Le stockage de données «dans les nuages» a perdu en crédibilité depuis la fermeture de Megaupload.
Le «Cloud computing» (l’informatique dans les nuages), c’est fantastique… paraît-il. A tel point qu’Apple a intégré ce service sur son dernier iOS et que de grands noms, Amazon en tête, s’y mettent aussi. Les utilisateurs suivront-ils?
Le concept est simple. Plutôt que de stocker ses fichiers sur un disque dur rivé à un seul ordinateur, ceux-ci sont confiés à un prestataire de service, qui les héberge sur ses serveurs. Principal avantage: l’accessibilité. Où qu’il se trouve sur la planète, l’utilisateur peut accéder à ses fichiers via le Cloud. Exit la clé USB ou le disque dur externe pour emmener avec soi ses documents, sa musique ou ses vidéos. Il suffit désormais d’une simple connexion à internet.
De nombreux prestataires de service se sont engouffrés sur ce marché, louant ou offrant gratuitement des espaces de stockage virtuels plus ou moins grands. Dropbox et RapidShare comptent parmi les plus connus. Même les grandes marques administrent des nuages, comme Microsoft (SkyDrive), Apple (iCloud) ou Amazon (Cloud Drive).
Megaupload aussi, était utilisé par des centaines de milliers d’internautes pour stocker des données 100% légales. Et la probabilité est grande qu’elles soient effacées dans les semaines à venir, sans que les utilisateurs puissent les récupérer.
Aucune garantie
La mésaventure Megaupload, fermé le 19 janvier pour crime contre le copyright, met en lumière une des faiblesses du Cloud computing. L’accessibilité et la pérennité des données confiées aux administrateurs de nuages ne sont en aucun cas garanties! Il suffit d’un rapide coup d’œil dans les conditions d’utilisation pour s’en rendre compte. «L’utilisateur est responsable du back-up des données qu’il stocke sur RapidShare», se dédouane le service basé en Suisse. «Vous seuls êtes responsable de la sauvegarde et de la protection de vos fichiers», écrit DropBoX. Même son de cloche chez Microsoft & Co.
Autrement dit: vous stockez sur les Clouds à vos risques et périls. Le disque dur externe, les supports de mémoires Flash et autres clés UBS ont encore de beaux jours devant eux. Les spécialistes de la sécurité de l’information recommandent de stocker ses fichiers importants sur 3 supports différents.
Si les prestataires de service se dédouanent abondamment en cas de perte de donnée, ils offrent néanmoins des services sécurisés par des internautes. Pas sûr que l’internaute lambda, qui surfe sur internet sans précaution et a fait de «welcome» son mot de passe universel, bénéficie en privé d’une protection plus efficace.
De la peine à séduire les jeunes
Dans l’ensemble, 90% des internautes se disent intéressés par le stockage à distance, selon une toute nouvelle étude du cabinet Pricewaterhouse Coopers. Petit hic, seuls 30% des personnes interrogées seraient prêtes à payer pour cet hébergement.
L’enquête, menée auprès de 502 personnes, révèle aussi que les 18-34 ans sont les plus sceptiques face au Cloud. Cette tranche d’âge est aussi celle qui télécharge le plus. Il est donc logique qu’elle appréhende de stocker sur le nuage vidéos et musiques piratées.
A noter que l’étude Pricewaterhouse Cooper a été menée fin 2011, avant la fermeture de Megaupload. L’intervention du FBI et la destruction probable des fichiers légaux ne manquera pas d’attiser cette crise de confiance envers les services de stockage à distance. Personne n’a envie de se voir poursuivi après une perquisition dans les nuages. Or c’est ce qu’augure le coup de filet des autorités américaines.
( Tribune de Genève )
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