Des imprimantes 3D pour «se réapproprier la technologie»

GenèveL’autodidacte Sébastien Mischler expose des machines «libres» construites pour 300 à 600 francs. Il cherche un lieu pour créer un FabLab.

En vidéo: visite et explications sur le fonctionnement des imprimantes 3D.
Vidéo: Paul Ronga

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A deux pas de la place du Cirque, deux imprimantes 3D installées en vitrine du Square, rue Diorama, attirent les regards des passants. Aucun boîtier n’empêche d’observer le mécanisme. A l’intérieur, les mouvements de dix moteurs «pas à pas» – qui tournent avec une précision d’horloge – créent une musique rythmée.

«On peut les programmer pour qu’ils jouent du Chopin, mais là, ce n’est pas le cas. On perdrait en qualité», explique Sébastien Mischler. Cet autodidacte de la programmation, de la modélisation et de la fabrication d’objets en 3D a monté une exposition pour partager sa passion.

De 300 à 600 francs

La consommation? «Elle est faible: c’est environ celle d’un ordinateur portable, voire deux fois moins si on n’allume pas la plaque chauffante qui favorise l’adhérence du plastique», précise-t-il. Et le coût de ces machines bricolées oscille entre 300 et 600 francs, selon que des matériaux de récupération sont utilisés ou non. Les plans sont mis à disposition sur la plate-forme Thingiverse.

«Les prothèses de main sont un bon exemple d’objet utile que peut produire une imprimante 3D, poursuit Sébastien Mischler. Les enfants grandissent vite et ont besoin de plusieurs modèles, adaptés à leur taille. A cause de leur coût de plusieurs milliers de francs, beaucoup ne profitent jamais d’une prothèse, ou alors très tard. Dans le cadre du projet E-Nable, des bénévoles en fabriquent avec des imprimantes 3D pour les envoyer à des personnes qui en ont besoin.» L’initiative est notamment soutenue par Intel.

De l’autre côté de la vitrine, un jeune homme s’attarde devant les machines avant d’entrer pour les observer. «La première chose que j’ai cherchée à Genève, c’est un FabLab (ndlr: laboratoire de fabrication, un espace communautaire comparable aux ateliers d’autoréparation de vélos)», glisse Sergio Jaramillo, étudiant en master à la Haute Ecole d’art et de design (HEAD). «Je pensais que Genève, qui est tellement cosmopolite, en aurait un, comme la ville de Medellin en Colombie, d’où je viens. Mais il n’y en a pas. Un site parle d’un FabLab, mais il n’est pas vraiment ouvert.»

«Manque de volonté politique»

En réalité, ce laboratoire (fablabgeneve.com) existe depuis 2013 mais a toujours occupé des locaux provisoires, comme l’explique son responsable Romain Chappet, contacté par téléphone: «En ce moment, nous avons un emplacement grâce au coworking café des Voisins, mais il est en sous-sol et trop exigu. Neuchâtel et Zurich ont des FabLab qui tournent à plein régime. Mais à Genève, cela ne fonctionne pas, à cause d’un manque de volonté politique et de la difficulté de trouver des locaux.»

Après l’exposition, l’objectif est de trouver un lieu de 100 à 150 m2 pour créer un nouveau FabLab. Romain Chappet, assistant à la HEAD, prévoit de s’associer à Sébastien Mischler et Mathieu Jacquesson: «C’est un gros manque à Genève. Ce lieu permettra de rassembler nos machines et nos compétences.» Sébastien Mischler a exercé le métier d’électricien pendant quinze ans avant de consacrer 100% de son temps à créer des programmes et outils libres. De son côté, Mathieu Jacquesson est spécialiste en marketing et passionné par l’entrepreneuriat social.


On l’fait. Jusqu’au samedi 5 mars, de 12h à 18h, à The Square, 2-4 rue du Diorama, Genève. Entrée libre. Apéritif le jeudi jusqu’à 21h. Infos: http://onlfait.ch

(TDG)

Créé: 03.03.2016, 17h39

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