Tuerie d'Aurora
L'Amérique se résigne à sa loi sur les armes
Mis à jour le 25.07.2012 2 Commentaires
Encore vingt victimes hospitalisées
Cinq jours après la tuerie dans un cinéma d’Aurora, la banlieue de Denver, vingt victimes étaient toujours hospitalisées, dont sept sont dans un état critique et deux dans un état grave.
La fusillade en pleine projection du dernier Batman a fait douze morts, dont une fillette de six ans, et 58 blessés.
Une femme de 21 ans ayant survécu a accouché mardi d’un petit garçon. Son mari, blessé à la tête, a été placé en coma artificiel.
L’auteur présumé du massacre, James Eagan Holmes, un homme de 24 ans arrêté peu de temps après, a comparu pour la première fois lundi devant la justice. Il n’a pas prononcé la moindre parole durant la brève audience et n’a exprimé aucune émotion.
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La classe politique, à droite comme à gauche, se refuse à braver l'influence du lobby des armes.
Mené par la National Rifle Association (NRA), le lobby des armes, qui dispose d'importants moyens financiers, répète à l'envie qu'empiéter sur les libertés fondamentales des Américains n'empêchera pas un tueur fou de passer à l'acte.
Dépourvu d'antécédents judiciaires, James Holmes, l'auteur présumé de la tuerie de vendredi dans un cinéma du Colorado, a pu légalement acheter quatre armes à feu dont un fusil semi- automatique. Via l'internet, il a pu accumuler plus de 6000 munitions.
Interrogé sur le sujet, le candidat républicain à la présidentielle de novembre, Mitt Romney, a affirmé lundi sur la chaîne de télévision CNBC que des lois plus sévères n'auraient pas empêché la tuerie.
«Je crois fermement au deuxième amendement» de la Constitution américaine, qui garantit le droit de porter une arme, a-t-il déclaré.
Un point de vue partagé par le gouverneur - démocrate - du Colorado, John Hickenlooper: si James Holmes «avait trouvé des explosifs ou autre chose comme du gaz toxique, il aurait trouvé le moyen d'aboutir à cette (même) horreur.»
Plus propice aux tueries?
Les partisans d'une réglementation plus sévère considèrent que les lois laxistes de nombreux Etats font des Etats-Unis un pays plus propice aux tueries que le reste du monde.
Faux, a répondu John McCain, l'ancien candidat à la Maison Blanche, qui a rappelé le massacre commis en Norvège il y a tout juste un an (77 morts). «Le tueur vivait dans un pays dont la réglementation est très stricte, il a pourtant réussi à obtenir les moyens nécessaires à un massacre.»
En année électorale, la classe politique ne devrait pas s'aventurer sur un terrain aussi glissant que la question du port d'arme.
«Il faut voir la réalité en face: ces tragédies vont continuer à moins que nous ne modifions nos lois laxistes», déplore le sénateur démocrate du New Jersey, Frank Lautenberg. Ce dernier souhaite légiférer pour limiter la capacité des chargeurs.
Le maire de New York, Michael Bloomberg, est l'un des rares hommes politiques de premier plan à dénoncer le manque de contrôle des armes. Il ne réclame pas pour autant de nouvelles lois, mais «quelques ajustements».
Bloomberg pour un ajustement
Soulignant que 40% des armes sont achetées dans des foires sans aucune vérification des antécédents judiciaires de l'acheteur, l'élu demande que les Etats respectent l'obligation d'envoyer au fichier central toute information concernant les individus ayant des maladies psychiatriques ou impliqués dans des affaires criminelles.
«Présenter ses condoléances (après une tuerie), c'est bien gentil, mais quelqu'un doit faire quelque chose», a dénoncé Michael Bloomberg, visant explicitement les deux candidats à la Maison Blanche.
De son côté, Barack Obama n'a pas évoqué directement le sujet de la réglementation. «Dans les prochains jours, les prochaines semaines et les prochains mois, nous réfléchirons tous à ce que nous pouvons faire face à la violence insensée dont ce pays souffre», a déclaré le président américain.
Prudent sur la question, Barack Obama n'ignore pas que de nombreux Etats-clés pour l'élection présidentielle, l'Ohio, la Virginie et la Pennsylvanie par exemple, ont un électorat majoritairement favorable aux armes à feu et très attaché au droit de porter une arme.
Interviewé par la chaîne ABC, Charles Ramsey, commissaire de police à Philadelphie, a confié n'espérer «absolument aucun changement» en matière de législation. «On va beaucoup parler, il y aura beaucoup de débats, mais tout finira par s'évanouir dans la nature comme malheureusement à chaque fois.» (ats/Newsnet)
Créé: 25.07.2012, 07h59
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2 Commentaires
Le seul fait de reconnaître la possession d'armes et de se défendre en les utilisant comme des "droits" fondamentaux implique une sorte de "droit" non dit mais légitime de tuer. Aux USA il y a des précédents dont le plus effroyable fut de justifier politiquement et même religieusement l'extermination des Indiens, hommes femmes et enfants. Répondre
Que cette culture de la violence aveugle les amènent a s'entre tuer chez eux, c'est dans l'ordre des choses, la ou ça ne va plus, c'est lorsqu'ils appliquent ce comportement a leur politique étrangère. Répondre
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