Grande-Bretagne, qui tentent de faire en sorte que le cornique renaisse de ses cendres. Avis aux cousins bretons!

(TDG)

Créé: 03.07.2017, 18h04

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