Affaire WikiLeaks
La diplomatie américaine a tout fait pour éteindre le feu
Mis à jour le 07.06.2012 5 Commentaires
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Au deuxième jour d'une audience préliminaire prévue pour en durer trois devant une cour martiale de la base militaire de Fort Meade (est), Bradley Manning, 24 ans, "taupe" présumée de WikiLeaks, prenait frénétiquement des notes pendant la déposition de deux responsables du département d'Etat.
Rena Bitter, directrice du Centre des opérations au département d'Etat, a expliqué comment des groupes de travail avaient fonctionné entre novembre 2010, peu après que le scandale éclate, et juillet 2011. Des dizaines de milliers de dépêches diplomatiques entre Washington et ses ambassades à l'étranger avaient alors été diffusées par WikiLeaks, déclenchant une tempête d'ampleur internationale.
Jour et nuit
Au département d'Etat, chaque groupe était composé de 25 personnes travaillant nuit et jour. Au plus fort de la crise, pendant les premières semaines, "nous travaillions 18 à 20 heures par jour, par vacation", a témoigné Rena Bitter.
L'un était chargé des "risques potentiels pour les individus", un autre était baptisé "groupe WikiLeaks", un autre "comité d'arbitrage".
Rena Bitter a souligné que le rôle du centre des opérations consistait à "coordonner la réponse du département d'Etat à une crise publique" quand "tout le monde doit parler d'une seule voix".
"Nous avons fait ce que nous faisons en général dans une crise, nous avons formé des groupes de travail, (...) les premiers moyens pour répondre à cette crise", a-t-elle dit.
«Tous les protocoles»
"Il était important de rester en amont de l'information" avant qu'elle ne soit rendue publique, a-t-elle dit, soulignant qu'il s'agissait de "connaître la base de données des informations susceptibles d'être compromises et la base de données (déjà) dans le domaine public".
Marguerite Coffey, ancienne directrice du Bureau de la gestion des politiques au ministère, a pour sa part souligné que le comité d'arbitrage qu'elle gérait alors s'était "concentré sur les questions d'accès au système sécurisé", avait "mené une révision complète de tout le réseau du département d'Etat" et "revu tous les protocoles".
Elle a indiqué que le fruit de ce travail avait été réuni dans un dossier dont elle "ne sait pas s'il existe encore aujourd'hui".
David Coombs, avocat civil du soldat Manning, a interrogé les deux responsables sur les "conséquences estimées" pour les Affaires étrangères des fuites dont est accusé l'ancien analyste du renseignement en Irak. Le gouvernement américain affirme que ces fuites ont mis en danger sa sécurité nationale, mais aucun rapport évaluant précisément les conséquences n'a été pour l'heure publié.
Estimant être pénalisés par un "accès inéquitable" aux documents du gouvernement, les avocats cherchent à obtenir des éléments matériels pour appuyer leur défense. Ils ont réclamé jeudi l'abandon de dix des 22 chefs d'inculpation qui pèsent sur Bradley Manning.
"Toute personne qui télécharge de la musique ou une vidéo outrepasse les droits qui lui sont accordés", a déclaré Me Coombs, en réclamant que soient abandonnées les accusations portant sur l'utilisation irrégulière de ses droits d'accès au réseau du ministère de la Défense.
"C'est complètement différent" de quelqu'un qui télécharge des câbles diplomatiques sur le réseau du gouvernement, a rétorqué le procureur Joe Morrow.
La défense a aussi demandé l'abandon des chefs d'accusation d'espionnage dont les termes sont "vagues et trop larges", a plaidé Joshua Tooman, avocat militaire de Manning. (afp/Newsnet)
Créé: 07.06.2012, 23h52
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La rédaction
5 Commentaires
Si on était vraiment en démocratie, pourquoi les gouvernements imposeraient-ils autant de secrets et pourquoi seraient-ils prêts à mettre autant de moyens pour les protéger ? Répondre
"la diplomatie américaine a tout fait pour éteindre le feu..."...sauf utiliser un extincteur...:-) Répondre
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