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Révolution

L’internet transforme la société chinoise

Mis à jour le 30.04.2012 1 Commentaire

Le succès d'internet en Chine modifie la société en profondeur. Les millions d'informations échangées échappent souvent à la censure du pays, au point de menacer la solidité du parti communiste.

Pour contrôler le web, le vice-ministre explique que Pékin développe une stratégie à trois niveaux.

Pour contrôler le web, le vice-ministre explique que Pékin développe une stratégie à trois niveaux.
Image: Keystone

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L’internet est devenu un puissant vecteur de changement social en Chine. Avec 513 millions d’utilisateurs du web, la Chine est le plus grand marché de l’internet du monde. Au moins 300 millions de microblogs donnent du fil à retordre au parti communiste.

Si la version anglaise de Facebook n’est pas accessible depuis Pékin, le Twitter chinois, le Tencent, a 250 millions d’utilisateurs. Et le pays compte au moins 2,6 millions de sites web, selon les chiffres du gouvernement.

A travers le développement spectaculaire des microblogs («weibo») depuis environ trois ans, les Chinois échangent librement une multitude d’informations que la censure a les plus grandes difficultés à filtrer.

Sur les forums de discussions, qui ont jusqu’à 40 millions de visiteurs, les avis pour et contre le limogeage de Bo Xilai, ce cadre communiste accusé de corruption et exclu le 15 mars dernier, se sont multipliés.

Impossible à contrôler

«Il est techniquement impossible de contrôler l’énorme quantité d’informations sur le web», reconnaît à Pékin le vice-ministre de l’information Qian Xiaoqian lors d’une rencontre avec un groupe de journalistes basés à Genève. «Seulement un tout petit pourcentage des sites web violent la loi», ajoute-t-il.

Qian Xiaoqian résume la situation en affirmant que la Chine vit une triple transformation: d’une économie planifiée à une économie de marché, d’un développement rural à un développement urbain et d’un pays fermé à un pays plus ouvert. Quelque 700 journalistes étrangers travaillent en Chine (près du 90% à Pékin), représentant plus de 200 médias et 50 pays, indique le responsable.

«Ces changements rapides créent des conflits d’intérêt. Les tensions sociales doivent être gardées sous contrôle», explique le vice-ministre. «Il faut faire le meilleur usage d’internet tout en garantissant la cybersécurité et le respect des lois», dit-il.

«Il ne faut pas conclure de la difficulté à accéder à certains sites étrangers que le marché chinois est fermé», déclare Qian Xiaoqian, en soulignant qu’il y a aussi des restrictions à l’internet dans les pays démocratiques.

Stratégie à trois niveaux

Pour contrôler le web, le vice-ministre explique que Pékin développe une stratégie à trois niveaux. La première repose sur l’auto-discipline des fournisseurs et opérateurs internet, la seconde sur le respect des réglementations gouvernementales, soit la censure des sites qualifiés de «nuisibles», et la troisième sur «la supervision du public», autrement dit les dénonciations.

Le quotidien gouvernemental China Daily titrait le 16 avril: «Le web est devenu une force qui compte dans l’opinion publique». Il citait un rapport de l’Université Renmin de Chine concluant que «weibo peut changer le contexte politique chinois dans le futur proche et contraindre les dirigeants à prendre en considération la réaction de l’opinion». Les sujets de critique des autorités ne manquent pas: de la hausse des prix aux multiples scandales de sécurité alimentaire, des accidents de bus et de train aux déplacements forcés, de la corruption aux inégalités, les blogueurs n’hésitent pas à dénoncer des décisions et comportements qu’ils jugent inopportuns.

En même temps, le China Daily avertit que la montée des microblogs peut faciliter la propagation de fausses rumeurs et «nuire à l’ordre social». Au nom de la lutte contre les fausses informations, des sites sont régulièrement fermés et leurs responsables appréhendés. Professeur de droit à l’Université de Pékin, He Weifang fait remarquer que lorsque le citoyen exprime sa colère sur les réseaux sociaux, il ne défile pas dans la rue. (ats/Newsnet)

Créé: 30.04.2012, 15h18

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1 Commentaire

Azor Azor

01.05.2012, 21:02 Heures
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C'est bien fait!...et ce n'est que le début. Vive la révolution! Répondre



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