Liliane Bettencourt (G) et l'ancien Ministre du budget et ancien trésorier du parti UMP, Eric Woerth.
Eric Woerth a toujours nié toute malversation et s'est dit victime de calomnies.
Arrivé au palais de justice de Bordeaux vers 9h, l'ancien ministre du Travail, ancien trésorier du parti majoritaire UMP et de la campagne présidentielle victorieuse de Sarkozy en 2007, a été entendu toute la journée par les juges d'instruction. Il a quitté le tribunal à 21h50 après avoir été mis en examen pour «trafic d'influence passif».
Une telle inculpation de ce pilier du système Sarkozy est embarrassante pour le président français qui doit rendre officielle dans les prochaines semaines sa candidature à un second mandat. Il est à ce stade donné largement perdant par les sondages face au candidat socialiste, François Hollande.
Eric Woerth, 56 ans, qui avait porté l'emblématique réforme des retraites, avait quitté le gouvernement en novembre 2010. Il avait été emporté dans la tourmente de la tentaculaire affaire Liliane Bettencourt, du nom de la riche héritière des cosmétiques L'Oréal, troisième fortune de France.
Dans les méandres d'un différend familial, opposant la dame de 89 ans à sa fille, les médias et la justice ont mis au jour des soupçons d'abus de faiblesse, de favoritisme et de financement politique illicite.
Financement politique réglementé
Eric Woerth a toujours nié avoir commis le moindre délit. Il devait en particulier se défendre des accusations émanant de l'ancienne comptable des Bettencourt, Claire Thibout. Celle-ci a affirmé à plusieurs reprises à la police et à la justice qu'il lui avait été demandé début 2007 de retirer 150'000 euros destinés à être remis à Eric Woerth, alors trésorier de l'UMP.
Elle a déclaré au final avoir remis 50'000 euros en espèces à l'ancien homme de confiance de la milliardaire, Patrice de Maistre. Celui-ci lui aurait laissé entendre qu'il les remettrait le lendemain à Eric Woerth pour financer la campagne de Nicolas Sarkozy.
Le financement politique en France est strictement règlementé depuis les années 1990. Les dons à des partis ou des personnalités sont possibles, mais strictement limités.
Cette mise en examen marque un nouveau coup d'arrêt à la carrière politique d'Eric Woerth, spécialiste des dossiers financiers complexes et dont le nom fut cité pour le poste de premier ministre. Avant que n'éclate l'affaire Bettencourt.
(ap)
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