Le couac du vote électronique fait des vagues au Parlement

DémocratieAprès le bug enregistré ce week-end dans le vote par internet, plusieurs parlementaires demandent des comptes à la Confédération.

Le vote électronique inquiète certains parlementaires pour des questions de sécurité.

Le vote électronique inquiète certains parlementaires pour des questions de sécurité. Image: archive/Keystone

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«Face au secret qui entoure le développement et le fonctionnement du système de vote électronique, nous ne pouvons que craindre que d’autres erreurs aient déjà eu lieu.» Cette phrase n’émane pas de milieux conservateurs attachés à tout prix au mode de vote traditionnel. Non, on peut la lire dans la lettre ouverte que le Parti pirate et des associations impliquées dans la sécurité de l'information ont adressé mercredi aux Parlementaires et à la Chancellerie.

Le jeune parti, qui mène la fronde des sceptiques de l'e-voting, qualifie de «défaillance majeure», le bug qui a permis à un citoyen de voter à double via internet lors du scrutin de dimanche. Dans un communiqué, la Chancellerie fédérale a souligné que le secret du vote n’a pas été brisé et que la voix surnuméraire avait été retirée.

«Démocratie en danger»

C’est ce point précis qui fâche les Pirates. «On ne devrait pas pouvoir retirer un vote de l’urne, explique Pascal Gloor, son vice-président. C’est la porte ouverte à une fraude de masse.» Son parti demande la suspension temporaire du vote électronique et la publication du code source des systèmes d'e-voting. Pour les Pirates c’est «la démocratie suisse qui est en danger».

Un avis que réfute Claude Gerbex, porte-parole de la Chancellerie: «Il faut garder le sens des proportions. Il y a eu un incident sur 20'000 votes et, en dix ans, sur 25 scrutins durant lesquels le vote électronique a été utilisé. Le problème a été identifié et réglé de manière professionnelle. Nous avons communiqué sur ce couac en toute transparence, sans rien cacher» Et d’assurer que la Confédération avance de manière prudente et pragmatique sur la voie du vote électronique.

Les parlementaires se mobilisent

Reste que cette prudence peut être améliorée, estiment plusieurs parlementaires, qui ont signé la lettre ouverte des Pirates. Parmi eux, Toni Brunner, président de l’UDC et Antonio Hodgers, président du groupe parlementaire des Verts.

Le Genevois va déposer avec Jean Christophe Schwaab (PS/VD), une interpellation, afin que la Chancellerie teste de nouveaux moyens d’e-voting, notamment des systèmes 100% Open Source. «Ils garantiraient davantage transparence qu’un logiciel fermé, estime le conseiller national vaudois. Tant que le système n’est pas sûr, les résultats des votations peuvent manquer de légitimité aux yeux des électeurs.»

Pour Antonio Hodgers, un système ouvert serait plus compatible avec la démocratie directe qu’un logiciel fermé, protégé par le secret d’entreprise. «Nous avons l’impression que la Chancellerie a voulu aller un peu vite et qu’elle a avalisé des systèmes de vote électronique opaques, sans faire le tour de toutes les possibilités», déplore le conseiller national Vert.

Une question philosophique

«L’Open Source est une question philosophique, précise Claude Gerbex. Ses supporters comme ses détracteurs ont de bons arguments. Mais il n’est pas prouvé que l’ouverture du code source aboutisse forcément à une meilleure sécurité du logiciel». Pour la Chancellerie, ouvrir le code source créerait plus de transparence et donc de confiance, mais il convient d’effectuer une pesée d’intérêts entre transparence et sécurité. Elle n’est pas fermée à la discussion pour autant. «L’ouverture du code est discutée à l’interne dans un groupe de travail», explique Claude Gerbex. (nxp)

(Créé: 15.03.2012, 18h01)

Open Source

Un logiciel Open Source se caractérise notamment par l’ouverture de son code source, accessible à tous les développeurs qui s’y intéresseraient. Certains y voient un facteur de vulnérabilité, tandis que d’autres estiment que la communauté informatique se base sur cette transparence pour localiser et corriger d’éventuelles failles de sécurité.

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