Macron aura les coudées franches pour gouverner

FranceLe président français Emmanuel Macron a obtenu dimanche une large majorité parlementaire, mais pas aussi écrasante que prévu, sur fond d'abstention record.

Les militants d'«En Marche!» sont ravis par les résultats.

Les militants d'«En Marche!» sont ravis par les résultats. Image: AFP

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Le président français Emmanuel Macron a obtenu dimanche une des plus larges majorités parlementaires de la Ve République. Sa victoire est toutefois moins écrasante qu'annoncée par certains sondages, et marquée par une abstention qui atteint de nouveaux sommets.

Selon les estimations de plusieurs instituts, la République en marche (REM) et son allié du MoDem s'adjugent autour de 360 sièges. C'est très largement au-delà de la majorité absolue de 289 sièges, mais nettement sous la barre des 400 que laissait augurer le premier tour.

Après cette «victoire claire», le gouvernement a «une ardente obligation de réussir», a commenté le premier ministre Edouard Philippe. «Nous obtenons une majorité nette, mais en même temps les Français n'ont pas voulu signer de chèque en blanc», a commenté le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner.

Abstention record

Cette victoire est en effet entachée par le niveau de l'abstention, qui devrait dépasser 56%, selon plusieurs instituts. «Notre peuple est entré dans une forme de grève générale civique», a commenté le tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon (notre photo AFP ci-dessous), lui-même élu à Marseille.

«La fin d'une époque»

Le mouvement présentiel a balayé les partis traditionnels, sans cependant parvenir au raz-de-marée annoncé par certains sondages pré-électoraux. Loin derrière, Les Républicains (LR) et leurs alliés centristes de l'UDI obtiennent entre 128 et 130 sièges. «C'est plus qu'une défaite, c'est la fin d'une époque», a commenté l'ex-ministre Valérie Pécresse (notre photo AFP ci-dessous).

Le chef de file de LR François Baroin s'est toutefois félicité que le nombre de députés soit «suffisamment important pour faire valoir les convictions» de la droite.

PS déconfit

A gauche, le Parti socialiste, qui contrôlait la moitié de l'Assemblée sortante, s'est réduit à peau de chagrin. Seule consolation, le PS reste de peu la principale force de gauche, avec de 48 à 50 députés, devant la gauche radicale (une trentaine de sièges).

«La défaite de la gauche est incontournable, la déroute du Parti socialiste, sans appel», a reconnu dimanche soir le patron du parti, Jean-Christophe Cambadélis, en annonçant sa démission (son intervention télévisée ci-dessous).

Jean-Luc Mélenchon a annoncé un «groupe parlementaire» des insoumis, sans évoquer les communistes. Son lieutenant Alexis Corbière et le journaliste François Ruffin feront également leur entrée à l'Assemblée.

Le Pen à l'Assemblée sans groupe parlementaire

A l'extrême droite, le Front national (FN) obtiendrait huit sièges. Sa présidente Marine Le Pen découvrira le Palais-Bourbon, de même que son compagnon Louis Aliot. Ils y rejoignent Gilbert Collard, réélu dans le Gard. S'il quadruple le nombre de ses députés, le FN échoue cependant à constituer un groupe parlementaire.

«Face à ce bloc mastodonte du système, nous sommes la seule force de résistance à la dilution de la France», a commenté Mme Le Pen. «Nous ne devons pas crier victoire parce que le Front national a pris un sacré coup dans la tête», a toutefois averti Gilbert Collard, après sa réélection de justesse face à l'ex-torera Marie Sara (REM).

«Face à ce bloc mastodonte du système, nous sommes la seule force de résistance à la dilution de la France», a commenté Mme Le Pen dimanche. Mais le faible nombre d'élus du FN sonne le glas de ses espoirs nés de la vague nationaliste en Europe et du score historique atteint au second tour de la présidentielle.

Trois nationalistes corses élus

Ce scrutin est également marqué par une première en Corse: l'élection de trois députés nationalistes. Plusieurs sortants en difficulté sont finalement élus: le patron du groupe socialiste Olivier Faure ou encore Eric Woerth et Eric Ciotti à droite et le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde. Protégés par la REM, les ex-ministres Stéphane Le Foll et Sylvia Pinel gardent leurs sièges.

Les six membres du gouvernement qui jouaient leur place lors de ce second tour l'ont, au moins pour l'instant sauvée, en remportant leur circonscription, alors qu'un remaniement est annoncé pour les prochains jours par l'entourage du président.

Sont en revanche battus: les anciens ministres de gauche Marisol Touraine, Jean-Jacques Urvoas, Najat Vallaud-Belkacem et Myriam El Khomri et la députée LR Nathalie Kosciusko-Morizet. Même sort pour le chef de file des frondeurs PS Christian Paul ou le numéro 2 du FN Florian Philippot.

Non investi par le PS, mais non concurrencé par la REM, Manuel Valls a annoncé dans une ambiance houleuse sa réélection dans l'Essonne avec 139 voix d'avance sur sa concurrente de la France insoumise, Farida Amrani. Cette dernière a elle aussi revendiqué la victoire et annoncé un recours

(ats/nxp)

Créé: 18.06.2017, 22h19

Victoire historique pour les nationalistes corses

Les nationalistes corses ont remporté dimanche un succès sans précédent en décrochant trois sièges à l'Assemblée nationale, sur les quatre circonscriptions que compte l'île de Beauté. Jean-Guy Talamoni, Gilles Simeoni - à la tête de la collectivité locale de l'île depuis le succès des nationalistes aux élections territoriales de 2015 - et Michel Castellani ont été élus.

Ces résultats sont «un signe indiscutable de l'avancée de nos idées», a déclaré à l'AFP Michel Castellani (60,81% des voix). «Le président doit comprendre qu'il peut marquer d'une pierre blanche son mandat en étant le premier président à faire évoluer la situation en Corse».

Pour le président de l'assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni, la vague nationaliste «va avoir par son ampleur des conséquences au-delà de la mer». «Je pense qu'à Paris, ils doivent se poser un certain nombre de questions ce soir, et se dire que d'avoir traité pendant un an et demi par le mépris, la décision des Corses en 2015, de ne pas avoir ouvert un dialogue sérieux avec les représentants de la Corse ça a été une faute politique majeure», a-t-il dit.

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