Un buzz contre le cancer fait son retour sur Facebook

Réseaux sociauxLe message avait déjà surgi en 2011. Il est revenu depuis quelques jours sur les murs Facebook, mais décliné de 1001 façons et jamais expliqué: «Je vais vivre à...». Un buzz pour une mobilisation contre le cancer du sein.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Tout a débuté voici quelques jours. Un premier «Je vais vivre à Londres pendant…» sur le mur Facebook d'une amie. Sans explication, sans développement. Certains amis s'empressent de cliquer sur «J'aime» ou de commenter, tantôt pour interroger, tantôt pour saluer ce choix, souvent pour en demander les raisons.

Et voilà que l'item se répand. Comme si tous les amis (et surtout les amies) décidaient soudain de changer de vie, de tout quitter pendant quelques mois, l'annonçant tous via le réseau social de Mark Zuckerberg.

Message pour initiés

Rapidement, cette traînée de poudre prend des airs de message pour initiés. Mais le réseau social n'en est pas à son coup d'essai en la matière. Voici quelques mois, des choix de couleurs des sous-vêtements ou de lieux dans le logement avaient surgi de la même manière. Toujours sans explication de la part de leurs auteurs sur leurs murs.

En fait, cette mode virale vient d'un courriel qui circule depuis la fin de l'été:

«Coucou les filles! Voici venue la période de l'année pendant laquelle nous nous concentrons sur la sensibilisation au cancer du sein! Nous nous souvenons toutes de la couleur de notre soutien-gorge publiée dans notre statut Facebook ou de l'endroit où nous laissions notre sac à main. Cela a eu un tel succès qu'on en a entendu parler jusqu'aux informations. De plus, l'actualisation constante des statuts a fait que de nombreuses personnes ont pris conscience du problème.

Ne dis à AUCUN homme ce que signifie ton statut. L’idée de cette année est d’écrire "Je vais vivre à (ville qui correspond à ton mois de naissance, selon les équivalences ci-dessous) pendant X mois (jour de ton anniversaire) avec un smiley".

Exemple: si je suis née le 14 février j’écrirai: "Je vais vivre à Londres pendant 14 mois".

Janvier: Mexique; Février: Londres; Mars: Miami; Avril: République Dominicaine; Mai: France; Juin: Saint Petersburg; Juillet: Autriche; Août: Allemagne; Septembre: Hollande; Octobre: Amsterdam; Novembre: Las Vegas; Décembre: Colombie.

Tu es des nôtres? Copie-colle ce message et envoie-le à toutes tes amies. Voyons si nous parvenons à créer une agitation aussi grande que les années antérieures.»

La réédition d'un message de l'automne 2011

Mais à la différence des précédents buzz, celui-ci est en fait une réédition: le message avait déjà surgi, avec son aspect viral, à l'automne 2011. Et le voici qui retrouve une seconde jeunesse près de deux ans plus tard.

Pour Sophie Gourion, journaliste spécialiste du web et des réseaux sociaux pour les sites Slate et Rue89, «si le but est de faire le buzz, en effet, le défi a été remporté, du moins pour la première fois, du fait de sa nouveauté. (...) En revanche, si le but, tel qu’il est énoncé dans le corps du message, est de «soutenir l’information sur le cancer du sein» on peut affirmer qu’il s’agit d’un flop retentissant».

Lacunes sur l'information et la cause ciblées

Et de pointer sur son blog les lacunes d'une telle action: «Combien d’entre vous connaissent les statistiques du cancer du sein ou les facteurs prédisposant? Combien d’entre vous ont, depuis ce jeu, été consulter leur gynécologue, ou passé une mammographie? Qui maîtrise mieux l’autopalpation depuis qu’elle a posté la couleur de son soutien-gorge?»

Aline Isoz, blogueuse spécialisée dans les réseaux sociaux pour Bilan, partage cette analyse même si elle est moins sévère: «Certes, il manque l'information sur le cancer du sein, il manque du sens à ce buzz, il manque de la pertinence pour qu'il y ait un réel impact pour la cause. Mais mieux vaut une action que rien du tout. Au moins ainsi les gens parlent du cancer du sein et les médias se font l'écho du buzz et évoquent la maladie».

Le premier buzz qui ressuscite

Évidemment, pour elle, le message a ses limites: «Il exclut les hommes et tous les gens qui ne sont pas sur Facebook, ce qui réduit sa portée. Et cela reste du domaine du mystère pour les non initiés. Or, ses initiateurs pourraient, avec le hashtag, tracer les personnes qui ont posté ce message et les inviter à poster quelques jours plus tard un message plus informatif sur le cancer du sein et la lutte contre la maladie».

Sur le revival de ce message qui avait déjà fleuri sur le réseau social en 2011, Aline Isoz reconnaît qu'«il s'agit sans doute là d'une première: les messages qui ont fait le buzz entretemps avec la couleur des sous-vêtements ou le lieu où l'on pose son sac ont sans doute moins marqué les esprits. D'où ce retour à une recette qui a fonctionné».

Connivence et oubli

Pourquoi donc avait-il alors mieux fonctionné? La recette du buzz efficace est inconnue, mais pour la spécialiste des réseaux sociaux, l'avantage de celui-ci est qu'il est identifiant et personnalisable, avec la date de naissance sous forme cachée. Ainsi, il crée de la connivence.

Et pour ce qui est de réchauffer un vieux buzz, Aline Isoz n'y voit pas de risque particulier de minorer son impact: «Il avait surgi voici deux ans. Or, deux ans, sur les réseaux sociaux, ça équivaut à trois siècles dans la vie. Très peu de gens s'en souviennent quand ils voient ce message apparaître sur le mur de leurs amis». (nxp)

Créé: 13.09.2013, 10h35

Dossiers

Articles en relation

Les buzz de l'année 2012

Humour De l'homme nu de la Redoute au fœtus royal de Kate et William, en passant par l'incontournable Gangnam Style du Sud-Coréen Psy, voici les sujets et les vidéos qui ont fait buzzer la Toile cette année. Plus...

«Harlem shake» choc pour une campagne humanitaire

Croix-Rouge française La Croix-Rouge française surfe sur la vague du «Harlem Shake» en proposant sa vidéo pour sensibiliser la population au problème du manque de sanitaires qui tue 7500 personnes chaque jour, dont 5000 enfants. Plus...

Le «commentateur fou» de Roland-Garros fait le buzz

Humour Dans son édition de lundi, le «Petit journal» a révélé Pierre-Etienne Léonard, un commentateur sportif de Francetvsport atypique. Depuis, les propos enjoués de ce dernier ont fait le tour du web. Plus...

Le clip absurde d'Ylvis cartonne sur le web

Musique Une chanson répétitive et un clip improbable: voilà la recette qui permet au duo norvégien Ylvis de connaître un succès fulgurant. Plus...

François Hollande grimace, l'AFP retire la photo

Buzz Une photo peu avantageuse de François Hollande a été retirée du fil de photos de l'Agence France Presse qui a demandé à ce qu'elle soit effacée. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Mc Sorley ne sera plus que manager du GSHC
Plus...