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POLITIQUE

La Tunisie, pays plus enlisé que jamais

Mis à jour le 19.02.2013

Le Premier ministre tunisien Hamadi Jebali a annoncé mardi sa démission après l'échec de son projet de cabinet de technocrates, torpillé par son parti Ennahda. Il laisse ainsi le pays dans sa pire crise politique.

Hamadi Jebali, le 19 février 2013.

Hamadi Jebali, le 19 février 2013.
Image: AFP

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Hamadi Jebali aura été Premier ministre 14 mois. Il a pris ses fonctions en décembre 2011 après la victoire de son parti aux premières élections libres de l'histoire de la Tunisie deux mois plus tôt.

«Notre peuple est déçu par sa classe politique, il faut restaurer la confiance», a-t-il souligné. Il a assuré qu'il n'y aurait pas de «vide» à la tête de l'Etat. «L'échec de mon initiative ne signifie pas l'échec de la Tunisie ou l'échec de la révolution», a-t-il noté. Hamadi Jebali s'est dit toujours «convaincu» qu'un gouvernement apolitique «est le meilleur moyen de sortir le pays de l'errance».

Il a de nouveau insisté sur l'urgence de fixer la date des prochaines élections. Toute possibilité de scrutin est toutefois paralysée par l'impasse de la rédaction de la Constitution par l'Assemblée nationale constituante (ANC).

Parmi les noms qui circulent pour le poste de Premier ministre, on compte Abdelatif Mekki, ministre de la Santé, et Noureddine Bhiri, ministre de la Justice. Mais Ennahda pourrait aussi décider de reconduire Hamadi Jebali.

Discussions mercredi

Prenant les devants, Hamadi Jebali a dit qu'il ne s'inscrirait «dans aucune initiative qui ne fixe pas la date des prochaines élections». «A quand la Constitution? A quand les élections?» a-t-il lancé.

Rached Ghannouchi, chef d'Ennahda, et le président du pays Moncef Marzouki doivent discuter mercredi «du candidat d'Ennahda à la présidence du gouvernement», selon la page Facebook de Rached Ghannouchi. Tout candidat au poste de chef de gouvernement doit être déterminé par Ennahda, qui contrôle le plus grand groupe de députés à l'ANC (89 sur 217).

Actuellement les islamistes d'Ennahda sont alliés au parti de Moncef Marzouki, le Congrès pour la République (CPR), et à un autre mouvement laïc de centre-gauche, Ettakatol. Mais leurs relations sont très tendues et Ennahda veut élargir la coalition. Après l'échec de l'idée du cabinet apolitique, plusieurs partis ont jugé possible un compromis autour d'un gouvernement mêlant technocrates et personnalités politiques.

L'objectif reste de pacifier une situation, plus qu'électrique depuis l'assassinat le 6 février de l'opposant anti-islamiste Chokri Belaïd, et de créer les conditions pour l'organisation d'élections.

Ouverture d'Ennahda

Les lignes de fracture restent profondes. L'essentiel de l'opposition et les alliés laïques d'Ennahda insistent pour que les ministères régaliens soient confiés à des indépendants, un point sur lequel Ennahda reste réticent.

Rached Ghannouchi a déclaré lundi qu'il était essentiel que les islamistes et les partis laïques partagent le pouvoir, aujourd'hui et dans le futur. «Tout gouvernement stable en Tunisie a besoin d'une coalition modérée composée d'islamistes et de laïques», a-t-il déclaré.

Il a ajouté qu'Ennahda pourrait accepter un compromis sur le contrôle de portefeuilles comme la Défense, les Affaires étrangères, la Justice et l'Intérieur. «Nous sommes prêts à discuter de tous les ministères, y compris des ministères régaliens, dans un nouveau gouvernement de coalition.»

Près de deux semaines après le meurtre de Chokri Belaïd, aucune information n'a été donnée sur l'évolution de l'enquête, le ministère de l'Intérieur se bornant à dire qu'elle avançait «sérieusement». Les proches du défunt accusent Ennahda, qui dément, du crime.

Outre les divisions politiques, la Tunisie fait face aux frustrations sociales qui dégénèrent régulièrement en violences, le chômage et la misère ayant été au coeur de la révolution qui a renversé Zine El Abidine Ben Ali en janvier 2011. (ats/Newsnet)

Créé: 19.02.2013, 22h03

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