Syrie
Le régime écrase sans relâche la révolte populaire à Homs
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Un pilonnage qui se poursuit malgré l'engagement du président Bachar al-Assad auprès de son allié russe à cesser l'effusion de sang.
Les forces du régime ont bombardé Homs aux roquettes et obus de mortier pour écraser la révolte dans cette ville du centre de la Syrie où les télécommunications et l'électricité ont été coupées, les infrastructures détruites et la nourriture se fait de plus en plus rare, ont dit les militants.
De son côté, l'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) a dénoncé - sur la foi de poignants témoignages de patients et du personnel soignant - le fait que le régime syrien exerçait «une répression sans merci» contre les opposants blessés et les médecins qui tentent de les secourir.
Mais le pouvoir, qui se refuse toujours à reconnaître le mouvement de contestation depuis son début en mars 2011, a affirmé que ses forces y pourchassaient les «groupes terroristes» accusés d'être à l'origine des violences contre les civils, en faisant état de morts dans l'explosion d'une «voiture piégée».
Blocage diplomatique
Ce redoublement de violences qui a fait 12 morts ailleurs en Syrie selon les militants, survient dans un contexte de blocage diplomatique après le veto russe et chinois à un projet de résolution au Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la répression de la révolte et prévoyant une transition politique.
Malgré l'indignation des Occidentaux face à ce veto, la Russie, un allié du régime, a continué à opter pour la non ingérence internationale en Syrie, au lendemain d'une rencontre à Damas de son chef de la diplomatie Sergueï Lavrov avec Bachar al-Assad.
«Notre tâche, c'est de les aider (aux Syriens) sans aucune forme d'ingérence», a dit le premier ministre Vladimir Poutine, dont le pays refuse d'évoquer un départ de Bachar al-Assad. Il estime que son sort doit être réglé par «les Syriens eux-mêmes». Le président russe Dmitri Medvedev a lui jugé que la recherche d'une solution devait continuer «y compris au Conseil de sécurité de l'ONU».
Scepticisme
Mardi, Bachar al-Assad s'est engagé devant Sergueï Lavrov à «faire cesser les violences d'où qu'elles viennent», selon le ministre russe. Mais les Occidentaux ont aussitôt exprimé leur scepticisme, le régime syrien ayant alterné depuis le début de la révolte, promesses de réformes et escalade de la répression.
Face au blocage à l'ONU, plusieurs pays en faveur d'une condamnation du régime syrien ont pris des mesures unilatérales pour accentuer son isolement après des sanctions occidentales qui n'ont pas encore réussi à le faire plier.
Ainsi, les Etats-Unis ont fermé leur ambassade, plusieurs pays européens ont rappelé leurs ambassadeurs pour «consultations» et les six monarchies du Golfe ont décidé d'expulser les ambassadeurs de Syrie et de rappeler les leurs. Une réunion arabe est prévue dimanche au Caire pour décider de la suite à donner à la mission d'observation en Syrie, aujourd'hui suspendue.
Conférence internationale?
L'Union européenne a même annoncé se préparer, à titre de précaution, à une éventuelle évacuation de ses ressortissants de Syrie, au moment où plusieurs pays et organisations expriment leurs craintes d'une guerre civile.
Les Vingt-Sept ont en outre conclu un accord de principe sur la prise ce mois-ci de nouvelles sanctions à l'encontre de la banque centrale syrienne, selon une source diplomatique à Bruxelles.
La Turquie a dit qu'elle comptait organiser une conférence internationale sur la crise syrienne. Il s'agirait de réunir les acteurs régionaux et internationaux pour un règlement pacifique de la crise syrienne, a déclaré mercredi son ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu.
Cette conférence pourrait avoir lieu en Turquie ou dans un autre pays, mais doit certainement se dérouler «dans la région» et dans «les plus brefs délais», a souligné le ministre. (ats/Newsnet)
Créé: 08.02.2012, 18h45
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