Tunisie
Couvre-feu décrété à Tunis
Mis à jour le 12.06.2012 2 Commentaires
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Le couvre-feu est décrété pour le «Grand Tunis», qui comporte quatre gouvernorats, et les gouvernorats de Sousse (est), Monastir (est), Jendouba (nord-ouest), et Medenine (sud), selon un communiqué des ministères tunisiens de la Défense et de l'Intérieur.
Plusieurs localités, outre la capitale Tunis, ont été le théâtre depuis 48 heures d'attaques de postes de police, de sièges syndicaux et de partis politiques, et d'un tribunal par des groupes mêlant membres de la mouvance salafiste et casseurs.
Les troubles ont jusqu'ici fait une centaine de blessés dont 65 policiers dans la nuit de lundi et mardi à Tunis et en banlieue. Plus de 160 personnes ont été arrêtées après ces violences, selon le ministère tunisien de l'Intérieur.
La plupart des blessés ont été touchés par des jets de pierre, mais certains ont reçu des plombs de fusil de chasse, a précisé cette source, ajoutant que la majorité étaient des blessés légers.
Ces personnes étaient encore hospitalisés mardi après-midi dans les services d'urgence de trois établissements de Tunis, mais «sont susceptibles de rentrer chez elles à tout moment», selon cette source.
Au chat et à la souris
Au total 165 personnes ont été arrêtées après ces incidents nocturnes, a ajouté Khaled Tarrouche. Selon lui, des affrontements se poursuivaient mardi soir dans la cité populaire Intilaka à l'ouest de Tunis, où des «groupes organisés jouent au chat et à la souris avec les forces de l'ordre».
Auparavant, le responsable du bureau de presse du ministère de tunisien l'Intérieur, Lotfi Hidouri, avait indiqué: «Nous avons arrêté 90 personnes dans les milieux salafistes et criminels». La majorité des personnes interpellées sont des délinquants ayant des antécédents judiciaires, avait alors précisé le porte-parole du ministère Khaled Tarrouche sur la radio Shems FM.
«Actes terroristes»
Le ministère tunisien de la Justice a estimé pour sa part que ces violences constituaient des «actes terroristes» et que les personnes arrêtées seraient jugées en vertu des lois anti-terroristes établies sous le régime Ben Ali.
Le représentant du ministère Mohamed Fadhel Saihi a aussi annoncé la mobilisation des gardiens de prison pour «protéger les tribunaux à travers le pays. «Ils ont reçu des ordres pour utiliser tous les moyens y compris les tirs à balle réelle pour déjouer toute éventuelle attaque», a-t-il déclaré.
Des oeuvres d'art détruites
Des locaux du tribunal de la cité populaire d'Essijoumi (ouest de Tunis) ont été incendiés et pillés, des postes de police à La Marsa (banlieue chic du nord) attaqués, a-t-il dit, précisant également que les assaillants ont été repoussés à coup de gaz lacrymogènes.
A Essijoumi, un photographe a constaté que le bureau du procureur au sein du tribunal avait été totalement incendié, ainsi qu'un camion de la Protection civile brûlé au milieu de la rue.
Les violences ont également touché les cités populaires d'Ettadhamen et Intilaka dans l'ouest de la capitale, et la tension restait vive dans ces quartiers.
A La Marsa, les assaillants ont tenté de pénétrer dans le palais Abdellia, où une exposition dans le cadre du «Printemps des arts» avait provoqué dimanche la fureur d'islamistes. Plusieurs oeuvres jugées offensantes pour l'islam avaient été détruites dans la nuit de dimanche à lundi par des groupes introduits dans le palais.
Le ministre tunisien de la Culture Mehdi Mabrouk a pour sa part annoncé mardi qu'il allait porter plainte contre les organisateurs de l'exposition «Printemps des Arts».
«Une plainte pour atteinte aux valeurs du sacré sera déposée contre l'association qui a organisé l'exposition», a déclaré Mehdi Mabrouk. Il a ajouté que le palais Abdellia à La Marsa, dans la banlieue de Tunis, serait fermé jusqu'à la désignation d'une administration.
Mesure sécuritaire
Par ailleurs, les locaux régionaux de la puissante centrale syndicale UGTT et de trois partis de l'opposition politique ont été attaqués ou incendiés à Jendouba, dans le nord-ouest de la Tunisie, a rapporté l'agence.
Les assaillants ont également mis le feu mardi matin à un camion transportant des boissons alcoolisées et barré la route devant la direction régionale de la protection civile de Jendouba, selon l'agence.
Plusieurs personnes ont été arrêtées et auraient affirmé «avoir été payées par des salafistes pour commettre ces actes de destruction», selon des sources sécuritaires. Des renforts policiers et des unités de l'armée ont été déployés à Jendouba. (ats/afp/Newsnet)
Créé: 12.06.2012, 21h04
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2 Commentaires
Pourquoi ouvrir aux commentaires puisque même les commentaires très modérés sont supprimés ? J'ai remarqué que dès que l'on mentionne les mots islam, catholique, etc. on est censuré quoi qu'on dise ! Autant avoir le courage de dire clairement que la TG est un journal qui interdit de critiquer les religions (mais laisse les religions critiquer les athées et agnostiques...). Répondre
J'espère pour nos amis Tunisien que les troubles actuels ne va pas limiter la saison touristique qui commence dans quelques jours. Répondre
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