Course engagée pour atteindre les zones isolées

Séisme au NépalL’aide humanitaire s’organise mais des régions restent inaccessibles. Les ONG suisses, très présentes dans le pays, se mobilisent

Au village de Kumalpur, au nord de Katmandou, les habitants fouillent les ruines à la recherche de ledurs biens et de nourriture.

Au village de Kumalpur, au nord de Katmandou, les habitants fouillent les ruines à la recherche de ledurs biens et de nourriture. Image: NARENDRA SHRESTHA/EPA

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Hôpitaux débordés, habitants hébétés, contraints de dormir sous des abris de fortune parce qu’ils ont perdu leur maison ou n’osent pas y retourner, ruées dans les magasins toujours debout. L’état d’urgence humanitaire s’est installé au Népal après le séisme qui a frappé le pays samedi, suivi de nombreuses répliques, plongeant la population dans la peur permanente.

Selon le dernier bilan officiel malheureusement très provisoire, la catastrophe a fait plus de 4000 morts et plus de 7500 blessés. Mais ces chiffres risquent bien de se multiplier ces prochains jours, car de nombreuses zones rurales, autour de l’épicentre, restent isolées. L’inquiétude est de mise car dans un rayon de 100 km autour de l’épicentre se concentrent 4,6 à 6,6 millions de personnes.

Le gouvernement népalais a dit hier manquer d’hélicoptères pour atteindre les régions enclavées. Or le temps presse. Non seulement dans l’espoir de secourir encore des personnes ensevelies, mais aussi pour venir en aide à la population. Eau potable, denrées de base, médicaments, abris, couvertures, il manque de tout. Et le mauvais temps, les coupures de courant et la fragilité des réseaux de communication compliquent encore les opérations.

Vision d’épouvante

«L’un de nos collègues qui a réussi à gagner Katmandou depuis l’est du pays a pris des photos depuis l’avion. C’est épouvantable, tous les villages sont aplatis», raconte Beatrice Weber, coordinatrice des opérations de secours à la Croix-Rouge suisse. Ce mardi, l’organisation envoie six de ses logisticiens sur place, afin d’y coordonner la distribution de matériel, «un domaine dans lequel nous avons une certaine expérience», dit Beatrice Weber.

Hier, de Genève, la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge a estimé ses besoins à 34 millions de francs pour venir en aide à 75 000 personnes. De Genève aussi, le Programme alimentaire mondial de l’ONU a annoncé préparer une opération d’aide «massive». «On mobilise tous nos stocks de nourriture dans la région», a souligné Elisabeth Byrs, porte-parole. Un premier avion devrait arriver mardi matin.

Alors que l’aide internationale afflue de partout à l’aéroport de Katmandou, Berne a envoyé au Népal six experts du Corps suisse d’aide humanitaire. En outre, de nombreuses ONG suisses actives au Népal pour des projets humanitaires au long cours s’organisent. Solidar prévoit de distribuer des kits de première nécessité. Helvetas, présente dans le pays depuis soixante ans, œuvre déjà dans la reconstruction, notamment pour un aspect primordial: l’assainissement de l’eau.

Terre des hommes, active au Népal depuis 1985, s’emploie à apporter un soutien psychologique aux populations. «Les gens sont traumatisés, la peur de retourner dans les maisons va durer et on peut craindre qu’il y ait un grand nombre d’orphelins», affirme Marc Kempe, porte-parole de l’ONG. Selon les estimations avancées hier par l’Unicef, un million d’enfants sont durement touchés par le séisme.

SOS en montagne

A Lausanne, l’organisation Norlha est très inquiète. Cette ONG œuvre depuis plusieurs années auprès des communautés de montagne de districts très pauvres et proches de l’épicentre du séisme. Julien Bettler, directeur de l’ONG, a obtenu des nouvelles du terrain par les ONG partenaires présentes dans ces zones reculées. «Jharlang, un village du district de Dhading avec lequel nous avons réussi à entrer en contact, est à 80% détruit. Il y a au moins 80 morts, et il est probable que ce bilan s’alourdira», dit-il. «Il faut plusieurs jours de marche pour atteindre ces villages et les glissements de terrain vont compliquer les choses. Les gens ont besoin d’urgence d’aide médicale. D’ordinaire déjà, leur accès aux soins est très limité. Je suis un peu moins inquiet pour la nourriture, car ces villageois sont des producteurs nourriciers, mais la situation est globalement très préoccupante.» L’ONG, dont l’équipe est basée à Katmandou, compte apporter son savoir-faire dans l’accès à ces populations isolées.


Appels aux dons

La Chaîne du Bonheur travaille entre autres avec la Croix-Rouge suisse, Solidar et Terre des hommes: CCP 10-15 000-6, mention «Népal». L’ONG Norlha opère dans les régions de montagne reculées: CCP 10-187 842-6. (TDG)

(Créé: 27.04.2015, 21h18)

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