Le conflit syrien entre dans sa troisième année

SyrieLe conflit en Syrie est entré vendredi dans sa troisième année, sans aucune issue en vue pour arrêter le bain de sang.

Une manifestation à Paris pour marquer le deuxième anniversaire du début de la guerre civile en Syrie.

Une manifestation à Paris pour marquer le deuxième anniversaire du début de la guerre civile en Syrie. Image: ap

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La révolte la plus longue et meurtrière du Printemps arabe a déjà fait plus de 70'000 morts, un million de réfugiés et des millions de déplacés, selon l'ONU.

Elle laisse craindre une internationalisation après les menaces de Damas de frapper le Liban, si celui-ci n'empêche pas les rebelles de franchir ses frontières. Le Haut commissaire de l'ONU aux réfugiés Antonio Guterres a d'ailleurs lancé à Beyrouth un cri d'alarme face aux risques d'embrasement de la région.

«Si le conflit syrien se poursuit, il y a un réel risque d'explosion au Moyen-Orient et il sera impossible de répondre à ce défi tant sur les plans humanitaire, politique ou sécuritaire», a-t-il dit.

Alors que des militants libanais opposés au président syrien Bachar al-Assad sont accusés de faciliter l'infiltration de rebelles via la frontière, le ministère syrien des Affaires étrangères a menacé de frapper en territoire libanais les «bandes armées» passant clandestinement en Syrie.

Menaces à prendre au sérieux

«Les forces syriennes font preuve de retenue en ne frappant pas ces bandes à l'intérieur du territoire libanais (...) mais cela ne durera pas indéfiniment», a-t-il averti. Damas a également accusé la Jordanie de laisser entrer dans le sud du pays des jihadistes et des armes.

Pour Nikolaos van Dam, spécialiste de la Syrie, «les menaces syriennes doivent être prises très au sérieux. Si le régime syrien pense que cela va servir ses intérêts, il ne va pas hésiter à attaquer les forces de l'opposition syrienne en territoire libanais».

Dans un communiqué publié à l'occasion du second anniversaire de la révolte, les principaux opposants et rebelles hostiles au régime se sont engagés à poursuivre le combat jusqu'à l'instauration de la liberté et de la démocratie en Syrie.

La Coalition nationale de l'opposition souligne que «notre seul choix est de poursuivre sur le chemin de la vérité, de s'armer de patience et de poursuivre la lutte entamée par ceux qui ont sacrifié leur vie pour faire aboutir notre vision».

Embargo sur les armes

Face à l'intensification des combats, le président français François Hollande a haussé le ton au sujet de l'embargo sur les armes. «Des armes sont livrées par des pays, dont la Russie, à Bachar al-Assad et son régime. Nous devons en tirer toutes les conclusions et l'Europe doit prendre sa décision dans les prochaines semaines», a-t-il dit à l'issue du sommet européen à Bruxelles.

L'UE tentera de trouver la semaine prochaine une «position commune» sur cette question, a annoncé le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. La tâche s'annonce délicate en raison de la réticence de nombreux autres pays européens.

Washington a également décidé de faire un geste pour l'insurrection. Le Trésor américain a annoncé qu'il autoriserait les citoyens, les entreprises et les banques américains à envoyer de l'argent aux forces de l'opposition syrienne.

Sur le terrain, les violences ne connaissent aucun répit. Elles ont fait 151 morts vendredi et 178 jeudi, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG proche des insurgés.

En ce jour anniversaire, des Syriens ont manifesté par milliers à travers le pays, lançant des slogans contre le régime du Assad. Des rassemblements ont notamment eu lieu à Damas, Alep (nord) et Deraa (sud).

Conventions de Genève violées

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a renvoyé dos-à-dos le gouvernement et les rebelles syriens, accusant les deux parties de violer les Conventions de Genève.

«Ces deux dernières années, de nombreux rapports et témoignages faisant état d'atrocités commises à l'encontre de civils ont été recueillis; nous avons également vu des civils être victimes d'attaques indiscriminées et des agents de santé ou des travailleurs humanitaires être pris pour cibles», a expliqué Robert Mardini, directeur des opérations pour le Proche et Moyen-Orient.

«Des centaines de personnes meurent chaque jour en Syrie. (...) Des dizaines de milliers d'autres sont détenues ou portées disparues», a-t-il ajouté. (ats/afp/Newsnet)

(Créé: 15.03.2013, 17h31)

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