La Une | Jeudi 23 février 2012 | Dernière mise à jour 12:25
Internet

L’insaisissable menace Anonymous s’étend

Par Richard Etienne. Mis à jour le 23.01.2012 3 Commentaires

Le mouvement, acéphale et multiforme, utilise à merveille les nouvelles technologies pour soutenir la liberté d’expression sur le Net. Ses méthodes ne convainquent pas tout le monde.

Le masque symbolisant Anonymous aurait été celui que portait un activiste anglais du XVIe siècle, Guy Fawkes, en lutte contre les abus du pouvoir.

Le masque symbolisant Anonymous aurait été celui que portait un activiste anglais du XVIe siècle, Guy Fawkes, en lutte contre les abus du pouvoir.
Image: JEAN-PHILIPPE KSIAZEK/AFP

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Anonymous. Depuis la fermeture du site de partage de fichiers Megaupload.com jeudi dernier, le mouvement qui se cache derrière ce nom chamboule Internet. La mobilisation virtuelle, souvent présentée comme celle d’un collectif de pirates, n’accepte pas ce qu’elle considère comme une violation de la libre expression sur la Toile. Elle entend se faire comprendre: depuis vendredi, les sites du FBI, du Ministère de la justice américain, de l’Elysée, d’Universal Music, de Vivendi, de la police néo-zélandaise et des centaines d’autres étendards ont été bloqués. Rien ne semble échapper à la colère d’Anonymous, cette chose qui se cache derrière un masque d’activiste du XVIe siècle et que personne ne semble connaître ni même comprendre.

1. Qui sont les pirates du Web?

La «chose» caractérise pourtant le XXIe siècle, celui des réseaux. «Il ne sert à rien de se demander qui se cache derrière Anonymous. Ça correspond à chercher à savoir qui se trouve derrière Occupy Wall Street ou le «printemps arabe», commente Marco Ricca, CEO de l’entreprise de sécurité sur Internet Satorys. Les Anonymous confirment dans leurs messages: aucun leader, aucune structure hiérarchique, encore moins d’épicentre géographique. «Il n’y a pas de profil type. N’importe qui peut décider de participer, renchérit le hacker du réseau Télécomix Jean-Marc Bourguignon, qui collabore avec des personnes influentes du collectif. Selon les causes, certains décident de participer à une attaque, mais ça ne signifie pas pour autant qu’ils s’impliqueront dans une autre. Anonymous évolue en fonction de l’actualité.» Le mouvement, qui serait né sur 4chan, un site populaire de partage d’images anonyme, s’est fait un nom en janvier 2008 avec une série d’attaques contre l’Eglise de scientologie. Ce n’est qu’ensuite que la bête s’est politisée. Elle s’en est prise en 2010 aux sites qui avaient participé à la lutte contre WikiLeaks et, l’an dernier, aux porte-drapeaux des gouvernements réprimant la révolution du jasmin. Le mouvement, d’ailleurs, ne cesse de s’internationaliser. Une branche au Nigeria combattrait depuis peu les intégristes de Boko Harem.

2. Comment attaquent-ils leurs cibles?

La charge la plus courante consiste à saturer les accès vers la cible. On parle de dénis de service. «On surcharge la bande passante, comme si on injectait 50 000 véhicules sur le tronçon Genève-Lausanne, et le serveur, face à un tel trafic, n’arrive plus à gérer la masse de demandes», explique le vice-président de la société High-Tech Bridge, Stéphane Koch. Des outils permettant de renforcer ces attaques sont mis à disposition sur le Net par un noyau dur, sans doute le même qui publie les messages d’Anonymous sur YouTube. Ils sont téléchargeables par n’importe qui, pas besoin d’être un geek pour s’en servir. Selon Jean-Marc Bourguignon, depuis vendredi on assiste à des taux records de téléchargements et les assauts deviennent puissants. Les secrets des serveurs de Vivendi ont été rendus publiques par Anonymous hier. Les ordinateurs des particuliers peuvent également être utilisés. Selon Microsoft, 5% des ordinateurs sont infectés par un logiciel malveillant. Leurs propriétaires ne sont pas au courant mais ils participent à des agressions précises. Il y a actuellement sur le Web plus de 25% d’attaques en plus que d’habitude selon les consultants d’Akamai.com. Elles se concentrent surtout en Europe et aux Etats-Unis. «La bête fait également parler d’elle, poursuit Jean-Marc Bourguignon, car elle sait mettre en scène ses messages et utiliser les réseaux sociaux et les médias.»

3. Peut-on parler de cyberguerre?

«Cyberguerre civile, contre-offensive, criminalité.» Les réactions sur la Toile se font belliqueuses. «Il faut relativiser, estime Marco Ricca. Ces termes racoleurs ne servent qu’à justifier une répression. Il vaut mieux parler de cyberrésistance mondiale.» «Il s’agit d’une nouvelle forme de manifestation, virtuelle, confirme Stéphane Koch. Le déni de service correspond ainsi à un sitting empêchant temporairement et de manière anonyme l’accès à un magasin.» Les attaques sont difficiles à contrer, même pour les plus grands, mais les sites ne sont jamais bloqués longtemps. Selon Marco Ricca, «nous avons affaire à une manifestation qui cherche plus à marquer l’opinion que de détruire une technologie. C’est une contestation politique.» Tout le monde ne l’approuve pas. Le vice-président de la section genevoise du Parti pirate, Alexis Roussel, voit en ces assauts «des atteintes à la liberté d’expression» et regrette qu’Anonymous ne joue pas le jeu démocratique à visage découvert. Il n’en constate pas moins que l’ampleur des frappes révèle la frustration des internautes. «Quand on s’en prend à la liberté d’expression des gens, ceux-ci réagissent avec force.» Et Jean-Marc Bourguignon de confirmer: jamais le mouvement n’a eu autant d’adhérents… (TDG)

Créé: 23.01.2012, 23h05

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3 Commentaires

Anonymous Fake

27.01.2012, 16:09 Heures
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Encore un article à 2 balles pour faire la propagande du gouvernement... Anonymous n'est pas une organisation composée de personnes particulières, ce n'est pas une organisation tout court. C'est n'importe qui ! Allez voir ce qu'est le "Stand Alone Complex", ça y ressemble assez bien.
"We are Anonymous !
We are LEGION !
We do not forgive !
We do not forget !
Expect us !"
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Nil Oira

24.01.2012, 10:34 Heures
Signaler un abus 1 Recommandation

Il est bien normal que ce genre de mouvement inquiète les personnes qui détiennent le pouvoir (politiciens, richissimes, milieux économiques, médias etc.) car ils ne peuvent pas les contrôler. Et pour asseoir leur domination, ils ont besoin de pouvoir contrôler le peuple. Répondre


Jerry Tom

24.01.2012, 09:30 Heures
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Très intelligente, la fermeture précipitée de Megaupload par les autorités américaines : la révolte déclenchée a d'emblée saboté leur propre Congrès en dissuadant ce dernier de promulguer une loi anti-piratage entre temps sous toit, avec en bonus une riposte mondiale !!!
Comprenne qui pourra leur capacité de réflexion, mais ce sera difficile...
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