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Londres 2012

La Suisse rate-t-elle le train du sport d’élite?

Par Sandrine Perroud. Mis à jour le 10.08.2012 2 Commentaires

Quelle leçon tirer du petit nombre de médailles suisses récoltées aux JO de Londres? L'avis de la conseillère nationale Barbara Schmid-Federer et de Grégoire Millet, directeur de l’Institut des sciences du sport de l’UNIL.

1/6 Le 4 août, Nicola Spirig décroche l'or en triathlon.
Image: Keystone

   

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Quels espoirs de médailles ?

La Suisse a obtenu trois médailles à Londres. L’or en triathlon avec Nicola Spirig et en hippisme avec Steve Guerdat, et l'argent en tennis, avec Roger Federer.

Jusqu’à dimanche, la Suisse peut encore espérer décrocher une médaille en VTT. L’épreuve dame aura lieu samedi. Celle des messieurs, dimanche.

Nino Schurter, trois fois champion du monde, tenant du titre de la Coupe du monde et médaillé de bronze à Pékin, fait figure de favori.

Les JO de Pékin en 2008 s’étaient soldés par six médailles: quatre de bronze (VTT, hippisme, cyclisme et judo) et deux d’or (cyclisme et tennis).

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La Suisse avait terminé à la 34e place du classement des nations aux JO de Pékin. Sans se démonter, la mission suisse de l’époque avait déclaré viser une place dans le top 25 aux Jeux de Londres.

Avec trois médailles, les Helvètes figurent pour l’instant au 28e rang (sur 37) du classement. Entre la Croatie et l’Ethiopie. A trois jours de la fin des Jeux, l'objectif fixé en 2008 sera donc difficile à atteindre.

Où est le problème? «La Suisse doit beaucoup plus investir dans le sport d’élite!», répond sans hésiter jeudi la conseillère nationale zurichoise PDC Barbara Schmid-Federer. Celle-ci avait déposé une interpellation allant en ce sens au Conseil fédéral en 2008.

Elle lui demandait d’être attentif aux disciplines sportives moins soutenues par les sponsors privés, à l'exemple de l'escrime et de la natation synchronisée. Un encouragement ciblé pourrait être mis en place, suggérait-elle, à l’exemple de ce qui se pratique dans la culture pour les artistes talentueux. Actuellement, la Confédération privilégie la subvention du sport de masse à celui du sport d’élite, financé en grande partie par des fonds privés.

Repérer tôt les talents

Même si elle se réjouit des médailles décrochées par la Suisse, la conseillère nationale est inquiète: «Comme l’a dit Ueli Maurer lui-même, si on ne fait pas attention dès maintenant, on risque de perdre le niveau de l’élite mondiale.»

Pour ne pas rater le train en marche, il convient d'agir en amont, selon elle: «Il faudrait faciliter la créations d’écoles destinées à l’élite sportive. Il est par exemple encore difficile en Suisse de mener de front sa maturité gymnasiale et une carrière sportive.»

Barbara Schmid-Federer ajoute que tout se joue même avant l’adolescence: «Les enfants qui représentent de bons potentiels devraient être sortis du cycle scolaire standard et inscrits dans des écoles spéciales où une part importante du programme est destinée aux entraînements sportifs».

Une proposition qui convainc Grégoire Millet, directeur de l’Institut des sciences du sport de l’Université de Lausanne (ISSUL). Mais qui demande d'être nuancée: «Il faut certes une vraie filière d’excellence sportive en Suisse, mais celle-ci doit également s’associer à l’excellence scolaire. Nous ne sommes plus au temps des écoles sportives soviétiques! De plus, ce type de formation irait bien avec la mentalité suisse qui accorde de l’importance à la réussite scolaire.»

Favoriser les sciences du sport

Avant de se consacrer à une carrière académique, Grégoire Millet a été directeur de l’équipe britannique de triathlon aux JO de Sydney, en 2000. Depuis, il suit de près l’évolution du milieu et revient d’un séjour londonien. Son regard est donc sans appel, lorsqu’il s’agit de comparer la Suisse aux autres nations. Pour lui, la création d’un réseau de spécialistes des sciences du sport, comme l’ont fait récemment l’Australie, le Japon et la Grande-Bretagne, est un élément-clé du succès.

«Toutes les compétences pour réussir sont présentes en Suisse», ajoute le professeur. Il manque simplement une volonté politique de faire du sport d’élite une priorité. Et une volonté de mettre en réseau ces savoirsi: «En 1996, la Grande-Bretagne n’avait décroché qu’une seule médaille d’or aux JO. Les milieux sportifs ont réagi promptement à cet échec en mettant fin au modèle strictement amateur. On en a vu les résultats positifs dix ans plus tard, et encore cette année à Londres, évidemment.»

Grégoire Millet voit trois champs d’action possibles en Suisse, et donc trois domaines d’investissements: le premier devrait permettre à l’athlète de se consacrer à 100% à sa discipline. Le second doit favoriser l’accompagnement d’experts scientifiques autour de lui. Enfin, il faudrait absolument professionnaliser le métier et la formation d’entraîneur. En repérant notamment les meilleurs talents parmi eux.

Action politique envisagée

«Si l’équipe britannique de cyclisme est aussi performante cette année, c’est grâce à la mise en place de cette dynamique, de ces trois points», souligne le directeur de l'Institut universitaire. «Nous commençons à former à l’ISSUL des docteurs en sciences du sport, des physiologistes, des biomécaniciens…. Mais une fois diplômés, certains doivent partir travailler à l’étranger...»

La balle est donc dans le camp politique. La conseillère nationale Barbara Schmid-Federer envisagerait-t-elle de se lancer dans la bataille? «Je ne sais pas encore comment, mais j'y songe, oui...», répond-elle. (Newsnet)

Créé: 10.08.2012, 06h38

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2 Commentaires

Pierre Erreip

10.08.2012, 09:06 Heures
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Mais n'est-ce pas la bonne voie de favoriser le sport de masse et pas le sport d'élite?Autant le sport de masse est une priorité de santé publique, autant le sport d'élite n'a pas à être financé par des fonds publics.Les USA sont au top pour le sport d'élite mais 30% de la population est obèse avec tous les problèmes que cela engendre. Est-ce la voix que doit suivre la Suisse ? Répondre


olivier requet

10.08.2012, 08:23 Heures
Signaler un abus 4 Recommandation 0

La Suisse ne répartit pas les moyens pour le sport d'élite. A voir le nombre de terrains de foots qu'on a en Suisse comparé aux performances de notre équipe nationale c'est révélateur.Certains sports sont largement trop subventionnés alors que les résultats ne sont pas là, comparé à d'autres ou l'on a des athlètes dans le top mondial mais qui doivent souvent eux-mêmes payer leur saison. Répondre



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