Histoire d'un petit réseau genevois qui voudrait bien laisser sa trace dans l'Histoire

High-TechLa start-up de Plainpalais propose de créer des communautés virtuelles en quelques clics

Hyperweek, plate forme genevoise de réseaux sociaux. De gauche à droite: Julien Mouille, Sébastien Fievet et Raphaël Briner.

Hyperweek, plate forme genevoise de réseaux sociaux. De gauche à droite: Julien Mouille, Sébastien Fievet et Raphaël Briner. Image: Pierre Abensur

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Une ancienne boulangerie. Le pétrin a été remplacé par des lampes bleuâtres, les murs repeints en blanc. La machine à café, elle aussi, paraît nouvelle. Le reste est d’origine: vieux carrelages en guise de sol, entrée et fenêtres donnant sur une cour intérieure qui sert de parking. C’est ici, au rez-de-chaussée d’un immeuble de la rue de la Colline, que s’est installée la start-up qui fait actuellement parler d’elle en Suisse romande, HyperWeek.

«HyperWeek est un réseau social sur mesure», explique son fondateur, Raphaël Briner. Il paraît fatigué, comme fébrile. Son concept est pourtant aujourd’hui en vogue, alors que sur Internet et dans le monde, on ne pense désormais que social. Facebook et Twitter ne comptent plus leurs membres. Ces références servent toujours plus à accéder aux trésors du Web. Les grands moteurs de recherche Google et Bing collaborent avec ces outils puissants. Les réseaux numériques poussent dans chaque coin de rue. Les internautes y consacrent toujours plus de temps.

Raphaël Briner est un précurseur. Il a flairé le bon coup en 2007 déjà, bien avant la vague actuelle, quand Facebook ne comptait guère plus de 50 millions de membres. L’idée est venue progressivement. Le webdesigner de formation dit s’être inspiré du site de partage d’images FlickR puis avoir créé un premier espace ressemblant à au réseau Google+ aujourd’hui.

Un coup de maître: notrehistoire.ch

L’entrepreneur engage des collaborateurs et lance une première version de HyperWeek à la fin de 2008. Son premier client reste l’un de ses plus importants aujourd’hui. Raphaël Briner crée en effet pour la Radio Télévision Suisse, en octobre 2009, une plate-forme interactive et ouverte à tous, notrehistoire.ch, dédiée aux archives de Suisse romande. Chacun peut y déposer des souvenirs.

Le site a aujourd’hui remporté plusieurs prix. Il sert de tremplin. Le Montreux Jazz Festival vient dans la foulée sonner à la porte de Raphaël Briner. Il en ressort un Intranet social, privé cette fois, pour toutes les personnes gravitant dans les coulisses du festival. Les clients suivent, les services de HyperWeek s’affinent. L’éditeur compte aujourd’hui une petite centaine de partenaires, la plupart du temps des entreprises romandes. Parmi les plus connues, on peut citer Nestlé, le TCS ou encore Hublot. Des réseaux publics voient aussi le jour: velocosm.ch entend réunir les cyclistes romands, inno-swiss.com promeut l’innovation helvétique.

Grosse concurrence

HyperWeek inclut des pages pour les membres et des possibilités de publication, entre textes, photos et vidéos. Le modèle économique est simple. «Un abonnement mensuel minimum de 300?francs plus 50 centimes par membre par mois pour les réseaux publics et 5?francs par mois pour les privés», précise Raphaël Briner. Les services peuvent être éphémères. Si un client ne souhaite plus payer, le réseau ferme, même si de nombreux utilisateurs l’ont adopté. La start-up n’atteint pas les chiffres noirs, dès lors elle vient de lever un demi-million de francs auprès d’investisseurs privés.

Sur le créneau des réseaux à la carte, la concurrence est importante. Des géants, français ou américains, s’intéressent au marché suisse que vise également le Genevois. Pour s’imposer, Raphaël Briner collabore avec des consultants. «La rencontre auprès des entreprises, dit-il, est essentielle.» L’éditeur dit aussi douter. «Moins dans les pays anglo-saxons, les entreprises adoptent massivement les réseaux d’entreprises. Pas dans les pays latins.» Malgré l’euphorie sociale qui caractérise le Web aujourd’hui, la gestion des réseaux sur Internet peut s’avérer difficile.

Ndlr: Version mise à jour par rapport à celle parue dans la Tribune de Genève du 19 juillet 2012 (TDG)

Créé: 19.07.2012, 13h04

Les réseaux d’entreprises en concurrence

Il y a les réseaux sociaux sur mesure. Hyperweek en confectionne, ses concurrents, comme Yammer, également. Il existe aussi les réseaux sociaux professionnels, les RSP. Ces derniers voient jusqu’à présent plus grand. Egalement publics et ouverts à tous, ils n’ont guère recours aux chablons. Montés intra muros , leur principe est clair. Ils font office de CV en ligne, accessibles à tous et entendent faciliter le dialogue entre professionnels. Pour les membres, il s’agit en outre de gérer sa réputation en ligne et de se positionner sur le marché du travail.

Ces services permettent de démultiplier ses contacts grâce aux connexions de ses contacts et d’avoir accès à plus de personnes. Des formules payantes sont proposées en plus des services de base, gratuits. Le plus connu de tous les RSP est californien, ses bureaux se trouvent à côté de ceux de Google, dans la petite cité de Mountain View. LinkedIn, lancé officiellement en 2003, comptait en mars dernier 161 millions d’utilisateurs dans plus de 200 pays et employait près de 2500 collaborateurs.

Et il croît: deux membres de plus par seconde en moyenne et un chiffre d’affaires en grande croissance, à 522 millions de dollars l’an dernier. Derrière la référence mondiale, la concurrence s’agite. Le leader français Viadeo, lancé de Paris en 2004, compte plus de 40 millions de membres dans le monde. En Allemagne, Xing, créé en 2003, revendique plus de 12 millions d’utilisateurs dans le monde. Parmi les autres réseaux sociaux exclusivement professionnels, on peut citer FinRoad, surtout présent dans les pays scandinaves, Wisestep, Perfectbusiness, Proskore, Ziggs ou encore Janzz. Le marché est très concurrentiel: d’aucuns, comme 6nergies ou Jobg, ont été contraints de fermer leurs portes.

Pour se démarquer, d’autres ciblent des communautés spécifiques. Open Science Lab s’adresse ainsi aux scientifiques et aux ingénieurs. Plus on cible, plus la communauté est petite. Voilà pourquoi les niches, pour diminuer les frais, privilégient les chablons. Inno-swiss.com, qui promeut l’innovation helvétique, est par exemple conçu par HyperWeek. R.ET.

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