Le virus zika ébranle les catholiques latinos

Amérique latineAlors que le pape entame une tournée en Amérique latine, les préceptes de l'Eglise catholique sur la contraception et l'avortement se font bousculer.

L’épidémie du virus zika met à mal les positions strictes de l’Eglise catholique sur la contraception et l’avortement.

L’épidémie du virus zika met à mal les positions strictes de l’Eglise catholique sur la contraception et l’avortement. Image: EPA

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Après sa rencontre historique à Cuba avec le patriarche de l'église orthodoxe russe Kirill, vendredi, le pape poursuivra sa tournée latino-américaine, en se rendant au Mexique. Elle ne sera pas de tout repos, en pleine épidémie du virus zika, laquelle met à mal les positions strictes de l’Eglise catholique sur la contraception et l’avortement. François est resté pour l’heure silencieux sur la question, alors que les prises de parole à ce sujet se multiplient, jusque sous le toit de l’Eglise.

Mercredi, un groupe américain de catholiques progressistes, Catholics for Choice, a exhorté le pape de permettre aux fidèles d’utiliser des moyens de contraception pour éviter une grossesse ou une transmission du virus par voie sexuelle, alors que l’épidémie ravage le continent latino-américain. Il lui demande même de montrer de la tolérance à l’égard des femmes enceintes touchées par le virus qui souhaitent avorter.

Pour rappel, les scientifiques ont maintenant la quasi-certitude que le virus zika provoque de graves malformations congénitales, les cas de bébés naissant avec des microcéphalies (taille du cerveau réduite) présentant des taux anormalement hauts au Brésil, pays le plus touché par l’épidémie. Des indices sur la transmission par voie sexuelle du virus s’accumulent également.

Depuis plusieurs semaines, des prises de position de l’ONU bousculent les préceptes de l’Eglise catholique. Il y a une semaine, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme avait appelé les pays d’Amérique latine, dont beaucoup ont une politique très restrictive à l’égard de l’avortement et même de la contraception, de revoir leur législation. Mercredi, c’est l’OMS qui appelait les femmes enceintes vivant dans les pays touchés à se protéger, non seulement des moustiques, mais aussi lors de relations sexuelles. Au Brésil, où la loi n’autorise l’avortement que dans des cas très restrictifs, en cas de viol ou de danger de mort pour la mère, le débat est lancé sur la nécessité ou non d’assouplir la législation. La Colombie, l’Equateur et le Salvador ont, eux, appelé les couples à ne plus procréer ces prochains mois.

Voilà de quoi ébranler l’Eglise catholique et les convictions des 425 millions de fidèles que compte le continent. D’habitude champion de la communication, le pape est jusqu’ici resté muet sur ces questions. Les évêques latino-américains ont en revanche fait le travail: «Un bébé même atteint de malformations congénitales est un être humain qu’il faut accueillir avec ses limites», a dit l’archevêque de São Paulo, le cardinal Odilo Scherer, cité lundi par Radio Vatican. Au Pérou, l’épiscopat a vivement critiqué l’ONU pour ses prises de position. «Nous sommes encerclés d’Hérode modernes», a lancé le cardinal et membre de l’Opus Dei Juan Luis Cipriani Thorne, en allusion au roi de Judée, massacreur d’enfants dans l’Evangile selon Matthieu. (TDG)

(Créé: 11.02.2016, 18h15)

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