Aux Pays-Bas, les prisons mettent la clé sous la porte

Europe du NordConfronté à un problème de sous-occupation carcérale, les maisons d'arrêt néerlandaises ouvrent leurs portes aux détenus étrangers, aux migrants et aux touristes.

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Contrairement au reste des pays européens, les Pays-Bas souffrent d’un problème de sous-occupation carcérale… Faute de détenus, une trentaine de maisons d’arrêt néerlandaises ont mis la clé sous la porte entre 2009 et 2016. Et près d’un tiers des 13 500 cellules du pays des tulipes sont inoccupées, selon Jaap Oosterveer, porte-parole du Ministère de la justice, qui estime que cette tendance va se poursuivre.

Ces dix dernières années, la population carcérale (désormais l’une des plus faible d’Europe après la Finlande) a diminué de 20% aux Pays-Bas. En cause? Le vieillissement de la population, le développement des programmes de réinsertion et de liberté surveillée et surtout une baisse de la criminalité de 0,9% par an. A ce rythme, les prisons se vident à la vitesse grand V.

Dès lors, que faire de tous ces locaux devenus inutiles? Accueil de détenus étrangers, centres d’hébergement temporaire pour demandeurs d’asile, hôtel de luxe, le gouvernement ne manque pas d’imagination pour recycler ces prisons à l’abandon.

Depuis 2010, le royaume loue une partie de ses centres pénitenciers à ses voisins débordés. La Belgique a ainsi loué cinq cents cellules dans la prison de Tilburg, à quelques kilomètres de la frontière, pour une durée de six ans. Un autre pays a pris le relais. En septembre 2015, les clés de la prison de haute sécurité de Norgerhaven, dans le nord du pays, ont été cédées à un directeur de prison norvégien pour une durée de trois ans. Près de 240 prisonniers y purgent actuellement leur peine, le temps que des places se libèrent dans leur pays. Une «délocalisation» qui coûte plus de 25 millions d’euros à Oslo chaque année. L’opération est donc rentable pour les autorités néerlandaises, qui précisent qu’en plus, elle permet de préserver les emplois dans la région.

Autre initiative. Face à la pénurie de logements pour les migrants, certains établissements pénitentiaires voués à la démolition ont récemment ouvert leurs portes aux réfugiés… Au total, douze prisons ont été reconverties en centre d’accueil temporaire pour demandeur d’asile. Moyennant quelques aménagements, (suppression des barbelés, des grilles, des verrous et des caméras, notamment), d’anciennes cellules ont été transformées en appartements pour accueillir des familles syriennes ou afghanes. Des terrains de sport, de grandes cuisines communes et des jardins ont par ailleurs été aménagés, histoire d’offrir un minimum de confort (et de perspectives?) à ces migrants en transit ou en attente de visa.

Quant au centre de détention de la ville de Roermond, il a été métamorphosé en hôtel de luxe en 2011. Comptez quelques centaines de francs pour un week-end derrière les barreaux.

(TDG)

Créé: 13.02.2017, 18h40

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