La diplomatie Trump mise à l’épreuve à Moscou

RussieLe Secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson arrive ce mardi à Moscou pour y rencontrer son homologue russe Sergueï Lavrov et tenter de déminer la crise syrienne.

Le Secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson, à gauche, et le président Donald Trump.

Le Secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson, à gauche, et le président Donald Trump. Image: Keystone

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Les temps changent rapidement dans l’Amérique de Donald Trump. Il y a une semaine, le président des Etats-Unis tentait de s’affranchir des soupçons de collusion avec Moscou qui planent sur son entourage dans le cadre de l’enquête sur les ingérences russes pendant la campagne électorale américaine. Sept jours plus tard, il doit gérer les tensions provoquées par l’opération militaire qu’il a lancée jeudi dernier en Syrie, pays allié de la Russie, en réponse à une attaque à l’arme chimique attribuée au président syrien Bachar el-Assad.

Rex Tillerson, le Secrétaire d’Etat américain, arrive ce mardi à Moscou pour y rencontrer Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe, après avoir critiqué le soutien du Kremlin à Damas. La Russie a répondu en niant la responsabilité de Bachar el-Assad dans l’attaque chimique contre le village syrien de Khan Cheikh mardi dernier. «Rex Tillerson arrive à Moscou avec un message dur», explique Daniel Treisman, professeur de sciences politiques à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) et spécialiste des relations avec la Russie. «Washington et Moscou espéraient un renouveau de leurs relations. Mais le contexte politique tendu rend une collaboration très compliquée. Malgré cela, l’administration Trump conserve un espoir de sauvegarder un rapprochement, même limité, avec la Russie sur certains dossiers.»

Intérêts divergents

En 2013, Vladimir Poutine avait décerné à Rex Tillerson, alors patron du géant pétrolier ExxonMobil, l’Ordre de l’Amitié, la plus haute distinction russe. Lundi, le Kremlin a fait savoir que le président russe n’avait pas prévu de rencontrer le Secrétaire d’Etat américain. «Vladimir Poutine ne peut pas donner l’impression de faire des concessions à l’administration Trump», poursuit Daniel Treisman. «Pour tenter de relancer au moins l’accord de coopération en Syrie, Rex Tillerson doit offrir quelque chose en échange.» Toujours selon le professeur de sciences politiques, «il n’a jamais été facile de comprendre sur quoi reposait l’espoir de Donald Trump de pouvoir tisser des meilleures relations avec la Russie, tant les intérêts de Washington et de Moscou sont divergents».

Richard Anderson, autre expert en politique russe à l’UCLA, estime que la première visite du nouveau Secrétaire d’Etat américain à Moscou a surtout pour but de remettre la politique étrangère américaine sur des rails «plus prévisibles». «Donald Trump a fait campagne en promettant un changement radical avec la diplomatie de Barack Obama», souligne-t-il. «Il a mis au défi la Chine et le Mexique sur les questions commerciales, mis sous pression l’OTAN et évoqué un rapprochement avec la Russie. Mais pour pouvoir gouverner à Washington, il a dû constituer une coalition avec des républicains traditionnels dont fait partie Rex Tillerson.»

Trop «gentil» avec la Russie

Les frappes en Syrie ont eu un impact positif sur la cote de popularité d’un Donald Trump mal-aimé depuis son arrivée à la Maison-Blanche en janvier. Près de 57% des Américains approuvent l’offensive contre la base aérienne syrienne la semaine dernière, selon un sondage NBC publié lundi. Alors que le début du mandat du président américain a été plombé par l’enquête parlementaire sur l’ingérence russe dans la campagne électorale pour l’aider face à la démocrate Hillary Clinton, 35% des Américains pensent que Donald Trump est trop «gentil» avec la Russie, selon le même sondage. En février, cette proportion était de 43%.

«Les politiciens américains articulent leur politique étrangère en fonction de l’impact qu’elle peut avoir sur leur cote de popularité à Washington», conclut Richard Anderson. «Donald Trump a la réputation d’être un franc-tireur, mais c’est un politicien très habile qui sait comment l’opinion publique va réagir à ce qu’il fait et qui décide.» (TDG)

Créé: 11.04.2017, 11h52

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