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Internet

La protection de l'e-réputation, un marché en pleine expansion

Par Christine Werlé. Mis à jour le 15.08.2012 1 Commentaire

Être calomnié ou insulté sur la Toile est de plus en plus courant. Ces attaques virtuelles laissent souvent les victimes démunies, mais la défense s'organise. Des sociétés spécialisées dans la protection de l'e-réputation fleurissent en Suisse.

La diffamation sur les réseaux sociaux est de plus en plus courante.

La diffamation sur les réseaux sociaux est de plus en plus courante.
Image: Keystone

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Taper son nom dans un moteur de recherches et se retrouver associé aux mots «escroc» ou «pute» est une mésaventure qui arrive régulièrement à des internautes ou même à des sociétés. Ces derniers se retrouvent souvent démunis face à ce genre d'attaques virtuelles, et ne savent pas comment réagir.

Même s'il est toujours compliqué de protéger sa réputation sur la Toile, il existe en Suisse un arsenal juridique en la matière qui, lui, n'a rien de virtuel. Les avocats le rappellent: la diffamation sur internet, comme tout autre sorte de diffamation, est pénalement punissable.

«Les grandes plateformes ont une politique claire en la matière. Lorsque nous entreprenons des démarches administratives pour leur demander de retirer les propos diffamatoires ou insultants, elles s'exécutent en général», explique Carole Aubert, avocate spécialisée dans le droit des nouvelles technologies à Neuchâtel.

Les lacunes du droit suisse

Là où les choses se compliquent, c'est lorsque le serveur est à l'étranger. «Les actions en justice se heurtent à l'internationalité, car ce n'est plus le droit suisse qui s'applique alors», relève Carole Aubert, qui cite un autre problème du droit des nouvelles technologies: l'usurpation d'identité ne peut pas être poursuivie. «Lorsque quelqu'un crée un faux profil Facebook avec votre nom et votre photo, ce n'est pas pénalement répréhensible en Suisse», déplore l'avocate.

La mémoire perpétuelle d'internet pose un troisième problème. Il est en effet très difficile d'effacer totalement des propos insultants sur la Toile. Certains y ont vu récemment un nouveau marché à conquérir. D'où l'émergence en Suisse de sociétés spécialisées dans l'e-réputation. Leur job? La gestion de la réputation en ligne de particuliers ou d'entreprises.

Un nouveau marché

«Actuellement, la demande est croissante en raison de la prise de conscience globale de l'univers digital», explique David Scholberg, directeur et fondateur de l'agence KBSD à Genève, dédiée au marketing digital. Ses clients sont aussi bien des particuliers que des entreprises.

David Novelli, directeur de l'agence Egga à Corcelles (NE), se souvient que l'affaire Madoff lui a amené beaucoup de clients. «Il a fallu rétablir la réputation de courtiers et de sociétés en lien direct ou indirect avec l'escroc Bernard Madoff, qui n'avaient pas pris part à la fraude, mais dont les noms avaient été publiés par certains journaux suisses», dit-il.

Pour nettoyer les données dérangeantes sur internet, David Novelli utilise un procédé relativement simple et plutôt efficace. «Tout d'abord, nous faisons des démarches administratives pour demander le retrait du contenu diffamatoire», commence David Novelli. Le but est ensuite d'occuper le terrain virtuel pour que le nom du client apparaisse dans les dix premiers résultats des moteurs de recherche.

«Pour cela, nous créons un mini-site pour la personne où elle peut se présenter, et nous l'inscrivons sur Facebook et sur Twitter», poursuit M.Novelli. Dernière étape: sur les dix résultats de la recherche, il faut créer du contenu référencé pour créer de la popularité. Ainsi, le nom du client reste en haut du classement. «Important: nous conseillons de ne pas répondre à une accusation sur le net», prévient l'informaticien.

L'agence KBSD à Genève va même plus loin pour nettoyer un profil. «Parfois, il est impossible de diluer un article diffamatoire. Je peux vous citer un cas l'an dernier où nous avons racheté un blog», affirme David Scholberg.

L'envers de la médaille

A l'inverse, les sociétés spécialisées dans la gestion de la réputation en ligne peuvent être mandatées par des entreprises qui cherchent à dresser le «profil digital» d'un futur employé. «Autrefois, lorsque les banques recrutaient des cadres, elles demandaient un extrait de casier judiciaire. Aujourd'hui, on demande un profil digital», révèle David Scholberg. Il s'agit pour le recruteur de savoir, par exemple, si le postulant a déjà calomnié son employeur.

Pour dresser ce «profil digital», l'agence va donc surveiller ce qu'elle appelle le «deep web», c'est-à-dire les forums, les blogs et les commentaires, et non pas seulement Twitter ou Facebook. «Nous garantissons cependant que la vie privée ne sera pas communiquée à l'employeur», assure M.Scholberg.

Assurance e-réputation

En Suisse, il n'existe pas pour l'heure d'assurance contre ce genre de dangers sur internet. AXA Winterthur a lancé ce printemps sur le marché français une assurance qui comprend notamment un nettoyage des données insultantes et diffamatoires sur la Toile ainsi qu' une participation aux frais et honoraires pour une éventuelle action en justice. De son côté, Swisslife assure depuis l'an dernier l'e-réputation, mais toujours en France.

Ce type d'assurance pourrait bientôt voir le jour en Suisse. Contactée, AXA fait savoir qu'elle «observe le développement du marché et les changements des besoins de nos clients pour pouvoir anticiper de nouvelles solutions».

Les agences Egga et KBSD confirment avoir été contactées par des assurances suisses pour essayer d'imaginer un produit sur l'e-réputation. «Le problème, c'est qu'il n'existe aucune garantie de supprimer totalement les contenus diffamatoires. Nous ne pouvons que diluer l'information», remarque David Novelli.

Pour David Scholberg, le concept est boiteux, car les assurances ne sont pas équipées pour fournir une assistance immédiate.«Or, c'est justement d'une assistance immédiate qu'a besoin un parent trouvant une photo suggestive de ses enfants sur Facebook. Il aura besoin de professionnels qui prennent en charge la totalité de l'affaire, c'est-à-dire l'aspect digital, administratif, juridique et psychologique», conclut M. Scholberg. (Newsnet)

Créé: 15.08.2012, 08h38

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1 Commentaire

jules VOBIEN

10.10.2012, 23:43 Heures
Signaler un abus 1 Recommandation 0

une nouvelle assurance e-réputation couvre maintenant la suisse: REPUTATION PROTECT Répondre



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